Dragon Ball Evolution de James Wong (2009) par Tootsif

J’AI LES (DRAGON) BOULES.

Dans les temps anciens, la Terre faillit être détruite par des forces maléfiques. Pour s’en prémunir, sept sages créèrent les boules de cristal : les Dragonballs. Décidées à prendre leur revanche, les forces du Mal sont désormais de retour, et un seul guerrier d’exception est capable d’empêcher le pire. Le jeune Sangoku va alors découvrir le jour de ses 18 ans que son destin est trés loin de ce qu’il avait imaginé.

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Cette critique (si tant est que cela en soit vraiment une) va avoir une saveur particulière. Non par la qualité du film chroniqué juste catastrophique (et encore que ça donne une saveur particulière), mais parce qu’elle me permet d’enfin rendre hommage à mes compagnons de soirées et qui arrivent à me supporter. Alex, Laure, Ninin, Pauline, Lolo et Flo, ce test est pour vous (oui, je sais, le choix du film n’est pas le meilleur pour vous rendre hommage mais bon on l’a regardé ensemble !).

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Alors dans la vie, il y a des réalisés par accident, des films vus par accident et bien Dragon Ball Evolution (évolution putain ! Evolution de quoi bordel ? Régression plutôt) fusionne ces 2 éléments : un film réalisé par accident (sinon c’est pas possible pour justifier un tel résultat) vu par accident. Attention, je ne dis pas ça pour me dédouaner d’avoir vu un tel film (peut on vraiment parler de film dans le cas présent ?) mais car le visionnage de Dragon Ball Evolution est bel et bien le fruit d’un réel concours de circonstances.

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Voici un récit des évènements qui ont abouti à cet attentat cinématographique. Comme bon nombre de samedi soirs, une bonne soirée jeu de rôle était prévue chez mon pote Alex. Mais hélas, comme bon nombre de soirées, l’ami Ninin était en retard (spéciale dédicace pour toi Ninin cette chronique ça va être ta fête !) et la partie de jeu de rôle se trouva bien mal engagée. Puis notre manque d’inspiration culinaire nous poussa, affamés, aux portes d’un McDo où en parlant d’une idée que j’avais pour une future rubrique pour La Pellicule, on en vint à parler de navets, série Z et autres conneries cinématographiques qui nous avaient marqué. Et, tout naturellement, ce type de conversation nous conduisit au duo roi des buddy-movies pourris des années 80, j’ai nommé : Bud Spencer et Terrence Hill. Et là une idée tordue germa dans nos esprits : sitôt de retour à la maison on se mate un Bud Spencer/Terrence Hill ! La machine infernale était lancée ! Et aussitôt dit, aussitôt fait !

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Un dilemme cornélien se posa alors : Super flics à Miami ou Cul et Chemise (et oui nous on fait pas les choses à moitié, on aurait pu faire dans le facile Petit papa baston et consorts, non messieurs, dames on opte pour la crème de la crème nous !). Et notre choix se porta sur Super Flics mais devant le fait que le film était dans un 4/3 pourri sur la télé, il fut aussitôt coupé. On lança donc Cul et Chemise et, hmmm, comment dire ? Dans nos souvenirs c’était bien naze mais là ça dépassait vraiment tout ce que l’on croyait se souvenir. Résultat : après un saut en parachute très « réaliste » et un tir à la lunette de visée qui vous achève définitivement on coupa le film. Mais on avait envie de se mater un film, de préférence pourri et Dragon Ball Evolution se trouva être là pour notre plus grand bonheur…..ou pas. Avant tout, comme l’a si bien indiqué Flo après cette séance, ce qui caractérise ce film, ce sont les termes respect et fidélité.

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Respect et fidélité au matériau originel, le manga Dragon Ball, à ses personnages (Son Goku, Bulma, Yamcha, Muten Roshi, Piccolo), à son histoire (la quête des Dragon Ball) et à son auteur Akira Toriyama.Respect et fidélité. Non putain, je déconne ce film est un crime contre le manga ! Pourquoi s’être fait chier à en acquérir les droits si c’est pour faire…..ça ! Cette chose monstrueuse qui porte le nom de Dragon Ball ! Certes, je n’attendais rien de ce film mais WTF ! Le résultat « dépasse » tout ce que je pouvais imaginer. Goku est un djeun qu’est trop vénère parce qu’à vivre il passe pour un bouffon auprès des autres lycéens (qui en + ont des super caisses alors que lui il a un vélo tout pourrave) (ouais en + certaines des caisses c’est des renault mégane, vraiment très Toriyama comme univers) et qu’il ne peut pas leur rétamer la face avec ces techniques d’aérokynésie (d’où sort ce putain de nom ????) que son grand père lui a appris.

Mais tout va changer quand en faisant le mur pour aller à la fiesta de Chichi (bravo la référence rapide au manga avec sa baraque stylée comme le château de Gyumao, son père) son pauvre pépé se fait dérouiller par……..Spike, le vampire de la série Buffy !!!!! Ah non, autant pour moi, on me dit que c’est le même acteur certes, mais que là il joue le démon Piccolo (mais putain on dirait quand même Spike mais en plus vert).

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A ce moment du film, Pauline est déjà dans les bras de Morphée, la pauvre Laure qui, en plus de nous voir squatter en permanence chez elle, doit supporter nos films et jeux pourris, s’est réfugiée devant le feu de cheminée (promis Laure on ne te fera plus supporter de films comme ça) et Flo, Alex et moi nous demandons à chaque instant de quelle manière le plan suivant va assassiner l’œuvre originelle.

Seul Ninin semble apprécier en nous gratifiant d’un « ben franchement c’est pas si mauvais » qui nous fait halluciner (bon en même ça vient d’un mec qu’écoutait Kyo donc bon ça relativise le choc ressenti) (je t’avais prévenu Ninin que ce serait ta fête) mais heureusement la scène suivante (Goku qui découpe du streum pour se faire un pont pour avancer dans la lave) lui fait retirer tout de suite ces paroles. Et c’est les yeux hallucinés que nous assistons à l’assassinat pur et simple du manga (et de l’anime)
qui a bercé toute notre enfance.

Mais nous n’étions pas au bout de nos surprises, le « meilleur » restait à venir avec la légendaire attaque de Son Goku : le Kamehameha ! Et là what a surprise ! Goku nous gratifie de la chorégraphie de la fameuse chanson de Patrick Zabé : »Agadou » ! si si regardez bien (enfin non évitez plutôt de jeter un œil sur ce film) c’est exactement la même choré, je vous jure ! Alors je passe sur les acteurs lamentables (pourtant y a Chow Yun Fat, je sais pas ce qu’il est venu foutre là, peut être un divorce à payer ?

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Et à la fin il croit s’en sortir en crevant mais manque de bol on le ressuscite pour son plus grand malheur), les chorégraphies de baston pourraves, les effets spéciaux immondes, le scénario daubesque pour aller directement à la conclusion. Dire que Dragon Ball Evolution est une perle question navet est un pas que je franchis allègrement. Les frissons de la honte qui m’ont parcouru au début du film, ont ensuite laissé leur place à la résignation puis à l’amusement au fur et à mesure que le film foutait en l’air le manga (putain la tronche de Yamcha joué par un asiat décoloré et lifté vaut son pesant de cacahuètes) et au final c’est un plaisir coupable qui restera de cette séance partagée avec mes meilleurs amis. Merci donc à Alex de m’avoir permis de vivre ce moment, à Ninin de nous avoir gratifié de réflexions pertinentes sur le film, à Pauline de me faire marrer en pourchassant le chat tel Elvira dans les Tiny Toons, à Laure de nous accueillir avec le sourire et de faire preuve d’une grande zénitude avec nous, à Flo d’être notre Monsieur Culture quand on cherche un truc. Dans ces cas là le film on s’en fout.

une purge totale, à jeter à la poubelle, par la fenêtre, dans le cosmos, bref très loin
une purge totale, à jeter à la poubelle, par la fenêtre, dans le cosmos, bref très loin

Tootsif.

« Dragon ball evolution » de James Wong. Distribué par 20th Century Fox. Avec Justin Chatwin, Emmy Rossum, Jamie Chung et Chow Yun Fat. Durée: trop long !!!

 

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14 commentaires

  1. C’ est un peu toi notre mister daube, tu regarde les pires films du monde pour les chroniquer ici……chef je crois que c’ est un complot pour…..je sais pas pour envahir…..la Creuse……ou
    le désert de Gobi, en tout cas c ‘est machiavélique

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  2. @ Flow : personne n’a acheté ce film on n’est pas fou quand même. On nous l’a prêté

     

    @ Marc et Bruce : chroniqué ma dvdthèque c’est trop facile donc j’élargis mes horizons. Et les prochains films qui vont débarquer vont je pense surprendre (c’est très très loin de mes goûts)

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  3. eh bien le plus drole, c’est que pour une fois je ne suis pas ironique : http://cinematheque.over-blog.net/article-nouvel-an-et-palmares-2009-42012193.html

    j’ai vraiment adoré ce film, j’ai même très envie de le revoir pour voir si ça me fait le même effet à la 2e vision… (mais je ne regardais pas du tout le dessin animé, donc j’ai vraiment vu ça
    comme un truc totalement nouveau, du coup ça doit jouer je pense…)

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  4. @ Phil : non c’est une blague t’as pas aimé ça quand même ? T’es de la famille du réal ou d’un des participants à cet attentat cinématographique pour dire une chose pareille  ?

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  5. Je pense que t’as jamais lu le manga papier de Toryama parce que crois moi sinon c’est pas possible d’apprécier ce film.

    Dragon Bal à ses débuts (avant de virer n’imp avec ses guerriers décolorés) c’est un savoureux mélange d’humour, d’aventure, d’action (finalement assez proche du matériau de base : la légende du
    roi singe et le voyage vers l’occident)

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  6. Ah, un de mes navets préférés.
    J’avoue l’avoir vu en streaming, et j’ai même pas honte.

    Le Kaméhaméha qui soigne restera l’image marquante pour moi.

    Le film en lui-même est une bonne démonstration de « comment assurer les entrées en salle en ne se basant que sur la licence ».
    J’imagine bien en salle de réunion : Bon, les gars, on a la licence, on a le budget, c’est tout bon. Toi là ! Ouvre un manga Dragon Truc là. Ok, tu me notes juste le nom des persos vite
    fait, les gens vont y tenir à ça. Puis tu piques quelques trucs par-ci par-là, tiens Chichi là, elle est sympa, on mettra une fille canon, ça passera bien. Puis le mec bizarre là,
    avec la peau verte… On va en faire le méchant, allez hop, on le fait vite fait son visage, pas que ça à foutre, juste pour que les fans reconnaissent le type. Voilà, magnifique, le
    temps de se rendre compte de la supercherie, ils auront déjà payés. Nickel.
    Bon, pour le scénar’, vous trouvez quelques prétextes à des combats et puis c’est bon. Hein ? Dans le manga (tu l’as lu ?? Sérieux ? Le truc jap’ là ?)… ils recherchent des Boules de
    Cristal qui exaucent les voeux ? Ben c’est super ça !! Emballé c’est pesé, on l’a le scénar’ ! Vous le faites voyagez un peu cherchez ses balles là, histoire de claquer un peu le budget, on
    ajoutera des effets spéciaux.
    Pour le final ? Ben j’ai entendu parler d’une super attaque. Le Kaméhamiamia ouais ! Ben voilà. Le héros se bat bien, il perd quand même, le Kaméhamiamia le soigne, et avec il tue le démon. Si
    c’est un démon j’te dis ! Bon, ben c’est réglé, j’vous laisse carte blanche, j’ai d’autres supers licences avec des fans à contenter. »

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