Steamboy de Katsuhiro Otomo (2004) par Tootsif

UN P’TIT MANQUE DE PRESSION

En 1851, à l’époque de l’Angleterre victorienne, Ray, un gamin surdoué, réussit à maîtriser une nouvelle invention ultra puissante et dévastatrice et va l’utiliser pour lutter contre les forces du mal, sauver sa famille et Londres de la destruction.

 

            Steamboy, la nouvelle création de Katsuhiro Otomo, le père d’Akira.

            Là dit comme ça, ça donne envie n’est ce pas ? Mais le résultat final est il à la hauteur de l’attente provoquée ?

            Mais comme j’aime bien faire monter la pression, je ne vais pas répondre à cette question maintenant (ah je sens que là vous stressez n’est ce pas ? Que vous allez lire avec empressement les prochaines lignes pour connaître la réponse à cette question vitale ? Non, ok, je sais que vous allez lire en diagonale le texte pour connaître mon avis définitif, je vous connais bande de chacals).

 

            La première chose qui frappe dans Steamboy, c’est son univers. Otomo a opté pour un monde steampunk prenant place dans l’Angleterre et le résultat est tout simplement somptueux ! Les machines rétro-futuristes crées sont un trésor de design et d’inventivité, les décors de cette Angleterre victorienne sont magnifiques et les superlatifs me manquent pour décrire la beauté de l’exposition universelle et de la tour Steam.

            A ceci il faut ajouter la qualité de l’animation, l’explosivité des scènes d’action, bref d’un point de vue strictement visuel ça dépote sévère comme dirait mémé !

            Pourtant, bizarrement, malgré la claque visuelle (pour l’époque et même encore aujourd’hui), on n’est jamais totalement dedans.

            La faute à quoi ?

 

            En grande partie aux limites du scénario et au manque de charisme global des personnages.

            Le scénario reprend pourtant les obsessions de Otomo pour la course à la technologie et à l’armement et l’incapacité des hommes à en garder le contrôle, le désir de puissance de ces derniers les menant finalement à leur propre perte.

On retrouve donc là en substance le message déjà présent dans Akira. Cependant la puissance qu’il en émanait dans Akira ne trouve pas d’écho ici.

On ressent ici beaucoup moins le sentiment d’urgence, de désespoir qui émanait d’Akira. Steamboy se veut plus enfantin et c’est dommageable.

     

            Les personnages manquent de charisme (Ray le héros en est la parfaite illustration) voire sont carrément énervant (la gamine et son connard de clébard simplement horripilante et totalement inintéressante pour l’histoire), provoquant ainsi moins d’empathie de la part du spectateur à leurs aventures.

            Par ailleurs le film souffre de trop nombreuses baisses de rythme avec des passages beaucoup trop explicatifs faisant ainsi décrocher notre attention pendant de longues minutes.

 

            Au final le ramage de Steamboy n’est pas à la hauteur de son plumage, son background (univers steam-punk victorien sensationnel) n’étant pas assez mis en valeur par une histoire trop simpliste et affligée de quelques longueurs.

            Le film n’est pas mauvais pour autant mais reste un « simple » film d’animation, n’atteignant pas la portée intellectuelle, culturelle, politique d’Akira.

Un film moyen

« Steamboy »(japon) de Katsuhiro Otomo (2004). Avec les voix de : Kiyoshi Kodama, Manami Konishi, David S Lee. Distribué par : Gaumont Columbia Tristar Films. Durée : 02 H 06.

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