Cloverfield de Matt Reeves (2008) par Mat Castle

Rob Hawkins va s’installer au Japon dans l’optique d’un nouveau taf. Ses amis lui organisent une petite fête d’adieu qui va tourner au vinaigre quand une affaire de fesses est dévoilée. Mais tout cela n’est pas grand chose quand au même moment, une attaque que l’on croit terroriste éclate à l’autre bout de la ville. Quelque chose rôde dans la ville, et la seule certitude que l’on a, c’est que cela n’est pas humain..

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INHUMAN-ATHAN.

Comme désormais « l’incontournable » (sic) « Paranormal Activity », « Cloverfield » aura bénéficié à fond de son marketing viral sur la toile pour s’ offrir de bons résultats au box office international. Mais contrairement à la péloche (?!) de OrenPeli, le film de Matt Reeves mérite amplement son succès car il répond aux attentes que laissait présager son intriguant trailer (après quelques explosions, la tête décapitée de la statue de la Liberté se retrouve en plein milieu d’une rue bourrée à craquer de gens apeurés).

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« Cloverfield » se la joue « vrai/faux documentaire » avec son style caméra à l’épaule pour nous plonger au coeur du chaos comme le faisait « Le projet Blair Witch » en son temps. A la différence prés que celui-ci dispose d’un budget nettement plus confortable (une trentaine de millions de dollars) que le « hit » de Daniel Myrick et d’Eduardo Sanchez pour mener à bien ses ambitions initiales: Celui de mixer avec justesse le film catastrophe (les scènes de panique très « 11/09 » sont bluffantes de réalisme) et le film de monstres.

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La crainte que l’on pouvait avoir, avant le visionnage, était de nous montrer que très sporadiquement la « chose » pour conserver l’aura mystérieuse qui entourait ce « Cloverfield ». Et bien pas du tout, car même si l’alien se fait logiquement un peu désirer, il est cependant assez vite montré sous toutes les coutures en train de tout bousiller (la créature est nettement plus charismatique que le « Godzilla » numérique de Rolland Emmerich, mais j’y reviendrais).

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Toujours dans ce souci de réalisme, aucune tête connue ne se compte à la distribution et c’est très bien ainsi. Leurs réactions sont, ma foi, assez réalistes et crédibles dans pareilles circonstances. Des êtres ordinaires dans des situations extraordinaires en quelque sorte pour un ensemble qui fonctionne toujours aussi bien. Un gros « hic » malgré tout au sujet d’un des protagonistes, le nommé Hud. Ce « sidekick » est insupportable car il ponctue toutes ses interventions par des questions et reflexions des plus stupides.

Cela passerait presque si cet énergumène était un perso secondaire, mais c’est lui qui tient la caméra HD et qui nous relate du coup tous les événements (il est dans tous les plans). Dommage donc qu’il « parasite » les compositions satisfaisantes de ses petits camarades (la confession finale face caméra).

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Et c’est pas pour « chinoiser », mais le rendu « tournage sur le vif » voulu est quand même parfois trop « cinématographique ». Je m’explique: Si dans « Rec » par exemple, le procédé de filmer à tout prix était pratiquement toujours justifié, dans « Cloverfield », on s’étonne souvent de voir Hud « shooter » en permanence alors qu’il est à deux doigts de crever.

En plus, la majeure partie du temps, il est toujours là au bon moment et ses plans ont l’air d’être en opposition totale avec l’improvisation sur le tas que l’on veut nous faire croire. Mais bon, l’atmosphère « fin du monde » est parfaitement rendue grâce à de très bons SFX (le monstre mais aussi les immeubles éventrés, deux très bons points) et à des quartiers entièrement vidés pour l’occasion (avec une apparition surprise d’une calèche sortie de nulle part) en plus d’une bestiole qui peut attaquer par surprise.

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Plusieurs séquences spectaculaires et bien fichues (le pont de Manhattan qui se disloque, la scène du métro très « Gears of War 2 », le climax…) font que la pression ne retombe jamais, aidée pour cela d’un bestiaire de monstres restreint mais satisfaisant. Les derniers moments du long métrage ridiculisent en un seul plan, la « bousasse » du plus américain des allemands (Encore Emmerich et son « Godzilla ») dans les plus grandes largeurs.

La principale idée du producteur J.J « Lost » Abrams, outre la volonté de nous offrir un bien bon divertissement, était de donner à son pays un adversaire de poids au « Gogira » nippon (Godzilla en français!!). Mission réussie tant « Cloverfield », malgré ses quelques défauts, est un spectacle agréable et totalement respectueux des films de monstres d’antan. Bonne surprise.

Bon film
Bon film

Mat Castle.

 

 

 

 

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11 commentaires

  1. J’ai vu ce film à Gerardmer et j’ai adoré. On est plongé dans l’action en temps réel, c’est accrocheur (vomitif pour certains ?) et rapide, on n’a pas le temps de s’ennuyer… Tout va très vite,
    c’est délirant, souvent outrancier, exagéré, mais c’est le fun qui prime. Je suis totalement accro à ce cinéma peu subtil mais très direct. J’adore. 5 toasteurs pour moi, et encore, je suis
    gentil…

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  2. J’ ai bien aimé, mais ce que dis Mat est juste, Hud est horripilant, et le procédé de vision à la première personne est parfois assez injustifié, mais bon là c’ est du pur divertissement alors les
    justifications……

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