Animal Kingdom (2011) de David Michôd par Bruce Kraft

Banlieue de Melbourne,  la famille Cody, vouée corps et âmes au crime, accueille un neveu éloigné: Joshua, dont la mère vient de mourir. L’adolescent va découvrir une famille aussi accueillante qu’inquiétante et devoir faire la choix suivant: être avec eux ou contre eux.

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AUSTRALIAN RULES.

Après avoir présenté son premier film au Festival de Sundance 2010 et y avoir gagné le grand prix, voilà que David Michôd et son film « Animal kingdom » arrivent en France. Une sortie risquée dans notre beau pays où le polar, et surtout quand il vient d’Australie et qu’il n’y a pas de star au générique, n’est pas très vendeur et pourtant… »Animal Kingdom » est un véritable petit bijou du polar.

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Oubliez les polars américains où les stars pullulent, oubliez les polars asiatiques et leurs flingues car ici nous sommes dans la réalité. La réalité d’une Australie dans les années 80 où les criminels échappent encore aux menottes des  flics mais pas forcément à leurs balles « perdues » sous le regard bienveillant des autorités supérieures. C’est aussi la fin d’une époque où, chez les criminels, on discerne encore les braqueurs, et leurs principes, des dealers et leur argent « sale ».

C’est dans ce contexte que Michôd va faire évoluer la famille Cody. Une famille de braqueurs constituée de quatre frangins aux personnalités aussi différentes que malsaines et instables sous la coupelle de leur mère (Jacky Weaver) aussi bienveillante que perverse au delà d’une apparence naïve. Au milieu Joshua (première apparition de James Frecheville), un ado introverti et balancé au milieu d’une famille qui joue au chat et à la souris avec des flics aussi tenaces qu’une colonie de morpions sur un clébard.

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Michôd s’attarde sur chacun des personnages avec le soucis de nous immerger encore plus dans le quotidien de cette famille aux mœurs particulières et au train de vie rythmé par les braquages. Joshua, lui, est une terre vierge où les graines de la criminalité n’arrivent pas complètement à prendre (il reste longtemps un simple spectateur) et ce n’est pas la mort d’un des frères, flingué par un flic, qui va arranger les choses puisque va arriver dans sa vie un flic « bien » (un Guy Pearce ressemblant étrangement au commissaire Gordon de Batman) ayant la volonté de changer le jeune homme qu’il croit bon. Toute l’intrigue du film est là: choisir le bien ou le mal. Choisir de se faire manger ou de manger l’autre.

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« Animal Kingdom » est un film oubliant l’action débridée et la violence stylisée pour se concentrer sur l’intensité des émotions des personnages. Michôd impose alors un rythme lent mais pervers puisqu’il fait monter la tension tout au long du film en retenant magistralement l’explosion de colère qui habite chacun de ses personnages et ne leur donnant que rarement l’occasion d’extérioriser cette violence (méthode bien mieux exploité que celle de Cronenberg dans « A history of violence »). D’ailleurs la caméra n’hésite pas à s’éloigner ou à filmer hors champs chaque scène de meurtre dans une atmosphère troublante de douceur. Une manière de filmer assez paradoxale pour rendre spectaculaire un acte mortel…et le pire c’est que ça marche.

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Attendre 9 ans pour réaliser un film peut donner l’occasion pour un réalisateur de bien réfléchir chaque plan, chaque séquence. C’est de cette manière que l’on arrive à un résultat, ici, visuellement proche d’un « Virgin Suicides » avec une volonté de rendre l’image belle, intense et ,histoire de renforcer l’impact émotionnelle, le choix d’une B.O. plutôt rock mais discrète coulait de source.

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Nous voici donc en présence d’un film vrai qui ne rend à aucun moment l’histoire de Joshua plus spectaculaire qu’elle n’est et qui demande au spectateur du temps pour pouvoir apprécier la qualité du scénar’. C’est arrivé au deux tiers du film que Michôd met tout le monde  d’accord avec ce mélange judicieux des genres oscillant entre le drame familial, le polar et le film de vengeance et démontre ainsi qu’il est un réalisateur sur lequel il va falloir garder un oeil. A voir.

Bon film
Bon film

« Animal kingdom » de David Michôd. Distribué par ARP Distribution. Avec Guy Pearce, James Frecheville, Jacki Weaver. Durée:1h51.

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