Dagon de Stuart Gordon (2001) par Marc Shift

Deux couples d’amis en vacances naviguent à bord d’un petit bateau de plaisance à proximité des côtes espagnoles. Subitement une tempête arrive, le bateau s’échoue sur un récif, une femme est blessée. L’aide est indispensable, le jeune couple rescapé se charge d’aller chercher de l’aide au village, mais rien ne se passe comme prévu.

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Yag tol’ Cthulhu.

Amis (et amies ne soyons pas sectaires) Lovecraftiens bienvenu !! Et si vous n’ètes pas un grand connaisseur de cet écrivain vous pouvez rester aussi, le film mérite qu’on s’y attarde. Ce film est issu de la « Fantastic Factory », connu des afficionados aimant les genres fantastico-horreur , développé en Espagne qui fut le symbole du renouveau de leur cinéma (on attend encore ici…).

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Ce film s’attaque à un énorme écueil, l’adaptation en film d’un écrit de Lovecraft. Si Tolkien a été adapté avec succès et réussite, pour Lovecraft c’est un challenge un peu plus compliqué. Ce n’est pas qu’une question de moyens, mais cet écrivain, comme Poe, certains écrits de Maupassant et d’autres, à un imaginaire très vaste et surtout insaisissable et indescriptible. Je connais la plupart des écrits les plus connus et le moins que l’on puisse dire c’est que le vocabulaire chargé de décrire ses visions est pour le moins peu visuel (« horreur indicible », « innommable », « horreur sans nom »…). Sur la forme littéraire, personnellement, je trouve cela fabuleux car l’imaginaire part dans tous les sens et chacun peut avoir une interprétation des images totalement démentes.

Faire passer ça dans un film ça semble tout de suite plus compliqué car on impose une image et surtout une ambiance (qui est aussi très importante chez l’écrivain). C’est l’un des principaux écueils à l’adaptation des œuvres de Lovecraft.

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Pour ce qui est de l’histoire c’est une adaptation libre de plusieurs nouvelles (Dagon et le cauchemar d’Innsmouth). Ici un deux couples d’amis (l’un jeune, l’autre moins) font une petite balade en mer au large de la ville d’Imboca lorsqu’une tempête surgit projetant le bateau sur un récif.

La passagère la plus âgée est gravement blessée et Paul et Barbara (les jeunes) n’ont d’autres choix que de prendre le zodiac et d’aller chercher de l’aide à la ville. Paul est un homme hanté par des rêves étranges et semble étroitement lié à cette ville où les habitants ont une attitude des plus étranges. La ville et son cortège de mystères devient bientôt un piège mortel qui se referme sur ces touristes…

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Alors se dire que le film vient d’un pays où le fantastique était franchement sinistré n’est pas forcément très rassurant. Mais les noms qui se cachent derrière la Fantastic Factory sont (entre autres) Brian Yuzna (producteur) et Stuart Gordon (réalisateur) qui étaient déjà derrière les Ré-animator (déjà inspiré d’une nouvelle de Lovecraft….) et d’autres film de genre de qualité plus que correcte en règle générale. Cela fait-il de Dagon un bon film?

Oui. Et pourtant très vite le film cumul les défauts, que ce soit techniques (en même temps le budget n’est pas démentiel) ou d’interprétations. En effet pour ce qui est des effets spéciaux, les différents mélanges maquettes / effets digitaux ne sont pas tous très réussis (en plus le film date un peu), mais les maquillages sont eux très biens faits, ainsi que les effets gores, peu nombreux, mais réussis et bien utilisés.

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En ce qui concerne l’interprétation, les acteurs sont loin d’être mauvais, mais le jeu est inégal : pas toujours juste dans les instants de liaison, mais à la hauteur de l’enjeu dès que le film monte en tension.

En fait le film mise beaucoup sur l’ambiance et grâce aux maquillages, aux bruitages (très réussis) et à l’aspect visuel sombre (tout en laissant l’image lisible), il réussit un tour de force incroyable : malgré de réels défauts, c’est encore actuellement la meilleure adaptation d’un film basé sur l’univers de Lovecraft.

 

un bon film
un bon film

Dagon de Stuart Gordon (2001, Espagne). Producteur Brian Yuzna avec Ezzra Goden, Raquel Merono, Francisco Rabal, Macarena Gomez…..durée 1h35.

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4 commentaires

  1. J’aime bien ce film, beaucoup moins sombre que du « vrai » Lovecraft, mais plutôt sympa pour son côté décalé. C’est enlevé, y’a pas de quoi s’emmerder. Faut dire, Gordon est un très bon réalisateur. C’est une honte de voir son oeuvre reléguée au second plan… beaucoup de ses films récents sont à découvrir.

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  2. Moins sombre, mais il y a des vrais bon moment comme pour la traversée / évasion du village bien inquiétante quand même et le final visuellement très réussis.
    Mais avoir une partie de son oeuvre financée en Espagne n’est pas forcément une aide……

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