La route de Cormac McCarthy (2006) par Bruce Kraft

ON THE ROAD AGAIN…

L’apocalypse a eu lieu, on ne sait pas pourquoi…Famine, violence et conditions climatiques épouvantables sont les seuls vestiges d’un monde en cendres. A travers ce cauchemar, un père et son fils sillonnent la route vers le Sud pour y trouver…pour y trouver quoi en fait?

C’est le premier roman de l’américain que je lis et j’avoue avoir voulu poser le livre au bout de deux pages seulement…pourquoi? L’emploi à outrance du « et » dans une seule phrase!! My god!! Trois fois dans une phrase y a rien de plus rebutant et pourtant…j’ai continué parce que ,merde, je voulais le lire avant de voir le film (l’inverse me semble plutôt moyen!!).

Bon, et le livre mince (après merde c’est quand même mieux!!)? Et bien force est d’avouer que McCarthy nous offre là un livre complètement immersif à l’ambiance apocalyptique extraordinaire et réaliste au possible.

« Des nuits obscures au-delà de l’obscur et les jours chaque jour plus gris que celui d’avant. Comme l’assaut d’un glaucome froid assombrissant le monde sous sa taie. »

McCarthy détaille minutieusement ce qui était jadis notre monde, à travers les yeux de nos deux rescapés, pour en faire une terre stérile de tout espoir que ce soit au niveau de la nature autant qu’au niveau des hommes. Des descriptions qui peuvent rebuter un peu mais avouons le, l’écriture de McCarthy permet au lecteur de ne pas s’endormir dessus.

La nature, ici, reprend donc ses droits par le biais d’un climat jouant un rôle essentiel puisqu’elle met l’endurance physique du duo à rude épreuve, la nuit s’ajoutant en clou s’enfonçant un peu plus dans leur calvaire et qui, pour se protéger du climat, se trimballent avec vieilles couvertures, bâches…. Quand apparaissent alors des « êtres humains », si on peut encore appeler ça des humains, chaque rencontre avec eux est une preuve concrète de la nature malsaine (qui a dit naturelle?) de l’homme quand tout est perdu: cannibalisme, vol, viol et violence.

McCarthy dépeint alors des situations horribles jusqu’en poussant le vice en offrant au lecteur un improbable et terrifiant méchoui avec…Ah ah!! Mystère…Bon, je ne vous parle pas non plus du nombre de cadavres qui sont présents dans l’histoire je vous laisse les découvrir au fil de la lecture.

« Une peau de sanglier clouée à la porte d’une grange. Minable. Un petit bout de queue. A l’intérieur de la grange trois corps pendus aux poutres, desséchés et poussiéreux parmi les vagues rais de lumière. »

McCarthy fait du père et du fils des êtres squelettiques mangeant le peu qu’ils trouvent (conserves périmées depuis des années!!) et fait du « manque » un élément essentiel du livre. D’ailleurs, leur attachement à leur caddie témoigne de l’importance que peut avoir chaque objet rare. A noter le peu de dialogue entre les deux rescapés, ça n’empêche pas le père de voir son fils comme un Dieu, mais certains restent longtemps en tête.

« Tu ferais quoi si je mourrais? -Si tu mourais je voudrais mourir aussi – Pour pouvoir être avec moi? – Oui. Pour pouvoir être avec toi. – D’accord. ».

Au final, « La route » reste un excellent livre, qui se lit vite, et qui nous berne grâce à son atmosphère unique et glauque alors qu’à bien y réfléchir (pas trop quand même!!) l’histoire n’est pas très développée et on reste plus dans le contemplatif que dans la réflexion. Un livre peut-être surestimé, selon certains, (Le prix Pullitzer!) mais qui mérite une certaine attention ne serait-ce que pour avoir osé mettre une histoire d’amour (fusionnelle?) entre un père et son fils au milieu d’un monde suintant la mort par tous les pores de la peau de ceux qui en foulent le sol. Un livre sombre et poignant qui vous fera presque perdre espoir en l’humanité.

Excellent, encore!!

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