Le bon, la brute, le cinglé de Kim Jee-Woon (2008) par Marc Shift

Un cinglé braque un train et s’empare par hasard d’une carte convoitée par une brute. Le bon, chasseur de prime, s’intéresse à la mise à prix de ces deux bandits. Malheureusement pour eux ils doivent composer avec….l’armée japonaise, des voyous chinois, et des gangsters coréens.

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Far-nuts

Le titre du film renvoie bien sur à l’immense Sergio Leone et à « Le bon, la brute et le truand ». Ce film se veut être un hommage au western spaghetti, avec une réalisation très typée asiatique (et donc très tonique) et un humour….coréen.

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Indigeste? Et bien pas du tout. C’est un film vraiment fou, mais avec une réelle cohérence. Une folie cohérente? Impossible? Pas pour Kim Jee-Woon qui montre là toute l’étendue de son savoir-faire.

Prenant comme base un univers très leonnien, il transpose le far-west en Asie (l’époque n’est pas très déterminée), avec l’inévitable train attaqué (Leone, comme beaucoup d’autres utilise souvent un train dans ses films, mais rarement pour une attaque), une course au trésor, la traversée du désert, faire voler un chapeau en tirant dessus, un duel à trois…..Ce film est donc un remake?

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Et bien pas du tout, c’est un réel hommage à tout un pan de cinéma, démarche proche d’un Tarantino. La comparaison s’arrête là, la structure de ce film étant classique (déroulement linéaire et chronologique), et ne donnant pas l’impression d’être une régurgitation d’influences diverses et variées.

En utilisant des personnages très typés, mais dont les motivations se dévoilent tout au long du film, un univers très marqué mais délocalisé (il est quand même très rare de voir un western localisé ailleurs qu’aux States, alors en Corée!!), et en y ajoutant son propre scénario et une impressionnante maitrise visuelle Kim Jee-Woon parvient à exploser les codes du genres.

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Tout commence classiquement, un homme d’affaire vend à un banquier une carte. Mais pour gagner sur les deux tableaux il engage un célèbre tueur à gage (la brute) pour la récupérer. La brute décide alors d’attaquer le train……..où se trouve le cinglé qui a décidé de détrousser quelques passagers et qui finira par mettre le premier la main sur la carte (sans connaître sa valeur). Oui classique, car le bon, chasseur de prime se trouve aussi sur place.

C’est visuellement que le film atteint les hautes sphères du cinéma, car quelle claque!!! La réalisation et à la fois nerveuse, lisible, et ample. S’y ajoute un soupçon d’humour à la coréenne (présent a tout au long du film sans que ce soit lourd), une touche de cabotinage de la part des acteurs, et une situation de plus en plus burlesque quand on s’aperçoit que toute la scène est observée par une troupe de brigands à cheval commentant l’attaque ne sachant pas trop si elle doit tirer profit de la situation ou non!

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La suite n’est pas qu’un simple chassé – croisé entre les trois principaux protagonistes, car la brute veut doubler son employeur qui du coup essaie de récupérer sa carte, carte qui intéresse l’armée japonaise et qui pourrait être un élément salvateur pour la Corée (occupée dans le cadre du film)…

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Alors oui, c’est un film vraiment burlesque, où l’action est débridée (je savais que vous l’attendiez celle là) et vraiment impressionnante (la scène de fusillade dans le repaire du cinglé, les multiples charges de cavalerie dans le final…). Les acteur s’en donnent aussi à cœur joie, Song Kang-Ho (Memories of murder, The host, Thirst….) en cinglé…..vraiment cinglé, Lee Byung-Hun (A bitersweet life, 3 extrêmes, J’ai rencontré le diable….) en brute froide et sans pitié mais plus complexe qu’il n’y paraît et Jung Woo-sung en bon énigmatique et peu causant.

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Film vraiment spectaculaire, où le rythme est rarement pris en défaut (sur plus de deux heures tout de même), drôle (pour peu qu’on accroche aux vannes sur la Corée), des acteurs volontiers cabotins (mais dans la tonalité du film), une vrai pépite à découvrir.

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un bon film

Le bon, la brute, le cinglé -« The gog, the bad, the weird »- (2008) de Kim Jee-Woon, distribué par ARP distribution, avec Song Kang-Ho, Lee Byung-Hun, Jung Woo-sung….durée 2h08

LE BON LA BRUTE LE CINGLÉ : BANDE ANNONCE VF par ARPSELECTION

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4 commentaires

  1. Je serais pas aussi enthousiaste que toi même si j’ai trouvé le film très sympa. En effet, le film traîne en longueur (l’effet de bonne surprise s’essoufle un peu) et le final n’arrange rien avec la loooooongue course poursuite dans le désert.

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  2. Moi j’ aime bien ce genre de folie, c’ est vrai qu’ il y a des longueurs, mais y a un tel bon esprit là dedans que c’ est bien passé pour moi.
    Mais le 6 c’ est pour la folie et le visuel, sinon plutôt 5 pour les problèmes de rythmes et des dialogues de temps en temps un peu foireux. Je suis fou, j’ ai donc tranché pour le 6 😉

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