La balade sauvage de Terence Malick (1973) par Marc Shift

Kit est un éboueur, lors d’une tournée il aperçoit et aborde une jeune inconnue qui tombe rapidement sous le charme. Mais son père est contre cette fréquentation, surtout que Kit perd son travail. Il tente de plaider sa cause, mais tout dérape et il abat le père de sa petite amie, c’est le début d’une fuite en avant.

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G L L O Q.

Premier film de Terence Malick, dont on préféra nettement le titre d’origine « Bad Lands », bien plus proche de la réalité de ce film, et surtout sans une énorme faute ou plutôt « coquille ». Oui moi j’en fais, mais mettre en gros sur une jaquette « La ballade sauvage » (donc chanson ou poésie), là je n’aurais pas osé.

C’est surtout très trompeur, car ce film n’est pas sauvage, en tout cas pas dans le sens de la sauvagerie (violence etc….), mais au sens d’une proximité à la nature.

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Le film est basé sur des personnages réels, mais le film n’est en rien une reconstitution des événements, mais une adaptation franchement libre. Charles Starkweather et Caril Ann Fugate ont durant leur périple abattu 11 personnes et ont été une inspiration pour Malick, mais aussi pour Stephen King, Oliver Stone (Natural born killer….). On rentre donc dans la catégorie des films de tueur en série, plus précisément sur un couple tueur en série ayant réellement existé.

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Des faits réels et sordides, il ne reste ici pas grand choses. Ce qui étrangement, reste le plus proche de la réalité, c’est la (ou les) absences de motivations. On ne sait pas grand chose de Charles Starkweather (souffre douleur à l’école???) et on en sait encore moins avec le personnage développé par Malick (aucun passé, ni flashback). Pas de motivations pécuniaires, pas de sadisme particulier (en tous cas pas d’orientation sexuelle…), rien, ce qui n’est pas forcément un défaut.

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Des événements réels Terrence Malick ne fait pas non plus un conte romantique « moderne » type Bonnie & Clyde. Après une mise en place des personnages (rencontre, début de romance…..) le film s’oriente vers le fuite en avant sur un tempo très…..naturaliste. Oui ça ne veut rien dire, mais déjà avec son premier film, Malick sait poser son cadre le tout sur un mode contemplatif où la nature à une place importante.

De fait son film est une fuite en avant sur un tempo très moderato, sans vrai sentiment d’urgence, mais aussi sans s’attacher aux principaux personnages. Cela n’a rien à voir avec les acteurs qui sont bons (Martin Sheen excellent et Sissy Spacek) mais plutôt avec la caractérisation de leur personnage, dont le parcours déroute et où les décisions prises restent énigmatiques .

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De toute façon le film n’est pas fait pour amener une compréhension quelconque à cette balade sanglante, pour être tout à fait honnête le but du film m’échappe un peu car il ne défend aucune thèse, n’explique rien, ne prend aucun parti. C’est à la fois une grande qualité et un défaut, on ne sait pas si Malick s’intéresse ou aime les personnages qu’il met en scène (alors qu’il est derrière le scénario).

Par contre ce qui est clair, c’est que dès son premier film, il est pour lui primordial de poser son cadre, d’utiliser la nature comme un élément à part entière du récit. En fait le seul moment où le titre français pourrait correspondre, se situe après le premier meurtre, quand le couple trouve refuge en pleine nature (donc sauvage) à vivre tel Robinson Crusoé (ou pour les plus jeunes Koh Lanta) dans un refuge qui deviendra un piège après sa découverte par des chasseur de primes, et ce n’est pas le seule référence du film (comme le parallèle entre le héros et James Dean).

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Ce premier film de Malick n’est pas exempt de défauts, et en exagérant un peu, l’histoire n’a strictement aucun intérêt, ne possédant ni empathie pour les personnages ni réelle progression dans l’histoire (toujours sur le même rythme), et que tout est dans l’ambiance, la réalisation (déjà en lumière naturelle) et le jeu des acteurs.

moyen mais sympa
moyen mais sympa

La Balade Sauvage -« Bad Lands »- de Terrence Malick (1973, USA) avec Martin Sheen, Sissy Spacek, Warren Oates, John Carter…..durée 1h34

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