Gloria de John Cassavetes (1980) par Marc Shift

SEULE CONTRE TOUS.

Une ancienne call-girl, Gloria, prend sous sa protection et à contre-cœur un jeune garçon dont toute la famille vient d’être sauvagement assassinée par la mafia.

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John Cassavetes fait partie de ces cinéastes qui ont marqué l’histoire du cinéma, et dont les œuvres ont apporté un souffle nouveau. C’est avec ce film que pour ma part je découvre ce cinéaste.

Pour bien situer ce film, ce n’est pas vraiment l’œuvre emblématique de Cassavetes, mais plutôt un accident de parcours. Cassavetes est à l’origine du cinéma «spontanéité » où l’acteur est roi, et où l’expression corporel est aussi importante qu’une ligne de dialogue. La technique importe peu, l’histoire évolue au fil du tournage qui est fait d’émulations entre l’équipe technique, les acteurs, et le réalisateur.

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Et pour arriver à cet idéal de cinéma Cassavetes, peu enclin à avoir les contraintes d’un studio sur ses épaules, dans la mesure du possible auto financera ses films.

« Gloria » fait suite a deux échecs commerciaux, et c’est sur commande qu’il livre le scénario à un studio qui le sollicitera pour la réalisation d’une oeuvre déjà entièrement planifiée, ce qui rompt avec ses habitudes. Autre rupture, ses films sont généralement des peintures intimistes de la classe moyenne américaine, des tranches vies mais « Gloria », de par son milieu mafieux et cette fuite en avant d’une femme protégeant un enfant, possède un suspense indéniable et surtout une conclusion classique.

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L’une des autres particularités de Cassavetes est de faire intervenir des gens qui lui sont proches, ici Gena Rowlands sa femme dans le rôle titre, et sans doute une partie de l’équipe technique et aussi des amateurs (au grand damne du syndicat des acteurs).

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Pour sa prestation, Gena Rowlands, fut même nominée aux Oscars (meilleure actrice), non pas que je voue un culte à cette institution (loin de là) mais des fois ils ont raison. Si le film n’a pas été écrit pour elle (ni destiné à son mari) sa performance est réellement impressionnante donnant au personnage de Gloria une force et une détermination mêlées aux sentiments de doutes et de peurs comme on en voit assez peu au cinéma. Elle ne joue pas Gloria, elle est Gloria. Formule souvent galvaudée, mais qui ici prend tout son sens. Il est possible que Cassavetes ai basé l’écriture de son personnage en y projetant l’image de sa femme (qui est aussi sa muse), prouvant par ailleurs son talent d’écriture (qui à cette époque n’est plus à prouver….) mais cela n’enlève en rien la qualité de l’interprétation que livre Gena Rowlands.

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Le film repose sur elle, mais aussi dans cette relation, où se mêle le rejet et fidélité à une promesse faite à une morte en sursis, qu’elle noue avec cet enfant (lui « récompensé » par un razzie, et franchement là je ne comprend pas, il est juste dans la tonalité qu’on lui demande : exécrable, irrévérencieux, désobéissant, bref un gosse) sur la tête du quel repose un contrat « pour l’exemple ». Il est le seul survivant de l’assassinat de sa famille dont le père, comptable pour la mafia, était entrée en contact avec le FBI. La mère de ce dernier, amie de Gloria, lui confiera la vie de son gamin.

Et Gloria, femme qui a un peu tout vu, fera tout pour tenir cette promesse, quitte à mettre sa vie en péril. Le film reste très ancré dans son époque, avec ce grain de pellicule si particulier donnant un charme indéniable à ce film, charme largement conforté par la maitrise technique de Cassavetes (spontanéité ne veut pas dire n’importe comment….), haletant et incontournable….

excellent, brillant
excellent, brillant

Gloria de John Cassavetes (1980, USA)

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3 commentaires

  1. tiens, ça fait plaisir de trouver du cassavetes par ici… même si c’est pour évoquer son film le plus « populaire » (mode « cinéphile élitiste » on… 😉

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    • Abusééééé!!! Tu l’as chroniqué aussi!!Mdr!!Imposteur!!L’élitiste bidon car en plus le deuxième film de lui que tu as chroniqué est opening night qui est aussi un « gros » film!! Mdr!!!

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