Brüno de Larry Charles (2009) par Mat Castle

Brüno, l’animateur autrichien de l’émission Tv « Funky Zeit » se fait « scharzlister » par toute l’Europe à cause d’un sabotage d’un défilé de mode à Milan. Désirant vivre son rêve jusqu’au bout, il débarque à L.A avec son assistant Lutz pour devenir dixit: « La plus grande Star gay autrichienne depuis Schwarzenegger !! »…

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DARD-DEVIL.

« Brüno » est en quelque sorte le dernier volet de la trilogie « personnages » de Sacha Baron Coen après les biens barrés « Ali G in Da house » et « Borat » et c’est sans doute le plus piquant et « borderline » du lot.
Au programme Messieurs, Dames, du « Trash », du cul et encore du « Trash » pour le nouveau méfait du trublion britannique. C’est bien simple l’humoriste anglais d’origine juive ose tout et ne s’impose aucun tabou ou limite pour nous faire nous bidonner avec son humour très, très grinçant.

Le Pirelli de « Sweeney Todd » partage le même coté satirique et cynique que ses cousins amerloques de « South park » (affiliation évidente) ou même certains vieux sketchs limites de Elie et Dieudonné.

Avec la complicité du réalisateur Larry Charles, Cohen se moque de l’antisémitisme à sa façon par ses vannes ravageuses et ultra gonflées. La séquence où son personnage se fait rembarrer en Italie est équivoque, car lançant en voix-off un: « C’était la seconde fois au cours du siècle que le monde se retournait contre un des plus grands Autrichien pour l’unique raison qu’il avait tenté quelque chose de nouveau!’ Gloups!? Oh la la!

Alors quand il montre diverses photos de « people » (Willem Smith, Puffy Fäther…?!) en désignant Mel « Mad Max » Gibson comme…le « Führer »! Cohen s’aventure alors dans un terrain encore plus miné.

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Je vous l’accorde, cet humour ultra noir peut décontenancer voir agresser mais il faut avouer que cela fait mouche en de nombreuses occasions. « Brüno » met mal à l’aise ( Les meubles « humains » mexicains avec Paula Abdul, Brüno et son assistant encastrés comme des Lego S.M devant le concierge de l’hôtel…) mais se permet aussi  d’égratigner encore un peu plus les États Unis et les Américains face parfois à leur intolérance. ( dans l’émission type « C’est mon choix » où Cohen dit des horreurs mais étonnamment moins « hard » que celles du public portant notamment sur l’homosexualité).

Sans oublier les « déviances » des stars locales sur l’adoption par exemple (Madonna et le couple « Brangelina » sont ouvertement cités). Ces petites piques défoncent un peu des portes ouvertes (un peu comme « Borat » en fait!!) mais ce n’est pas lourdingue et ça passe plutôt bien.

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Sacha Baron Coen n’est pas Michael Moore (et c’est tant mieux)  et reste un « entertainer » pur jus dont la principale fonction est de divertir efficacement ( la fellation à un fantôme chez le voyant est à mourir de rire, la projection test de son émission devant un panel outré, qui se focalise sur la zik’ techno, l’avortement, les teubs qui tournent et…Harrison Ford est irresistible, et que dire de l’entraînement « self defense » avec les godemichés!).

Très scripté (et c’est peut être son défaut numéro uno) « Brüno » est quelque fois ambigu car on ne distingue plus le vrai du faux par rapport à l’énormité de certaines situations (La réunion de « MMA/Free fight » vraiment pas représentative de ce sport et beaucoup trop « beauf » pour être vrai..).

Mais Cohen s’investissant corps et âme dans son rôle (il parle allemand!) on lui pardonne facilement et on s’incline devant sa réinterprétation hallucinée des dialogues de « Jerry Maguire », sa figuration débile dans la série « Medium » à rendre chèvre les acteurs et ses discussions avec des couples libertins finalement assez glauques quand même.

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 Enfin la chansonnette finale (avec Bono, Sting, Elton John et Slash!!) nous prouve que l’ami Sacha dispose d’un sacré carnet d’adresses et que son aspect subversif controversé plaît malgré tout de l’autre coté de l’atlantique…

Bien beau moment de poilade que ce « Bruno », très souvent drôle, jamais redondant ou chiant (le film passe à la vitesse d’une balle), avec un peu d’émotion mais avec toujours beaucoup de conneries, le film de Baron Cohen réussit son pari en nous faisant nous marrer devant, pourtant, les pires saloperies dites par son perso (amateurs des spectacles de Dupontel, le long métrage est pour vous !!).

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Le seul petit bémol est indépendant de l’auteur, car celui ci a épuisé toute la galerie de ces « Alters » et on se demande à quoi ressemblera sa prochaine oeuvre, mais nul doute quelle sera « fantastïch »!..

plaisir-coupable

Mat Castle.

 

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5 commentaires

  1. Je connaissais pas bien cet univers, mais c’ est vrai qu’ un OVNI comme Brüno passe très bien (enfin, faut quand même avoir l’ esprit large, aussi large que le fondement de Brüno), ça va toujours
    plus loin (il va quand même pas…..et bin si il le fait!!!). Moi j’ adore

    Vive l’ Autriche

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  2. Je supporte pas Ali G.

    J’adore Borat.

    Je supporte pas Brüno. Certaines situations sont amusantes, mais c’est souvent surfait, trop poussé et surtout le fait que 90% des scènes soient répétées – ou scripté comme tu le dis dans ton
    article – et jouées comme ci c’était « pour de vrai » me rebute (Borat est réalisé de la même façon mais je trouve que ça passe mieux). Bref, j’attends vivement son prochain personnage vu que j’en
    apprécie un sur deux !

     

    (ah je me rappelle tout à coup que j’adore son personnage dans Ricky Bobby, le pilote de F1 français. Tordant :p)

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  3. C’ est vrai qu’ on est jamais trop sur de où se trouve la frontière entre impro/répétition, mais ils ne vendent pas vraiment leur film sur la véracité de l’ action c’ est du……..cinéma.

    Tout le contraire de M. Moore, qui arrive même à se faire démonter en quelques secondes dans une série américaine sans qu’ on y trouve à redire.

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  4. oui c’est mon sentiment aussi, Cohen et Charles n’ont jamais prétendu faire de la tv realité, certaines situations sont surement répétées mais l’important c’est que l’ensemble fonctionne et que
    çe soit trés drole, c’est peut étre (et surement la) le principal. Moi j’adhére complétement méme si apparament aprés les interviews Cohen ne décolle jamais pas de ses persos et ne
    revient jamais lui méme,  (Ce sont les gars de Groland qui ont révélé ça quand Moustic and co lui a remis un prix pour Borat)

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  5. et ta raison pour Moore Marco,mon allusion dans l’ article n’était pas innocente celui ci monte et remonte pour que ça aille dans son sens et c’est quand méme bien
    déguelasse (comme Thierry Ardisson mais dans un autre registre)

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