Jeepers Creepers, le chant du diable de Victor Salva (2001) par Marc Shift

Darry et Trish, deux étudiants frère et sœur, font, à l’occasion des grandes vacances, le trajet qui les sépare de leurs parents. Subitement une camionnette surgit et heurte l’arrière de leur vieille guimbarde, et finalement disparaît à l’horizon. Choqués mais entiers, les deux étudiants poursuivent leur route mais aperçoivent bientôt la camionnette et son occupant qui se livre à un bien étrange labeur…..

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Eau trouble.

Au début des années 2000 ce film fait l’effet d’une petite bombe couplée à une bouffé d’air frais. Pourquoi? C’est ce que je vais modestement (oui je suis très modeste) tenter de vous expliquer.

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Loin d’être un débutant Victor Salva, a très rapidement été repéré par le grand Francis Ford Coppola et ce dès son premier court métrage. C’était donc sous de très bons auspices que débutait sa carrière.

Oui mais en fait non. Malheureusement cela n’a rien à voir avec la qualité des films, mais bien plus avec la personnalité de Salva. Il n’est pas dans nos habitudes sur la pellicule brûle d’étaler la vie des peoples du cinéma (ou d’ailleurs), mais les faits ont été reconnus par le réalisateur, il a été condamné et il a purgé sa peine.

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Pourquoi en parler? Parce que lors de la sortie de ce film, qui l’a révélé partout dans le monde, son passé a largement été divulgué, par les médias « spécialisés» et par le réalisateur. Non pas forcément pour créer la polémique (même si certains sites, à l’époque, l’ont fait pour ça), mais parce qu’avec ce film Victor Salva tente d’exorciser ce qu’il a en lui. Il a commis ce que l’opinion publique ne pardonne jamais, il a été condamné pour avoir sexuellement abusé d’un mineur.

Donc on ne « pardonne » pas et on jette ce qu’il fait par la fenêtre? Et bien non, il s’est soigné, il a fait tout ce qu’il fallait faire pour ne plus recommencer même si ça n’efface pas ses actes passés. Et pour exorciser sa part sombre, quoi de mieux qu’un film de genre?

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Pour faire un bon film de genre, il faut un boogeyman original et iconographique, c’est lui qui attirera le public. Victor Salva choisit donc clairement d’être ce boogeyman, tout du moins sous une forme « fantasmé », et de ce côté là c’est une vrai réussite. Esthétiquement il est immédiatement identifiable, avec tout ce qu’il faut de fascination / répulsion, et avec une histoire simple mais forte (c’est une créature, de forme humanoïde, qui se réveille pendant 23 jours tous les 23 ans pour se nourrir….) et qui ne développe aucune empathie a son égard.

Métaphoriquement (les interprétations sont libres, là c’est la mienne) il semble clair que Victor Salva ne demande pas à ce qu’on s’apitoie sur son sort, ni qu’on le juge encore (car c’est déjà fait). La créature existe et c’est tout.

Jeepers Creepers - Es ist angerichtet!

Tout ça c’est bien gentil, mais des films avec des boogeyman charismatiques y en a quand même pléthore (Jason, Mike Myers, Freddy, Candyman….) pour le meilleur mais souvent pour le pire, car ils ne développent généralement……aucun propos. Là où le film est original, c’est plus par le traitement, l’écriture et la caractérisation des héros Darry et Trish.

Le film s’ouvre avec eux et leur offre un bon ¼ d’heure de dialogue le long de la route, Darry (Justin Long) au volant et la jolie (je ne connais pas les standards féminins, sans doute Justin Long est beau gosse mais ça m’échappe un peu) Trish (Gina Philips) en passagère. Ils jouent aux devinettes, discutent amourette, de linge sale….

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Et tout sonne juste, les deux acteurs réussissent, grâce à cette longue exposition, à créer une réelle complicité (qui durera tout le long du film), et on a beaucoup plus d’empathie pour les victimes potentielles que pour leur bourreau (au contraire d’un Jason par exemple….) et jusqu’à la fin on espère une issue positive.

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Il n’y a pas vraiment besoin d’en dire plus, Victor Salva est un très bon conteur, très efficace dans sa réalisation (il faut le savoir que les « poursuites » ont, en moyenne, été tournées vers les 20 km/h, à cause de la fameuse camionnette qui ne pouvait aller au delà….), et qui a largement réussit son pari.

excellent, brillant
excellent, brillant

Jeepers Creepers, le chant du diable -« Jeepers Creepers »- de Victor Salva (2001, USA). Producteur Francis Ford Coppola, avec Justin Long, Gina Philips, Jonathan Breck, Patricia Belcher.

Jeepers Creepers (2001) par Fantastic-Films

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4 commentaires

  1. premier volet très bon une bonne exposition, des persos attachants, un « boogeyman » qui en impose, un refus de l' » happy end » bref un bon film. Meilleur que le second chapitre qui était néanmoins pas mal aussi. Elle me manque ste bestiole j’aimerais la retrouver dans un numero3.

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