Dante 01 de Marc Caro (2008) par Tootsif

DAN-TE REVES

Dante 01, prison spatiale, dérive dans l’atmosphère suffocante de Dante, planète hostile, son seul horizon. À l’intérieur, six des plus dangereux criminels des mondes environnants servent de cobayes à d’obscures expériences. Une résistance s’organise autour de César, psychopathe manipulateur. Mais son autorité se voit remise en cause par l’arrivée de St Georges, mystérieux détenu, possédé par une force secrète, qu’il apprendra à maîtriser pour faire face à l’hostilité de ses co-détenus, et les libérer de l’attraction maléfique de Dante.

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Caro est de retour aux affaires !

Qui ça ?

Marc Caro, je vous dis, bordel. Celui qui avec Jeunet a dynamisé et dynamité le cinéma français du début des années 90 avec les grands Delicatessen et La cité des enfants perdus ! (oui je sais ce style d’intro je l’ai déjà utilisé un nombre incalculable de fois, mais que voulez vous mon génie créatif a le droit de prendre un peu de vacances merde !)

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Et tandis que son compère jouait les lèches-bottes à Hollywood puis revenait en France la queue entre les jambes pour finalement s’imposer comme l’un des cinéastes qui comptent dans l’hexagone à coup de filtres jaunes dégueulasses, Marc Caro semblait avoir totalement disparu des plateaux de cinéma, préférant le travail de l’ombre (notamment comme chara-designer sur les films de Jan Kounen, sorte de retour en arrière sur son époque comme dessinateur pour le magasine Metal Hurlant).

Mais un tel univers visuel ne pouvait reste indéfiniment loin d’une caméra, c’eut été un crime ! Donc Caro est revenu aux affaires. Et naturellement un tel énergumène ne pouvait pas revenir avec une classique comédie pourrie/film de potes/ drame intello chiant (rayer les mentions inutiles pour trouver le dernier fim français à la mode) comme nombre de réal français (et là c’est un point positif aussi pour le sieur Jeunet, qui, si son cinéma ne me plait pas, sort au moins des sentiers banalisés) et c’est donc avec de la SF qu’il nous revient plus de 10 ans après sa dernière apparition derrière une caméra.

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Oui de la S-F ! En France !

Bon en même temps pour Caro c’est pas vraiment une prise de risque puisqu’il a baigné dans l’univers Metal Hurlant et que Delicatessen et La cité des enfants perdus ont quand même nombre de liens avec ce genre.

Le premier sentiment qui nous prend à la vue de Dante 01, c’est la fascination.

Fascination pour son univers visuel. Caro nous montre toute sa maestria dans la conception d’univers avec Dante 01, pénitencier et asile dérivant dans l’espace autour d’une immense boule de feu.

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Ce cadre permet à Caro d’exprimer toutes ses qualités dans le travail des cadrages et des plans (ainsi alors que ce lieu est si inhumain et confiné comment peut il sembler si beau, si libre lorsqu’on le voit flotter dans l’espace à travers de plans somptueux) qui lui permettent de jouer avec brio avec les notions d’enfermement et de folie.

Fascination pour son histoire. Qui est ce mystérieux nouvel arrivant ? A-t-il vraiment des  « pouvoirs » ? Pourquoi a-t-il été envoyé ? Est il effectivement une sorte de messie ? Mais dans ce cas que fait il dans cette antichambre de l’enfer ?

Ce côté mystique, totalement intriguant car se développant dans un univers de psychopathes en principe dénoué d’humanisme et de foi, est renforcé par les noms des divers protagonistes tous en rapport avec la religion (quelque soit son origine) ou avec la science, montrant ainsi les doutes qui habitent chacun des protagonistes .

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Fascination pour ces protagonistes et leurs interprètes. En effet, chacun des personnages a une forte personnalité et surtout un réel charisme grâce aux gueules et physiques des acteurs employés (Dominique Pinon et François Hadji-Lazaro en tête) faisant de chacune de leurs confrontations des moments tendus et puissants.

Et Saint Georges, le personnage principal provoque aussi cette fascination. D’abord il y l’aspect physique de son interprète, Lambert Wilson, à mille lieu de l’image de dandy qu’il renvoie habituellement. Tout en muscle et crane rasé, le Lambert en impose fortement.

Et il y a toute l’étrangeté du personnage et toutes les questions qu’il soulève. Saint Georges devient le centre de cet univers qui semble ne plus croire en rien, redonnant de l’espoir à ces prisonniers dont la seule motivation était de survivre.

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Mais cette fascination pour Saint Georges va vite laisser la place à la frustration. Frustration qui va rapidement contaminer tout les aspects du film.

Frustration, car aucune des interrogations que le personnage lève lors de ses étranges apparitions (c’est quoi les espèces de face hugger qu’il voit et qu’il semble absorber du corps des autres ? le mal ?) (mal qui serait alors lié à la technologie puisque ces créatures apparaissent sur les corps de ceux subissant le nouveau traitement laissant ainsi penser que celle-ci est le mal) n’est levée et qu’au final la prestation de Lambert Wilson se limite à se rouler par terre en se bouffant la langue.

 Frustration car au final ces personnages aux personnalités fortes et variées sont au final à peine esquissés et  semblent être le prétexte à des dialogues aussi prétentieux que creux, n’apportant ainsi rien à l’histoire pour au final les contenter à se rouler par terre en hurlant (décidément une manie dans ce film)

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Frustration car justement cette histoire tourne au trip mystico-délirant totalement abscons et chiant et qu’en plus la réalisation se met rapidement au diapason à coup de shaky-cam horripilante, le tout atteignant son paroxysme lors de la scène finale où l’on se demande quelle drogue a pris Marc Caro.

Bref, plus le film avançait et plus mon enthousiasme de départ était douché pour carrément laisser la place à l’incompréhension et à l’ennui. Le huis-clos spatial avec des relents mystiques pressenti se transformant en délire cosmico-religieux aux dialogues autistes.

Bref on est plus proche du nanar galactique rempli de vide intersidéral que du chef d’œuvre célesto-cosmique.

Vraiment très mauvais
Vraiment très mauvais

Tootsif.

« Dante 01 » de Marc Caro. Avec : Lambert Wilson, Dominique Pinon, François Hadji-Lazaro. Distribué par Wild Bunch Distribution. Durée : 01 H 28.

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2 commentaires

    • Il y a des qualité mais au bout de 20 minutes t’as l’impression d’avoir fait le tour de la question. Le film tombe dans une routine de gens qui convulsent en hurlant et de conversations abscondes qui m’ont gonflé.

      Pourtant au départ j’étais dedans, me demandant vers où le film allait m’emmemenr. Malheureusement c’était vers l’ennui et l’énervement

      J'aime

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