Interview: Sylvia Guillet (Réalisatrice et scénariste)

Salut à tous et à toutes. C’est une réalisatrice couronnée par deux fois au Bloody Week-End Festival 2011 que nous accueillons aujourd’hui sur notre blog et je dois dire qu’une femme sur La Pellicule Brûle est un événement presque miraculeux et heureusement que j’avais enfermé le reste de l’équipe dans la cave sinon je ne vous raconte pas les problèmes qu’il y aurait eu. Son court-métrage Le Vivier a tout simplement décroché le Prix du Public et le Prix du Meilleur Scénario pour cette histoire de femme s’enfermant dans sa demeure avec son mari paralysé, et muet, à cause d’une maladie qui  malheureusement évolue encore. Un drame intimiste bien réalisé par une réalisatrice et scénariste vraiment inspirée et qui, vous le verrez au fil de l’interview, s’est bien lâchée pour parler de sa passion: raconter des histoires….

Bonjour Sylvia et encore toutes mes félicitations pour ces prix remportés au Bloody Week-End Festival. Et du coup j’ai envie de demander: alors!? ça fait quoi d’apprendre qu’on a gagné deux prix?

Bonjour et merci beaucoup (rires). Déjà c’était une très grande surprise car je ne m’y attendais pas du tout car je suis habituée à ce que mes courts-métrages soient souvent sélectionnés mais je ne gagne jamais même si le public accueille souvent bien mes réalisations donc pour moi le prix du public c’était très important et bien sûr le prix du meilleur scénario aussi puisque je l’ai quand même écrit.

Vous pensez que ça vous amener quelque chose en plus? Des ouvertures sur d’autres festivals ou d’autres opportunités?

Et bien j’espère car c’est quand même mon 4ème court-métrage et comme je suis souvent sélectionnée avec mes courts mais que je ne gagne jamais je ne sais pas si les « prix appellent les prix » en tout cas je sais que quand on en a pas ça n’appelle rien (rires).

Le problème vient peut-être de l’originalité de vos courts (souvent des histoires très réalistes avec une pointe de fantastique) et de la difficulté à les caser dans tel ou tel festival car le public ne s’attend peut-être pas à ça surtout avec Le Vivier…

C’est vrai qu’en étant proposé à un festival d’horreur le public s’attend à voir du sang et finalement le mien est « simplement » fantastique et comme mon histoire est plutôt réaliste et intimiste à la base ça peut étonner….

Bien que je trouve que l’histoire se termine d’une manière assez macabre et étonnement drôle. Mais comment se retrouve t-on à écrire une histoire aussi originale?

Et bien c’est une histoire qui reprend des éléments de mon passé et qui montre un peu mon rapport avec la maladie…(on sent un peu d’émotion)

Bon, sur un autre registre je voulais savoir ce qui vous avez amené à la réalisation de courts métrages?

Et bien en fait j’ai commencé par écrire mes histoires (des nouvelles) mais je n’arrivais jamais à les finir et c’est un producteur, Olivier Bourbeillon, que j’ai rencontré qui m’a dit de peut-être les écrire sous une autre forme: le scénario. Et ça a marché et c’est ce producteur qui a produit tout mes courts depuis. Bon, c’est sûr que ça ne s’est pas fait tout de suite car il a fallu le convaincre et je me suis faite engager sur des tournages pour voir comment ça se passait et j’ai fait tout les petits boulots difficiles et pas forcément super intéressants.

Du coup ça a été long en fait?

Oui, ça m’a pris une dizaine d’années pour réaliser des films ou plutôt raconter mes histoires. La forme cinématographique et venue par la suite mais il a fallu faire beaucoup de sacrifices pour continuer à garder mon statut de réalisatrice en faisant des boulots par intermittence comme du prompteur par exemple.

Pénible alors d’être réalisatrice?

C’est dur mais attention je suis super heureuse car c’est une passion. Avant je faisais un « boulot de merde », de la prod’ pour la télévision où j’étais très bien payée mais malheureuse. Là je n’ai jamais été aussi pauvre mais jamais aussi heureuse (rires).

(Avec ce moment d’émotion il était temps que je propose à Sylvia le tutoiement car elle-même trouvait ça « bizarre » qu’on se vouvoie! C’est ça aussi d’être un garçon poli et bien éduqué! Merci Maman!)

Le fait d’être maman d’une petite fille rend ta tâche plus délicate encore?

Ouai mais le fait que j’écrive énormément maintenant je partage mon temps entre les couches et l’écriture à la maison. Actuellement, en plus, j’ai été prise dans une résidence d’écriture pour un long métrage (pour en savoir plus sur ces résidences je vous conseille d’aller ) alors j’ai des impératifs de gestion de mon boulot et puis des sessions obligatoires où je n’ai pas forcément le temps d’aller à cause de ma petite. Mais t’inquiètes pas ça se gère puisque je fais appel à ma famille pour la garder de temps à autres.

Du coup j’ai envie de te poser la pure question de mec: n’est-ce pas plus difficile pour une femme de faire ce métier et de s’imposer dans ce monde du cinéma très macho où on parle souvent des hommes mais pas beaucoup des femmes?

L’impression que j’ai en fait, c’est qu’il y a de plus en plus de femmes dans les festivals qui réalisent de plus en plus et de mieux en mieux. En réalité il y a beaucoup de réals, hommes, qui font confiance aux femmes parce que, tu vois, une fille ça garde une image un peu clichée de la fille studieuse et qui a une bonne éducation (rires) ce qui fait qu’ils savent qu’on ne les lâchera jamais au niveau  du boulot. Finalement, ça les rassure vachement.

C’est vrai qu’en plus après avoir été me renseigner (admirez un vrai professionnel qui s’informe avant de questionner les gens!! hum! hum!!) sur la boîte de prod’ Paris-Brest qui s’occupe de toi j’ai vu, avec étonnement, qu’il n’y avait presque que des femmes réalisatrices dans leur registre alors que c’est un homme qui dirige?

C’est la particularité de mon producteur, qui a monté cette boîte de production pour faire ses films et des documentaires au départ (il fait un boulot monstre pour que Paris-Brest Productions marche d’ailleurs avec des aller/retours en permanence entre Brest et Paris car le financement régional ne suffit pas forcément), qui a fait ce choix et je pense que c’est dû à sa personnalité et à son envie de faire confiance aux femmes. En tout cas, je trouve que le cinéma en général se féminise beaucoup…

Je trouve, et dis moi si je me trompe, que les femmes cherchent à se faire une place en instaurant de nouvelles façons de filmer et apporter une sensibilité que le gros des troupes de jeunes réalisateurs masculins n’arrivent pas à livrer…

Je suis assez d’accord avec toi et des filles comme Claire Burger qui a réalisé « C’est gratuit pour les filles » ou Céline Sciamma, qui a réalisé « Tomboy », font partie de ces réalisatrices qui commencent à se démarquer.

Parlons maintenant de ton actu. Tu en es où de ton projet « Le Cramoisi » qui sera un long-métrage?

Baaahh!!! (rires) pour le moment je n’y crois plus trop mais comme je dois rendre des comptes à cette résidence pour le 20 Août (ndlr: l’interview a été réalisée début Août) va falloir que je fasse quelque chose mais c’est bien finalement d’être sous la contrainte (rires)!! En plus je suis sur un autre projet de long-métrage et fantastique cette fois-ci sur lequel j’écris. Pour 2012 je devrais tourner un moyen « From Boston » et puis après j’ai des projets soit en cours d’écriture ou juste à l’état d’idées.

 

Comme il est de coutume sur La Pellicule Brûle c’est l’interviewé qui a le dernier mot alors si tu as un coup de gueule à faire, des remerciements à donner ou quelque chose qui te passe par la tête….vas-y!!

Carte de blanche? Ouai? alors j’ai simplement envie de remercier Loïc (Bugnon, qui organise le Bloody Week-End Festival) et surtout le public pour mes prix.

Bonus d’interview ( En dehors de l’interview): Je veux pas balancer mais certains chroniqueurs de La Pellicule Brûle n’ont pas voté pour toi au Bloody Week-End (je sais c’est salaud mais bon…) mais avouons que « Le miroir » était aussi vachement bien foutu…

Et ouai, c’est sûr que Sébastien Rossignol a beaucoup de talent et puis disons que question budget Le Miroir est déjà à un niveau supérieur pour un court-métrage….quand tu vois que pour le tournage ils avaient même une grue!! (rires).

Ouai, c’est énorme…(rires).

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5 commentaires

  1. J’ aurais tout entendu, Bruce bien élevé °-o !!!!
    Et t’ as jamais entendu parlé du « secret de l’ isoloir »……bon d’ accord y en avait pas, mais c’ est pas une raison 😉
    Bravo à elle pour son boulot, ses prix, et bonne chance pour la suite….

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    • Oui je suis bien élevé!! La preuve: Je t’emmerde….s’il te plait!!

      Je lui souhaite aussi bonne continuation dans sa passion et je lui souhaite aussi beaucoup de courage!!! Et encore merci à elle pour sa gentillesse et sa disponibilité!!

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  2. Putain y en a un que j’aurais pas aimé connaître en 40 !!!!!!

    Oui j’ai pas voté pour son film (car si mes souvenirs sont bons le Miroir était en compet dans le même groupe de courts et dans la vie il faut faire des choix) mais tu te souviendras que j’en avais dis du bien et puis d’abord je fais ce que je veux.

    EN tous cas à travers son court il y avait un vrai univers, au niveau du visuel, du rythme, de la narration qui était très agréable. En espérant qu’elle puisse réaliser un jour un long.

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    • En 40 j’avais un costume tout noir que ma maman m’avait offert et y avait une tête de mort sur le col avec des beaux pin’s avec des jolies croix dessus….mais en 45 ma maman a tout jeté…j’ai jamais compris!!

      En tout cas même si tu n’avais pas voté pour elle tu viens aisément de te rattraper…..

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