Croix de fer de Sam Peckinpah (1978) par Marc Shift

Printemps 1943, les troupes allemandes battent en retraite sur le front russe. Nouvellement affecté, le capitaine Stransky ne rêve que d’une chose, revenir chez lui avec la récompense ultime, la Croix de fer.

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….. EN ENFER.

Un film de guerre, il y a un moment que ça n’avait pas été fait par ici, et celui là est le seul de Peckinpah sur ce sujet. Plus étonnant encore, il est centré sur le front russe. Choix à priori assez étrange qu’un réalisateur américain choisisse le seul front où les troupes américaines ne sont pas directement intervenue.

Croix-de-fer-Sam-Peckinpah-

Cela lui permet sans doute d’éviter le carcan du patriotisme dans un pays encore traumatisé par la guerre du Vietnam (finie depuis à peine 2 ans). Autre originalité et non des moindres, on suit le conflit du côté allemand, mais sans pour autant être un pamphlet anti-nazi. Le sujet du film est plus à rechercher ailleurs, dans les thèmes chers à Peckinpah : une certaine mélancolie d’une époque révolue, le thème de la survie, la violence, l’honneur…

Croix-de-fer-Sam-Peckinpah-James-Coburn

Et c’est bien l’honneur qui est au cœur du film avec le capitaine Stransky (Maximilian Schell). Celui-ci est affecté à sa demande sur le front russe avec comme objectif de revenir dans sa famille (l’aristocratie prussienne) avec les honneurs et surtout, la plus haute distinction militaire : la Croix de fer.

Dès son arrivée il entre en conflit avec la légende vivante de l’unité, le sergent Steiner (James Coburn) revenant d’une mission de reconnaissance et lui même détenteur de la fameuse distinction. Ce dernier ne semble pas en tirer une quelconque fierté, tout ce qui l’importe ce sont les hommes qui composent son unité, presque la seule famille qu’il semble avoir.

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Pas beaucoup de place pour l’humanisme dans cet environnement, le peu de gestes qui en découlent semblent vains, conduisant les bénéficiaires vers une mort quasi certaine. L’orgueil, l’envie, la haine ont bien plus de place dans ce chaos. Même un lieu hors du temps, comme l’hôpital où atterrit Steiner, blessé après une offensive russe, est un lieu de confusion où le repos (du guerrier entre autre!!!) ne peut qu’être éphémère.

L’un des nombreux points forts du film est le soucis du détail. Vous allez dire que je suis un grand malade mais j’ai tout de suite vu que les armes utilisées sont celles qui ont réellement servi sur les front de l’est avec, entre autre, de vrais chars T 34-85, le PPSH 41 (mitraillette légère russe).

Croix-de-fer-Sam-Peckinpah

A n’en pas douter c’est du grand Peckinpah, avec une brochette d’acteurs impeccables (avec des seconds rôles au cœur du film), des dialogues fort biens ciselés (c’est pas hyper bavard, mais l’ensemble sonne très juste!!) et une musique capable de nous prendre à revers (notamment les génériques). Et surtout, une réalisation qui a sans doute traumatisé des générations de metteurs en scène. Même si ça n’est pas le premier film où l’on a le droit à des ralentis, ceux-ci sont impressionnants, et mis là où il le faut, quand il le faut, des cadrages parfaits…..

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Seul film de guerre, mais vraie réussite, de Peckinpah. Seul petit bémol, on sent quand même que le scénario a quelques trous d’air (apparemment il y aurait eu des problèmes de réécriture) mais pas suffisamment pour plomber l’ensemble.

excellent, au dessus de la mêlée
excellent, au dessus de la mêlée

Croix de fer de Sam Peckinpah (1978, GB, All) avec James Coburn, Maximilian Schell, James Mason…..durée 2h15

 

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8 commentaires

  1. Un de mes films de guerre préféré, et aussi dans mon top 5 de Peckinpah. Un truc que j’ai beaucoup aimé, c’est le fait que ces deux personnages sont opposés en tout sauf en leur propre dédain de
    l’idéologie nazie. Coburn n’a jamais été aussi bon, et tous les acteurs secondaires sont excellents. L’utilisation des flash back/rêves est étonnante.

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  2. Un putain de chef d’oeuvre qu’on oublie trop souvent de citer quand on en vient à parler de films de guerre majeurs… et puis James Coburn il est juste exceptionnel quoi! Comme d’habitude c’est
    vrai…

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