L’étrangleur de Boston de Richard Fleischer (1968) par Marc Shift

Été 1962, une femme âgée est retrouvée à son domicile étranglée. La police peine à trouver une piste, malgré la multiplication des victimes. La psychose gagne peu à peu la ville de Boston et les autorités testent toutes les solutions possibles pour attraper l’assassin.

L-étrangleur-de-boston-the-strangler-of-Richard-Fleicher-poster-affiche

  PILE ET FACE.

Le film débute par quelques mentions stipulant qu’il est basé sur des faits réels. D’ailleurs le film est sorti quatre ans à peine après la vague de meurtres ayant sévit sur Boston, pour la quelle Albert de Salvo a été condamné. Au départ ce film m’a intéressé pour la présence de Tony Curtis, dont la performance était mis en avant. Mais le film ne se résume pas qu’à ça, loin de là. Richard Fleischer est un réalisateur qui a déjà une bonne filmographie sous le bras, dont un mythique « Viking » avec Kirk Douglas et…..Tony Curtis.

L-étrangleur-de-boston-the-strangler-of-Richard-Fleicher-Tony-Curtis

La production du film a été lancé alors que l’affaire n’avait pas encore été jugée, et pendant une vague de films plus ou moins d’épouvante exploitant le filon, à commencer par « Psychose » en 1960. Ce n’est pas forcément le contexte le plus rassurant, ce type de film pouvant très vite devenir racoleur. Dès le départ, Fleisher fait tout pour ancrer son film dans la réalité, et utilisant la télévision comme repère temporel (une parade en l’honneur des astronautes de l’équipage Mercury) ainsi que pour la B.O., et un aspect documentaire.

On se retrouve dans un appartement chamboulé, où gît le corps d’une femme et où la police fait rapidement son entrée. Le film se poursuit à ce rythme, enchaînant meurtre et enquête policière qu’on sent inefficace. Pour autant le film ne tombe pas dans le vulgaire, même si par les dialogues peu de détails sont épargnés (description froide des situations). Le déroulement s’attache à la tension croissante qui règne dans la ville, tout en nous immergeant dans le sordide de la situation. Fleisher pour y parvenir utilise un procédé novateur à l’époque, le split screen (plusieurs points de vue au sein du même écran).

L-étrangleur-de-boston-the-strangler-of-Richard-Fleicher

D’ailleurs, encore à ce jour je n’ai pas encore vu de film où ce procédé (simplement utilisé comme gimmick dans la série « 24 heures chrono ») a été utilisé aussi finement. Autre tour de force de ce film, le tueur. Ou plutôt son absence, pendant à peu près les deux premier tiers du film, on ne verra au mieux que son pied, en fait on le suit à la trace. Le premier basculement du film se place avec l’entrée en scène d’Henry Fonda qui campe l’inspecteur Bottomly chargé de coordonner l’action de la police.

L-étrangleur-de-boston-the-strangler-of-Richard-Fleicher-Tony-Curtis-Henry-Fonda

Tout semble se mettre lentement en place au sein de l’enquête, où les suspects successifs sont écartés grâce à la lucidité et l’analyse de Bottomly (Henry Fonda est parfait dans le rôle). Par la suite, le film bascule radicalement, avec une scène d’une maîtrise folle, située chronologiquement lors des obsèques de Kennedy où on découvre qui est l’étrangleur de Boston, en fait un simple père de famille, loin des pervers (en tous cas décrit comme tel) précédemment suspecté par la police.

L-étrangleur-de-boston-the-strangler-of-Richard-Fleicher-Tony-Curtis-2

Le doute n’est pas permis, en effet ce dernier sous le choc des funérailles, part dans un état second au volant de sa voiture et finira par faire une nouvelle victime. Le film restera collé à Tony Curtis, jusqu’à son arrestation, sans perdre sa force en grande partie grâce à l’acteur qui joue là l’un de ses plus grands rôle. La tension restera à son comble lors des entrevues entre le tueur et l’enquêteur, où la réalisation évite la facilité.

 L-étrangleur-de-boston-the-strangler-of-Richard-Fleicher-Tony-Curtis-Henry-Fonda

 

Grand film, sur un sujet racoleur à l’actualité brûlante, qui évite la facilité par son ton documentaire, visuellement impressionnant, où les acteurs sont vraiment au sommet de leur art, soit à contre emploi comme Tony Curtis, soit un Henry Fonda fascinant dans sa quête de vérité (à noter il enchaîne dans la même année ce film et « Il était une fois dans l’Ouest », impressionnant!). A noter pour la petite histoire, la réelle identité de l’étrangleur de Boston reste inconnue, De salvo ayant été innocenté pour au moins deux victimes par l’ADN.

excellent, brillant
excellent, brillant

 

 

 

Publicités

8 commentaires

  1. Ah ben si je parle de spilt screen, c’ est juste que j’ ai du faire une faute de frappe sur la chronique (j’ ai du mettre split creen ).

    J’ a i même parlé de 24H, allez relis moi ça….

    J'aime

  2. eu non je voulais dire split « pour split screen » le verbe « split » veut dire séparer dans les films de de Palma c’était chose courante « 24 » c’était effectivement un « gimmick »

    J'aime

  3. Bonjour, j’ai vu ce film à la télé il y a plusieurs années, c’est l’un des seuls qui m’ait fait autant peur. Le « split screen » est en effet très réussi. Curtis est méconnaissable et très
    convaincant. Bonne après-midi.

    J'aime

  4. @Bruce:il faut faire simple avec les blagues Brucie a part les blagues de cul ou les blagues caca prout j’ai du mal à capter, j’ai eu min cerveau chez « price minister » je te rapelle

    J'aime

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s