Bad lieutenant: Escale à la Nouvelle Orléans de W. Herzog (2009) par Mat Castle

 Avec son dos fracassé, suite au sauvetage d’ un petit malfrat, le flic Terrence McDonagh est devenu un aspirateur de drogues de toutes sortes. Les seules choses qui le maintiennent encore à flots sont sa petite amie, aussi camée que lui, une addiction maladive aux paris sportifs et son enquête sur le massacre d’une famille immigrée qui va le pousser à cramer tous les « feux rouges » dans une Louisiane meurtrie par l’ouragan Katrina..

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JUST LIKE A RAT IN A CAGE.

Pour commencer pardon Monsieur Herzog, pardon d’avoir douté de votre film (A ma décharge je n’étais pas le seul) et de la nécessité d’une relecture de « Bad Lieutenant », un des films les plus puissant et dérangeant de toute l’histoire du cinéma signé par ce maboul de new-yorkais, Abel Ferrara.

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Le fait d’avoir pris Nicolas Cage, acteur autrefois génialissime dans son excès (« Volte Face », « Leaving Las Vegas »..) et qui donnes aujourd’ hui l’impression d’avoir jeté depuis belle lurette sa carrière aux chiottes avec ses moumoutes (dernièrement avec « L’apprenti sorcier ») , n’imposait, avouons le, pas l’optimisme. Et bé, on peut dire que l’on avait faux sur toute la ligne tant ce « Bad Lieutenant: Escape à la Nouvelle Orléans » se révèle comme étant un classique instantané du genre.

Le métrage de Herzog passes en un éclair de la comédie macabre,au polar en passant par le film expérimental à cause de ses moments « gonzo » si irréalistes qu’ils en deviennent géniaux et cultes. Reprenant juste le « pitch » de l’original, le metteur en scène de « Fitzcarraldo » redéfinit le perso en approfondissant notamment son entourage.

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Des âmes soit fantomatiques dans l’œuvre de Ferrara (interprétée autrefois par feu-Zoe Lund) ou carrément inexistants (le père du héros) qui nourrissent le comportement bicéphale et trouble du policier drogué incarné divinement par Monsieur « Ghost rider »; parcequ’il faut le dire, la réussite de ce « Bad Lieutenant » repose grandement sur le dos recroquevillé et les yeux de Droopy de Nicolas Cage. Le « Castor Troy » de « Volte Face » bouffe littéralement l’écran, présent dans presque de tous les plans.

Cage est certes souvent à la limite du « Burn out » cabotin, mais arrive toujours à s’en sortir soit par une mimique inattendue soit par un coup de génie venu du script le poussant à se sublimer artistiquement (sa réaction/ »spleen » nostalgique quand il parle d’un objet à priori anodin de son enfance).

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La mise en scène  de Herzog est particulière, le sieur ne dit jamais vraiment « Coupez!! » et laisse tourner quelques instants après les prises laissant improviser ses acteurs pour capter quelque chose d’unique (comme le faisait Shawn Ryan pour sa splendide série « The Shield »). Et unique « Bad Lieutenant » l’est assurément, la scène ou McDonagh, n’arrivant pas à tirer des infos d’une vielle dame, en vient à la torturer d’une manière hallucinante de cruauté tout en menaçant sa gouvernante avec son Magnum(!), est peut être LE moment choc du métrage.

Le réalisateur teuton toujours dans sa ligne directrice, met Cage en roue libre quelques longues secondes après cette séquence pour qu’il aboie des horreurs aux deux personnes âgées (moment carrément jouissif, le problème des retraites serait vite réglé avec lui, moi je vous le dis!). Impossible aussi de passer sous silence les moments « reptiliens » du film c’est à dire les « shoots » sur les iguanes.

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Absents du scénar’ ces segments magiques (car complètement inattendus) bien « psychédéliques » sont cadrés et photographiés différemment du reste, sans vraiment de rapport avec l’intrigue, et on ne peut qu’être admiratif ou…consterné devant ce spectacle aussi inutile que fun (plus tard dans la bobine, Herzog nous refera le coup de ses petits « délires » en filmant, attention les yeux: L’esprit d’un « breakdancer » qui continue à se trémousser devant McDonagh and Co bien qu’il soit décédé juste avant, du grand nimp’ quoi?!!).

C’est donc dans une atmosphère un poil plus aérée et humoristique (par rapport à l’original j’entends) que le « Bad lieutenant » apparait ici, en étant plus proche de sa famille que la précédente incarnation de Harvey Keitel (voir sa tendresse envers son « officielle » Francky ou son rôle de médiateur improvisé entre sa belle mère défoncée à la kro et son Pater) mais n’oublie jamais de replonger dans le vice à la moindre occasion à cause de sa nature autodestructrice ( Le « Dirty Cop » fume du crack, baise une nana en obligeant son petit ami à regarder, ou l’inverse devant le corps magnifique d’une femme flic, il l’ignore copieusement en ne pensant qu’à son prochain « rail »..).

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L’auteur de « Aguirre, la colère de Dieu » finit quand même par lâcher du lest à son protagoniste principal en lui offrant un échappatoire « heureux » dans un dénouement, ma foi, très satisfaisant. « Remake » ou « préquelle » ce « Bad Lieutenant: Escale à la Nouvelle Orléans » est en tout cas un sacré bout de péloche,bifurquant dans le surréalisme sans que cela ressemble à un méga foutoir nombriliste, le film de Werner Herzog se démarque de son imposant modèle de par sa singularité qui frôle parfois le génie. Ferrara a dit à propos de Herzog et de son effort cinématographique qu’il pouvait « crever en Enfer… » à la vision de ce « Bad lieutenant.. », c’est plutôt les portes du Paradis que l’on peut donner à l’Allemand. Un des films de l’année…

Excellent!!!
Excellent!!!

« Bad Lieutenant: Escale à la Nouvelle Orléans » de Werner Herzog 2009 distribué par Metropolitan Filmexport. Avec Nicolas Cage, Eva Mendes, »X-Zibit »,Val Kilmer. Durée: 2h02.

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7 commentaires

  1. N’attendant rien de ce film et étant ultra fan de l’oeuvre avec Keitel, la surprise fut totale pour moi, en ce qui concerne Cage, il a retrouvé -juste l’espace d’un film
    malheureusement- ses talents des débuts et cela laisse une toute petite note d’espoir pour la suite de sa carriére…..

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  2. Wè il était bon dedans c’est vrai…Sa carriére pourquoi elle est partie en couille?, shé pas trop les prods Disney qu’il a accepté c’etait apparamment pour faire plaisir son fils qui
    s’apelle kal-el(?!) sympa quand on est fan de Krypton mais quand on doit le porter ça doit étre dur,pov gamin..Ses choix de carriére desastreux c’est quand méme un cas d’école, peut étre à cause
    de ses agents ou bien il a ptét du accepter nimp pour continuer son train de vie trés luxueux (vu ses probléme avec le fisc ricain c’est plausible) en tout cas shui vraiment mitigé quand je
    le vois si bon dans ce film, content car ça me rappelle volte face and co…Déçu quand je le vois gacher son talent dans ses films précedents, quand viendra l’heure des comptes et du
    bilan ça va faire mal a notre castor troy préféré….

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