Django de Sergio Corbucci (1966) par Tootsif

I’M A POOR LONESOME COWBOY

Un cavalier solitaire s’interpose dans la guerre que se livrent un général américain et un aventurier mexicain.

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La veine du western italien étant intarissable, en voici encore un. Quitte à me répéter, j’affirme que l’Italie produisait alors (des 60’s à 1973) le meilleur cinéma du monde, qui a su encore aujourd’hui garder toute sa force.

Bref, tout ça pour dire que je vais aborder un film qui est une des pierres angulaires de cette période et qui  a marqué le western : Django.

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Et pas n’importe lequel, le vrai, l’original à la base de tous les autres qui ont repris son héros et tenté de reprendre son style (pour exemple : « Django porte sa croix » ; « Avec Django, la mort est là »,…).

En clair, du très lourd. Mais pourquoi tant d’importance pour un film qui reprend beaucoup de « Pour une poignée de dollars » ?

Le gars à l’origine de Django, c’est Sergio Corbucci. Grand ami (et rival) de Leone, il a plagié, avec son Django, l’Homme sans nom dans son code vestimentaire, son caractère, son talent au pistolet et est allé jusqu’à choisir un acteur, le remarquable Franco Nero, pour sa ressemblance avec Clint Eastwood. Ne soyons pas mesquin, pour éviter la copie carbone, il lui a rajouté des origines mexicaines et a un peu développé le background du personnage (déjà, il a un nom). Rien de bien transcendant cependant.

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L’histoire aussi est très largement inspirée de « Pour une poignée de dollars », voyez plutôt : deux clans dont un mexicain, l’autre bien américain, une femme au milieu, le vol d’un stock d’or à l’armée,… les ressemblances sont nombreuses et montre bien tout le caractère opportuniste de Corbucci.

Cependant, « Django » n’est pas une pâle copie des films de Sergio Leone, tout simplement car le style de Corbucci est totalement différent de celui de son compatriote.

Tout d’abord, il faut noter que Corbucci n’avait pas les mêmes budgets que Leone pour tourner ses films et ces restrictions budgétaires sont à la base de son style.

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Ne pouvant reporter le tournage de Django sous peine de ne pouvoir faire le film, il tourna quand même dans la boue du village-western et plutôt que d’en faire une contrainte, en fit l’élément qui le démarquait des autres westerns. Car c’est ça l’atout de Corbucci, sa réactivité, son adaptabilité et aussi sa capacité de s’inspirer (de copier) de tout et n’importe quoi.

Pour exemple, en copiant une BD où le héros se trimballait avec un cercueil, il livre une des plus belles scènes d’introduction jamais réalisé où Django tire son cercueil dans la boue donnant ainsi une forte identité visuelle à son héros et un événement inattendu au milieu du film qui inspirera 30 ans plus tard Robert Rodriguez pour l’élément central d’El  Mariachi. Tout ça grâce à une idée tirée d’une BD, idée qu’il voulait à tout prix mettre sans savoir ce qu’il allait en faire.

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Sinon, le style Corbucci, c’est aussi l’exagération de la violence, moins stylisée que celle de Leone mais beaucoup plus crue, un rythme beaucoup plus direct, percutant mais moins profond que celui de son ami.

Pour autant Django est une petite perle du western italien car il dévoile l’autre facette de ce genre.

Si Leone a crée le grand western épique, la grande fresque de l’ouest sauvage avec « Pour une poignée de dollars », Corbucci avec « Django » en a fait son pendant « série B » (le terme est un peu abusé), avec plus de morts, plus de violence,… quelque de chose de plus direct, de plus immédiat et de plus simple (et aussi réalisable avec moins d’argent) qui sera par la suite copié des milliers de fois.

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La naissance du western brut et frontal en quelque sorte.

 Un chef d’œuvre bourré de défauts inhérents à son budget et à son but mais tellement attachant.

Excellent!!!
Excellent!!!

« Django » de Sergio Corbucci. Avec : Franco Nero, Jose Bodalo, Loredana Nusciak. Durée : 01 H 34.

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5 commentaires

  1. Ouais Django ça déchire grave!!!
    Par moment (mais seulement par moment) je trouve que visuellement ça ce rapproche aussi de Peckinpah, le côté peu glamour, crade/boueux…..vraiment un très bon western

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    • Mouais pour Peckinpah je suis pluôt mitigé. Si l’atmosphère visuelle comme tu dis est assez proche dans Django (le côté crade/boueux), l’atmosphère et l’esprit du film sont quand même très éloignés

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      • Oui surtout pour l’ ambiance visuelle, mais bon je vais pas dire non plus que c’ est très flagrant, mais j’ y ai pensé quand j’ ai vu ce film, mais ça fais longtemps, faut que je le remate……

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  2. Excellent western qui pourtant porte déjà la marque de sa propre décrépitude.

    A vouloir faire plus, plus impressionnant, plus fou (le secret du cercueil quoi), le western italien a fini par s’auto parodier.

    Mais ça reste tellement mieux que le western américain (à l’exception de Peckinpah même si le rythme est différent) que je lui pardonne tout.

    Et Franco Nero est un dieu, tout autant que Gian maria Volonte et Tomas Milian.

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    • Effectivement avec Django, la trilogie du dollar, les 2 Ringo, Le grand Silence, le cinéma italien a atteint des sommets de folie tant visuelle que narrative et après cet orgasme cinématographique, nombre de réalisateurs de ce genre sont partis dans la surenchère, souvent pour le pire.

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