Fast and furious 5 (2011) de Justin Lin par Flow

« La fuite, ce n’est pas la liberté ». Non, vaut mieux tout casser.

Voilà une saga représentative du cinéma hollywoodien mainstream des années 2000. Grosses bagnoles tunées, gros machos au cœur tendre, belles plantes bien carrossées aussi utiles qu’un pot de fleur et action pétaradante. La recette est bien huilée autant qu’elle soit harassante de stupidité. Étendard d’une vision du monde caricaturale et américano-centré, ce cinéma là ne sert à rien et le revendique. Bienvenue dans le monde contemporain. Manque plus que la 3D.

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Dom (Vin Diesel) est arrêté à la fin du 4ème opus et condamné à la prison à perpétuité. Mais ses compagnons ne peuvent le laisser dans cette situation et l’aident à s’échapper. Direction Rio, gangréné par la pègre et la corruption. Bientôt, ils se retrouvent embarqués dans une guerre contre le parrain local tout en étant poursuivi par un flic de choc (The Rock). Et tout finit par exploser.

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Le précédent épisode était extrêmement mauvais. Lent, long et chiant. Prétendument intimiste et psychologique il faisait la part belle à l’inaction. Beau paradoxe pour un film dont le seul argument est l’action décomplexée. Le cinquième opus qui nous occupe ici réussit sa mission de corriger cette erreur. Scènes d’action toutes les vingt minutes. Calibré à la seconde pour satisfaire les aficionados du grand chauve à la mono expression faciale et tous les amateurs du cinéma «no brain». Enchaînement de courtes «missions» à la GTA par là (repérage, vol de voitures de polices…), cambriolage minuté faisant intervenir une équipe variée et cabotine à la Ocean Eleven, situations de plus en plus cartoonesques et improbables (tirer un coffre-fort avec deux voitures de courses, il fallait y penser), tout y est.

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Objet pop qui a bien ingurgité et recyclé tout ce qui a été fait avant, au cinéma ou ailleurs. Le mot d’ordre est surenchère. Dans l’action improbable donc, mais aussi dans le casting surchargé de personnages inutiles (l’unité de The Rock, la moitié de celle de Diesel) et dans la psychologie de comptoir écrite au marteau-piqueur (voire le parallèle entre les vies de Diesel le philosophe biblique et de la femme flic). Bref, avancez jusqu’au combat à mains nus entre les deux gros bras du casting, dont les personnages on une épaisseur inversement proportionnelle à leur masse musculaire, et vous aurez saisi l’esprit du film.

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Pourtant, il y a une certaine jubilation à observer béatement le réalisateur casser tous ses jouets pendant que les acteurs cabotinent à fond alors que tout le monde est conscient de la vanité et nullité de l’exercice. Une sorte de plaisir pervers devant tant de bêtise gratuite. On ne s’ennuie pas.

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Mais ça n’excuse pas tout. Les femmes sont présentés comme des objets sexuels ou au mieux des «objets» à protéger et à rendre heureux. Le film pue la testostérone à tel point qu’il en devient inquiétant (la longue et hallucinante comparaison entre un coffre fort et une femme). Vrai machisme ou application d’un cahier des charges? Pire, le regard caricatural et dégradant porté sur le Brésil est carrément honteux. Sorte de Far West où les flics sont tous des ripoux, il ne peut être libéré que par des américains au grand cœur, piquant leur fric au passage. Ça ne vous rappelle rien? Moi si hélas.

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Ce Fast and Furious explosif et décomplexé pourrait être pris comme tel s’il n’arborait pas ses sous-textes nauséabonds. Mais bon, vu son succès, tout le monde s’en cogne apparemment. Et tant que ça rapporte, pourquoi s’arrêter? La scène post-générique annonce un sixième opus encore plus énormeeeee. Gros soupir.

Vraiment très mauvais
Vraiment très mauvais

« Fast and Furious » (2011) de Justin Lin. Distribué par Universal Pictures International France. Avec Vin Diesel, The Rock, Paul Walker. Durée: 2h10.

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