Lord of war d’Andrew Niccol (2005) par Marc Shift

Issu d’une famille ukrainienne, Yuri zone dans son quartier de Little Odessa. Un jour, il assiste à un règlement de compte, et c’est pour lui la révélation : il veut devenir celui qui fournit les armes.

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 LE SEIGNEUR DES DOUILLES.

Le postulat de départ est plutôt original, Adrew Niccol (« Bienvenue à Gattaca », « S1m0ne »…)se propose avec ce film de nous faire partager l’envers du décor de la guerre. Et quelle meilleure figure que le trafiquant d’armes pour nous faire voyager à travers les conflits qui jalonnent la planète? L’idée est quand même assez ambitieuse, mais Adrew Niccol a montré par le passé qu’il était largement capable de conduire une oeuvre plus dense que la norme hollywoodienne (voir la chronique de « Bienvenue… ») avec un sens de l’esthétisme franchement bon.

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Sachez, pour les inconditionnels des petites infos (cueillies ici et là sur le net), que le réalisateur s’est inspiré de personnages et situations réelles (ça tient largement plus du mix), et que pour des raisons de coûts il a utilisé (en partie) de vraies armes (AK 47, quelques chars….). Une arme de guerre d’occasion coûtant souvent moins chère qu’une factice, comme quoi la réalité dépasse (trop souvent j’ai l’impression) la fiction. Et la fiction dans tout ça?

Le film commence par un très joli générique, nous montrant le parcours d’une balle de sa fabrication à son utilisation. Le tout en CGI, d’une qualité à l’heure actuelle sans doute un peu juste, mais l’effet recherché marche très bien même si on se doute très vite comment ça va finir.

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Et juste auparavant un p’tit speech de Nicolas Cage, et son questionnement philosophique, qui sert d’accroche au film : 1 homme sur 12 est armé. Comment armer les 11 autres?

C’est, je trouve, franchement ambitieux et j’avais donc peur d’un résultat en demi-teinte. Le film démarre lentement, sur une famille d’immigré ukrainien de classe moyenne dont les deux fils Yuri (Nicolas Cage) et Vitaly (Jared Leto) se complaisent dans les petites combines. Rapidement Yuri a l’illumination de vouloir vendre des armes et embarque son frère dans ce trafic.

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Le déroulement du film est assez classique en fait, Yuri est hanté par une femme qu’il rêve de séduire et ne voit que la fortune pour y parvenir, Vitaly est lui progressivement hanté par des démons qu’il chasse à coup de cocaïne et de toutes sortes d’excès, et rapidement les deux frères d’armes sont poursuivit par un flic intègre, Jack Valentine (Ethan Hawke).

Même si cette partie est largement bien menée, l’intérêt du film n’est pas là mais dans la progression de Yuri à travers les arcanes de la vente d’armes, des ses astuces dissimulatrices, de sa corruption.

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C’est bien simple il vend à qui veut bien payer, et rapidement accepte toutes formes de paiement (cash biensûr, diamants, mais aussi drogue…..) sans distinction de cause, ni de camp.

Ce crescendo nous emmène en Afrique, terre ravagée par les conflits, au Libéria et pour finir au Sierra Leone où la violence, la guerre et donc les armes pullulent.

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Le propos du film est vraiment réussi, servit quand même par un casting vraiment impressionnant : Cage, Leto, et Eamonn Walker (sorti de la série Oz) sont excellents, Hawke est un peu sous utilisé (mais son rôle sert de révélateur) et Bridget Moynahan (jouant la femme de Yuri) apporte une subtilité nécessaire à un rôle très classique (celui de la femme délaissée).

L’emploie de la musique est vraiment bien à propos (Vitaly se fait un rail sur « Cocaïne » de Clapton, un « ballet » de kalachnikov sur « le Lac des cygnes » de Tchaïkovski….), visuellement c’est solide, , juste la longueur du film servant des séquences parfois redondantes, mais au final une démonstration de cynisme comme on en voit assez rarement au cinéma.

un bon film
un bon film

Marc Shift.

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4 commentaires

  1. trés bon film de Cage dans son océan de nanars (avant sa ressurection inespérée dans « bad lieutenant ») son perso est fascinant méme quand il sera au bord du gouffre professionellement
    et au niveau de sa vie privée il ne changera jamais de ligne de conduite, térrifiant, le générique est une vraie merveille (façon de parler)…

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  2. Quand je l’avais vu au ciné il m’avait emballé de chez emballé puis en le revsionnant lors de sa sortie dvd je n’ai ressenti le choc que j’avais connu en salle.

    je sais pas je l’ai trouvé pas si politiquement incorrect que ça mais bon reste un film agréable sur un sujet rarement abordé avec un nicholas cage qui certes cabotinne un peu mais est quand même
    excellent

     

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  3. Je sais pas si il est politiquement incorrect, mais cynique oui, intelligent oui.

    Et puis moi je l’ ai vu sur un petit écran, je suppose que l’ impact d’ un écran de ciné renforce la force du propos, en même tps la deuxième fois généralement on est moins surpris.

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