Impitoyable de Clint Eastwood (1992) par Marc Shift « The guest »

Suite à l’agression d’ une des leurs, les prostituées de »Big Wiskey » lancent un contrat de 1000$ sur le coupable et son complice.

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LE VEUF, LE PAISIBLE ET LE BIGLEUX.

Dernier western d’Eastwood, où l’on peut voir son personnage de cowboy, à la retraite, essayant d’élever seul ses enfants en exploitant une ferme.

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L’histoire est à priori simple, un contrat est lancé sur deux hommes coupables d’ avoir défiguré une prostituée, pourtant « punis » par le shérif du coin, bien trop légèrement au goût des filles de joies de Big Wiskey. La forte récompense ne tarde pas à attiser les convoitises au grand dam de « Little Bill » Dagget le shérif de la ville joué par Gene Hackmann lui même « héros » de sa ville et tireur d’ élite.

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Le métrage met en parallèle deux personnage, William Munny (Clint Eastwood) accompagné d’un ancien complice Ned Logan (Morgan Freeman), lui aussi devenu paisible fermier vivant avec sa femme, et accompagné en cours de route par le « Kid de Schofield » jeune cowboy avide d’ aventure qui s’avérera être bien trop myope pour être un tireur correct. Ils s’opposent à « Little Bill » Dagget à la fois shérif tout puissant et juge humiliant les chasseurs de primes avides d’argent.

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Le parallèle entre les deux personnages se fait à tous les niveaux, on découvre un William Munny allant jusqu’à se traîner dans la boue pour essayer d’élever ses cochons (abandonnant toute fierté) et « Little Bill » essayant de bâtir sa maison qui ne tient que debout par miracle. Hormis se servir de leurs colts, aucun des deux hommes ne savent accomplir quoi que ce soit.

Une fois le contexte établie on voit les personnages évoluer pendant tout le métrage, William Munny ayant un passé de tueur impitoyable (jusqu’à être un monstre, alcoolique au dernier degré) et capable de le redevenir, Logan son complice lui n’arrivant pas à redevenir impitoyable et le Kid s’avère être un affabulateur dépassé par ses propres mensonges.

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Même la prostituée victime regrette ce qui découle de son agression, pensant que la mort est un châtiment trop lourd pour ses agresseurs.

Le film bascule avec la mort de Logan, complice mais surtout vieil, et seul, ami de William Munny qui se vengera, sans aucune pitié, grâce surtout à la lâcheté des assassins de son ami.

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Pas d’héroïsme, pas de lyrisme, pas de héros dans le Far-west. Et dernier western d’Eastwood.

Marc Shift  « The guest ».

excellent, brillant
excellent, brillant
P.S. Première chronique, on ne peut pas dire que ce soit glorieux….
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23 commentaires

  1. Je dis : chef-d’oeuvre ! Plus qu’un western, ce film désacralise ces salopards d’assassins ! Les donneurs de leçon, les héros, les tueurs courageux : au pilon !

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  2. sinon la super série Deadwood (stopée bcp tro, aprés 3 tit’ saisons) doit beaucoup à ce film je trouve..

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  3. oh oui! ça débitte des fuck à la cadence mitralleuse,a la fin ils se disaient fuck pour se dire bonjour on croierait,mais cela reste une meilleures séries de ces derniéres années démistifiant le far west et c’est pas vraiment lucky luke!

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  4. J’aime pas trop Eastwood, je trouve ses films d’un classicisme assez ennuyeux, comme s’il essayait de produire des images à la John Ford sans trop y parvenir et avec un demi siècle de retard sur le maître. Et Morgan Freeman qui invente là son rôle de…Morgan Freeman. Sinon, l’analyse que tu fais du film est pertinente, même si tu omets son meilleur élément, ce grand fou d’English Bob!

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  5. Tiens, le retours de John Ford le gars qui a tout piqué à Kurosawa. Je signale que le meilleur « Western » reste « les 7 samoraïs », c’ est entre là que Ford a tout pillé.
    Sinon Eastwood et pour moi plus lucide que Ford sur la vision qui transparait de ses films, mais bon je suis un peu fan alors……

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  6. Ford a tout piqué à Kurosawa? Bon il a juste débuté dans le cinéma une vintaine d’années plus tôt que le réalisateur japonais qui avoue dans son autobiographie que Ford a été une influence majeure sur son oeuvre. Puis pour ce qui est de la lucidité tu devrais peut être voir des films comme L’Homme qui tua Liberty Valance, Les Cheyennes ou l’évolution des personnages de John Wayne dans l’ensemble des films de Ford. Le début de sa carrière est certes marqué par des films qui donnent une vision romantique voir mythologique de la conquête de l’ouest mais dès les années 40 cette vision change.

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  7. J’y repense mais la mise en scène de Kurosawa et de Ford n’ont pas grand chose à voir que ce soit au niveau du découpage ou de la composition des plans.

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  8. Eastwood a un côté très réaliste que beaucoup n’ont jamais eu dans ce genre et c’est un plaisir non dissimulé de revoir cet « Impitoyable ».

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  9. Moi aussi j’aime le western sale comme tu dis, à côté de Ford mes des réalisateurs de western préférés sont Anthony Mann et Sam Peckinpah dont les films ont un aspect plutôt écorché vif. Mais Ford a réinventé le genre dans les années 40, lui apportant tout le lyrisme qui inspirera la grande vague des westerns des années 50.

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  10. le western moi c’est pas vraiment ma tasse de thé et ji conné pas grand chose,mais j’apprécie la horde sauvage (magnifique) et mort ou vif de Raimi(on passe du coq à l’ane,la!) pour son coté déjanté et aussi Django (avec sa mitrailleuse planquée dans son cercueil!) pour son coté bis..

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  11. Je sais bien que Ford a eu en gros 20 ans de carrière avant le 1er film de Kurosawa, est moi je compare surtout la caractérisation des perso, Parce que Waine c’ est un peu le miroir de Mifume (meilleur acteur des 2 ce dernier à mon goût), après je suis pas un spécialiste de Ford, mais le « héros » solitaire justement de la période Ford-Waine doit franchement pas mal à Kurosawa-Mifume, après pour clore le débat de mon côté on là quand même 2 très grand du cinéma.
    Même si je préfère nettement Kurosawa………;-)

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  12. Bien sûr Mifune est meilleur acteur que Wayne, il est en général assez mauvais même dans ses meilleurs films, bon on fait une exception pour La Classe Américaine. Mais encore une fois, quand Kurosawa fait son premier film avec Mifune, ça fait dix ans que les deux américains bossent ensemble et ils ont déjà tourné quatre ou cinq films ensemble. Après c’est clair que Kurosawa a inspiré le cinéma américain, mais plutôt les générations suivantes, les Coppola, Scorsese et Lucas, sans parler de Leone, et c’est un réalisateur que j’aime beaucoup même si je trouve dommage qu’il fasse tant d’ombre aux autres réalisateurs japonais.

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  13. J’aime beaucoup certains films de Kitano mais je connais pas du tout Miike pour l’instant. Dans les contemporains il y a aussi Tsukamoto (qui fait souvent l’acteur chez Miike d’ailleurs il me semble). Tokyo Fist et Bullet Ballet sont excellents.

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  14. C’est un remake de tetsuo en anglais,non? avec tjs tsukamoto aux manettes? si c le ka c’est Un peu fatiguant de voir des metteurs en scéne remaker leurs propres films;le réal de the grudge à du faire 3fois le méme film! pfu!! et Miike c’est bien barré itchi the killer ou audition sont perturbants c’est le moins que l’on puisse dir!

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  15. Non j’ avoue que « the idiot » est loin de l’ être, je peux à la limite remonter à la limite à « la légende du grand judo » (sans Mifume hein…..) où (selon mes souvenirs ancien sur ce film) où voit apparaitre le « héros » solitaire type Kurosawa, qu’ on voit à la même époque dans le ciné ricain (et donc chez Ford aussi) peut être un peu antérieur chez Ford (le spécialiste me le dira….) mais bon il doit reconnaitre quand même (bon j’ avoue j’ ai abusé avec mon pillage, mais je suis comme ça) qu’ il y a des influences des 2 côtés…..
    Après du sang…….avec des colts ou des sabres????????

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  16. Ben le héros solitaire puise ses origines dans la littérature antique donc bon. Mais je ne dis nullement que le cinéma de Kurosawa n’a pas influencé le cinéma américain qui de toute façon a eu l’intelligence d’aller puiser dans les films de tous les pays (Lang, Murnau, Wilder, Mankiewicz, Hitchcock, Chaplin, Preminger sont tous des européens). Mais de là à dire que Ford à tout piqué à Kurosawa, faut quand même pas déconner!

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  17. Bonjour. Je suis ravi de voir que ce western fait encore parler de lui,je suis un fan de Clint et je dois dire que ce film fait parti de ces meilleurs réalisation avec Gran Torino.

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  18. J’ ai déjà fais amende honorable, après on va pas jeter de l’ huile sur le feu, mais celui qui a tout inventé c’ est…………….Homère (d’ alors!!!!). Bon sauf qu’ il a pas fais de cinéma ;-). Bon après cette polémique, qui de mon côté bin est terminé, je signale que je préfère mon « vrai » pseudo : j’t’emmerde qui me resservira de signature et tant pis pour le bon goût.

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