Cujo de Lewis Teague (1983) par Mat Castle

Donna Trenton et son fils viennent réparer leur voiture, qui va tomber bientôt en rade, dans un garage. En comité d’ accueil ils ont droit à un colosse de saint-Bernard enragé qui ne pense qu’à les déchiqueter. Avec une bagnole en panne sèche et un marmot au bord de l’asphyxie, Donna n’est pas au bout de ses peines…

Cujo-Lewis-Teague-film-movie-poster-affiche

 

CANNI-PAL CANIN.

 

Tiré d’un roman de Stephen King (et encore un..) « Cujo » respire bien les thèmes chers à l’auteur de « Shining » comme la peur enfantine (le monstre dans le placard ici) ou bien encore le couple en crise avec comme seul fusible leur enfant adoré. Des persos un peu cassés qui sont loin d’être des modèles de sagesse (l’héroïne trompe régulièrement son homme, le mari est trop obnubilé par son taf, et l’amant a des comportements colériques assez flippant..).

Cujo-Lewis-Teague-film-movie-4

Alors quand le Mal absolu prend les traits du soit-disant « meilleur ami de l’ Homme », on sent comme un sentiment d’apocalypse. Et c’est à partir de la transformation (progressive) du saint-Bernard en arme de destruction massive que le film de Lewis Teague prend véritablement son envol.

Devenant de plus en plus maboul notamment à cause de simples bruits aux alentours (une sonnerie de téléphone lui fait à chaque fois la sensation d’avoir une aiguille à tricoter qui rentre dans sa petite caboche) Cujo n’aura dès lors qu’un seul objectif en tête: Traquer et démolir coûte que coûte cette cellule familiale.

Cujo-Lewis-Teague-film-movie-3

Tel un sniper/vautour, et dans des apparitions de plus en plus monstrueuses, le clébard mastoc s’efforcera de narguer et d’attendre son heure pour faire craquer ses cibles (de simples défiances de regards à faire dans son froc s’ajouteront plus tard des intimidations plus poussées).

Teague jugule ses moments de terreur (bien efficaces) en nous montrant que de simples gestes du quotidien (boire ,respirer, faire ses besoins..) sont tous pratiquement synonymes d’une mort certaine pour nos protagonistes coincés dans leur cercueil de ferraille.

 Cujo-Lewis-Teague-film-movie-1

De nombreuses scènes restent marquantes (dont une avec une batte de base-ball, hé,héhé!!) et on peut s’attarder sur celle terrifiante, où le petit manque d’air avec ses yeux révulsés sous le regard horrifiés de sa maman ou bien celle encore de l’apparition du monstre dans la brume la bave aux lèvres.

Le final où Donna, dans la maison et armée d’ un pistolet, joue sur l’instinct de survie pour sauver son enfant est assez réussi aussi. Ce n’est pas faire injure aux acteurs (qui sont tous crédibles) concernés par leurs roles respectifs (Dee Wallace, Danny « Madame est servie » Pintauro, ou bien encore le « old timer » Ed Lauter..) mais la méga star de ce « Cujo » c’est bien le toutou.

Cujo-Lewis-Teague-film-movie-7
Bravo aux dresseurs pour avoir plus que bien dirigé cette race de chien imprévisible (apparemment, et d’après ce que l’on m’a dit, les saint-Bernard sont assez retors à apprivoiser) en le rendant menaçant et charismatique jusqu’au bout des pattes. « Big up » aussi aux maquilleurs et aux vieux trucages en fourrure qui s’incrustent très bien au reste du film.

cujo-lewis-teague-film-movie

Peu d’oeuvres de King ont réussi à s’imposer sur grand écran mais « Cujo » réussit, malgré son petit statut de série B, à nous angoisser et nous faire vivre l’enfer pendant près de 90 minutes. Pitch minimaliste mais qui va droit à l’essentiel, « Cujo » (malgré sa fin plus optimiste que le bouquin) est tout simplement pour moi un des films de « monstres » les plus aboutis de l’histoire de cinéma.

Cujo-Lewis-Teague-film-movie-5

A la question d’un célèbre lécheur de boules de présentateur TV « Vous aimez les chiens?! Formidable… Le doute pourra peut-être vous traverser l’esprit maintenant…

Bon film
Bon film

Mat Castle

 

 

 

 

Publicités

16 commentaires

  1. J’adore ce film que j’ai revu il y a quelques mois et qui est saisissant de réalisme. La tension maintenue tout au long du film est doublée d’une mise en scène magistrale, et Cujo est
    certainement l’une des pièces maîtresses du B movie des années 80. Respect Lewis Teague (c’était avant Navy Seals!) 😉

    J'aime

  2. très bon film, qui m’avait bien marqué quand j’étais minot ! il me semble que l’esthétique fait un peu téléfilm par contre.. mais sinon, c’est du tout bon !

    J'aime

  3.  pas sur que duel soit sorti en salle aux states  (mais je peux me tromper) il etait effectivement conçu à la base comme un téléfilm,sinon ma tjs intrigué ce film de spielberg
    jai tjs pas compris pourquoi le « trucker » était aussi vénér’ envers le héros (il lui devait de l’argent ou il a du couché avec la femme du routier  ou..les2!!)

    J'aime

  4. é!! ils ont quand méme fait  « the descent » sur nrj douze! bon avant il y avait « asteroids » bon on va dir que jai rien dit…

    J'aime

  5. Sur ce film j’ avais étais vraiment scotché parle charisme du toutou, ça a une bouille sympa un St Bernard, le transformer en monstre sanguinaire était une ecxelente idée.
    Sinon je préfère quand même la fin du bouquin.

    J'aime

Les commentaires sont fermés.