Les noces rebelles (2008) de Sam Mendes par Flow

Putain de suburbs.

Il nous avait déjà fait le coup avec American Beauty, les banlieues chics aux États-Unis c’est l’Enfer sur Terre. Dure la vie des petits américains… Je suis de mauvaise foi, il m’avait bien plu ce film. Nous servir à nouveau le même discours peut sembler farfelu. Pourtant, retrouver le couple phare de Titanic, douze ans après le naufrage a quelque chose d’excitant. Serait-ce bien le seul atout de ce long-métrage académique?

Frank et April Wheeler sont des jeunes mariés à part. Dans le contexte conformiste des années 50, ils ne souhaitent pas se retrouver prisonniers du mode de vie étriqué de la société américaine. Ils sont bien supérieurs aux autres pour succomber. Pourtant, lorsqu’ils emménagent sur Revolutionary Road c’est exactement ce qui va leur arriver…

Prisonniers d’une vie dont on ignore tout.

Le problème principal du film est l’ennui qu’il provoque. On ne se sent jamais impliqué dans leur tristesse et leur mal de vivre. Pour la simple et bonne raison que pour Mendes c’est une évidence. Le long-métrage débute par leur rencontre puis une malheureuse ellipse les place des années plus tard, embourgeoisés avec gosses et maison gigantesque. Ils sont malheureux. On doit prendre ce constat pour argent comptant alors que rien de ce qui se passe ne prouve la détresse du couple. Du coup, on se désintéresse de leur sort. De plus, toutes les péripéties font fausses, surfaites. On est triste une minute, on est heureux et on déménage la suivante, on ne part plus et on est triste la troisième. Les états s’enchaînent à une vitesse folle nous laissant sur le carreau, fatigués de tant d’atermoiements plats.

Les personnages ne vivent pas leurs vies, ils la projettent au travers de diarrhées verbales sans fin et épuisantes tant et si bien que toutes leurs actions semblent irréelles. Les personnages secondaires totalement exaspérants n’arrangent rien et ne font que polluer un scénario déjà englué dans l’immobilisme. Dommage.

 dC/W: un duo très spécial.

Heureusement et c’est là le vrai bon point du film, retrouver Kate Winslet et Leonardo diCaprio en couple a quelque chose de rassurant. On a l’impression de voir Jack et Rose dans leur vie de couple après la catastrophe. Il y a un petit côté tragique à cette situation. Ils étaient jeunes et beaux, la vie leur promettait tout. Ellipse temporelle, on les retrouve marqués par le poids des années, abattus par les désillusions et le temps qui passe. Le film se voit conférer une dimension autobiographique troublante. Un couple de star emblématique acculé par l’âge, la fin des rêves et le retour à la réalité comme seul lien subsistant entre eux. Hélas, le scénario ne suit pas.

J’ai détesté. Beaucoup de parlotte, de l’incompréhension (on se demande à plusieurs reprises comment on en est arrivé là) et un ennui poli. Heureusement, l’interprétation et l’investissement des deux têtes d’affiches évitent au film de sombrer. Préférez lui Blue Valentine autrement plus subtil et émouvant.

Les Noces Rebelles (U.S.A/G.B.) de Sam Mendes(2008). Avec Leonardo Di Caprio, Kate Winslet. Durée:2H05.

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Un commentaire

  1. Aussi fou que ça puisse paraître j’aurais bien aimé le voir ce film….mais là j’avoue que tu m’as méchamment refroidi. Moi avait beaucoup aimé American Beauty…

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