Sleepy Hollow : la légende du cavalier sans tête de Tim Burton (1999) par Tootsif

ET LA TETE ! ET LA TETE ! ALOUETTE

En 1799, dans une bourgade de La Nouvelle-Angleterre, plusieurs cadavres sont successivement retrouves décapitées. Les têtes ont disparu. Terrifies, les habitants sont persuades que ces meurtres sont commis par un étrange et furieux cavalier, dont la rumeur prétend qu’il est lui-même sans tête. Les autorités new-yorkaises envoient alors leur plus fin limier pour éclaircir ce mystère. Ichabod Crane ne croit ni aux légendes, ni aux vengeances post-mortem. Mais, a peine arrive, il succombe au charme étrange et vénéneux de la belle Katrina Van Tassel.

Sleepy Hollow est une étape importante de la carrière de Tim Burton (et de son inséparable compère Johnny Depp) puisque le film marque son retour en grâce après les fours commerciaux de Mars Attacks et Ed Wood (c’est con c’est ses meilleurs ! Public de merde !) où le père Burton avait eu l’affront de s’éloigner de son public de prédilection (ben ouais les petits extraterrestres ça plait pas au petites lolita-goth tout comme le noir et blanc bien trop typé intello pour elles).

Oui car Sleepy Hollow va nous montrer toute l’étendue de son talent mais, hélas, aussi toute ses limites !

Sleepy Hollow c’est pour moi le chant du cygne d’un réalisateur qui va depuis s’enfermer dans un style qu’il maitrise parfaitement (et c’est pas son foireux Planète des Singes qui va le motiver à aller voir ailleurs), laissant ainsi derrière lui toutes prises de risque (celles qui l’avaient amené à réaliser les immenses Mars Attacks et Ed Wood) pour décliner à l’excès la même formule : un univers gothique gentillet où un Johnny Depp fait des siennes.

Alors cette formule existait depuis le début de l’œuvre de Tim Burton (Bettlejuice, Edward aux mains d’argent, les Batman) mais Sleepy Hollow va cristalliser ses goûts et références.

Bon je donne l’impression de ne pas aimer le film et tout le tintouin mais j’aime Sleepy Hollow même si les prémices des futurs Burton bien fades (à part Big Fish mais là aussi il s’inscrit moins dans la mouvance gothico-gentille de ses autres films) commencent à poindre.

Ce qui frappe d’abord avec Sleepy Hollow, c’est la beauté de ses images. Comme toujours me direz-vous quand on est en présence de Tim Burton dont le style passe par la création d’un univers visuel léché où transparaissent toutes ces influences. Ici Burton se fait une joie de revisiter l’univers des films de la Hammer (dont on connait sa passion depuis ces premiers films et dont il a déclaré ouvertement sa flamme avec Ed Wood) tant dans le fond que dans la forme.

Dans la forme ça donne de sombres forêts aux arbres tortueux le tout baigné dans un brouillard où semblent aussi plongées les pensées d’Ichabod Crane, inspecteur aux méthodes rationnelles qui voit toutes ses convictions soumises à rude épreuve.

Burton par les décors qu’il nous propose, par sa mise en scène flatte notre imagination pour transformer le siècle de la raison (nous sommes en pleine révolution industrielle, les sciences progressent à vitesse grand V) en période de l’imaginaire où l’incroyable devient possible.

De cet univers « hammerien », le personnage d’Ichabod Crane semble lui aussi être tiré avec son teint blafard et ses mimiques qui rappelle les personnages des films muets en noir et blanc. La prestation de Johnny Depp, antihéros tiraillé entre ce qui semble être ses convictions profondes et ce qu’il voit de ses propres yeux (« C’était un cavalier sans tête ! » dit il aux notables qui l’on fait venir. « Bien sûr on vous l’avait dit » répondent ces deniers. « Oui mais je l’ai vu ! Il n’avait pas de tête » rétorque t’il), bringuebalé par des évènements qu’il pense maîtriser mais qui le dépassent et des nerfs susceptibles de lâcher à tout moment.

Dans le fond aussi on se rapproche d’une vision « burtonnienne » des films de la Hammer à travers cette enquête dans une petite bourgade où son apparence paisible et puritaine est bien trompeuse et cache de noirs complots.

Cependant tout aussi plaisantes que soient les tribulations d’Ichabod et emballantes ces confrontations avec le cavalier sans tête, Sleepy Hollow laisse planer la désagréable impression que Tim Burton s’est contenté de privilégier la forme (la beauté visuelle de son métrage et le jeu tout en maniérisme de Johnny Depp) sur le fond avec une intrigue dont les motivations tarabiscotées nous laissent de marbre et surtout qui plombe le final, avec un lever de secret à coup de résumé explicatif bien lourd et bien trop paresseux

Et comme ce manque de finition de l’intrigue transparait à d’autres moments (personnages secondaires certes visuellement charismatiques mais bien trop peu développés, volonté d’approfondissement du personnage de Johnny Depp à coups de flashback lourdingues) la fulgurance du style Burtonnien apparaît comme un cache-misère, laissant ainsi l’impression que le film et son sujet sont bien loin d’avoir révélés tout leur potentiel.

Et les futures productions burtonniennes à coup d’images folles et de Johnny Depp en roue libre ne feront que renforcer cette désagréable impression.

Mais comme ça plait au public, pourquoi changer une formule qui gagne ?

Un film moyen

« Sleepy Hollow : la légende du cavalier sans tête » de Tim Burton (1999). Avec Johnny Depp, Christina Ricci, Christopher Walken, Christopher Lee, Casper Van Dien. Distribué par Pathé Distribution. Durée : 01 H 45.

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