Filatures de Yau Nai-Hoi (2007) par Tootsif

LA TENSION LUI FILE ENTRE LES DOIGTS

Une branche secrète de la police de Hong Kong mène des filatures sophistiquées. Le Capitaine Huang engage Piggy, une débutante au visage ingénu, donc, insoupçonnable. Ensemble, ils vont tenter de remonter jusqu’au  » cerveau  » d’un casse. Mais le cerveau devine le danger et disparait. Piggy est assignée à une nouvelle affaire. Alors qu’elle est en pleine filature, sa route croise celle du cerveau..

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N’est pas Johnnie To qui veut !

Voilà ce que j’ai pensé à l’issue du visionnage de Filatures, premier film de Yau Nai-Hoi, le protégé du grand Johnnie (pour lequel il a écrit les scénar d’Election, Sparrow).

En fait, la situation du polar hongkongais ressemble étrangement à la situation des studios Ghibli au Japon. Une petite explication s’impose.

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Ghibli c’est Miyazaki, c’est pas plus compliqué que ça (bon ok y a aussi Takahata mais dans l’imaginaire populaire Ghibli c’est surtout Totoro et cie donc Miyazaki, d’ailleurs le logo du studio est Totoro création du Monsieur). Le souci c’est que le pépère a décidé de se retirer petit à petit de la réalisation de films donc le studio cherche son successeur.

Le fiston s’y est collé, un gentil petit tâcheron du studio aussi mais si ça a la couleur du style Miyazaki, son odeur et tout plein de points communs, ben c’est quand même pas du Miyazaki. Le pire c’est que même lorsque Miyazaki nous sort un film « moyen » (par rapport à ses illustres aînés j’entends), ça reste largement au dessus des films du fiston et du tâcheron !

Et pendant ce temps là Ghibli capitalise sur les recettes qui ont fait son succès en espérant l’éventuel Messie qui apportera un souffle nouveau au studio.

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Et bien la situation du polar hongkongais est quasiment la même !

Alors qu’il éclaboussait de son talent et de son inventivité le cinéma du début des années 90, le polar H-K a lentement sombré.

Et Johnnie To est arrivé pour le remettre en haut de l’affiche et par son talent et sa boulimie (25 films depuis 1999) il est devenu la figure de proue du genre sur l’île lui redonnant une envergure internationale.

Au point d’éclipser tous les réalisateurs de Hong-Kong s’attaquant au genre.

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Et tout comme Miyazaki a fondé son studio pour s’entourer d’une garde rapprochée, To a fait de même et lance tour à tour ses jeunes poulains dans le grand bain.

Et tout comme pour Miyazaki, c’est pour l’instant franchement pas un succès !


Pourtant, de prime abord, Yau Nai-Hoi a parfaitement intégré le petit To illustré puisque tous les ingrédients chers à ce dernier sont présents dans Filatures.

On retrouve ainsi les thèmes et plans chers à Johnnie To (que ces contradicteurs qualifieront de clichés) avec pêle-mêle : la présence du fameux mentor (ici « le chien », chef de la brigade des filatures qui va prendre sous son aile la jeune Piggy), les gunfights bien sentis à travers une jolie scène sur un highway, les moments improbables (un barbecue entre braqueurs qui soudainement tourne au règlement de comptes, règlement de comptes qui est, tout aussi soudainement, interrompu par la vision d’une jeune salary-girl se déshabillant à sa fenêtre), ses personnages qui se croisent sans encore connaître les liens qui vont les unir, ses jeux du chat et de la souris entre 2 protagonistes, ses têtes connues (Simon Yam, Tony Leung, Lam Suet, les acteurs fétiches de To sont au rendez-vous)……

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Bref, tout y est mais la mayonnaise ne prend pas !

Le scénario manque clairement d’ampleur et de tension et comme Yau Nai-Hoi est loin d’avoir la maestria visuelle de son illustre mentor, sa mise en scène plutôt empruntée ne fait que mettre en exergue le manque de rythme de l’histoire.

Ainsi les filatures qui auraient pu ressembler à des parties d’échec sous haute tension sont d’une extrême platitude et l’on ne ressent jamais la peur du poursuivant de voir sa couverture grillée, ce qui pour un polar basé sur ça est plutôt ballot.

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Et comme; le casting fait le strict minimum niveau implication (Simon Yam est à milles lieux de ses performances de P.T.U ou Election, Lam Suet fait du Lam Suet facile, c’est à dire qu’il passe son temps à bouffer) et que l’actrice principale est d’une fadeur incommensurable (comme dit « le chien » c’est parfait avec son regard ahuri elle passera inaperçue, ce qui effectivement est le cas même quand elle doit délivrer des émotions), on regarde le film d’un œil distrait en se disant que si To avait pris le projet en main au lieu de le refourguer à un de ses assistants,c’eut été quand même vachement vieux.

Non, décidément, n’est pas Johnnie To qui veut !

Sans plus...
Sans plus…


« Filatures » de Yau Nai-Hoi (2007). Avec : Simon Yam, Tony Leung, Lam Suet, Kate Tsui. Distribué par ARP Selection. Durée : 01 H 30.

Filatures – Vost FR par _Caprice_

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