Bellflower d’Evan Glodell (2012) par Bruce Kraft

Woodrow et Aiden sont deux jeunes passionés du film Mad Max. A tel point qu’ils se sont mis en tête de se construire un lance-flammes et fantasment sur l’éventuelle apocalypse qui verrait leur gang, Medusa, dominer le monde. Seulement voilà, une jeune femme va venir perturber cette amitié et les rêves qui l’alimentent quand Woodrow va tomber amoureux d’elle….

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 Y a des films on peut les classer en un clin d’œil et il y en a….non!! C’est exactement le cas pour ce Bellflower, premier film indie du jeune réalisateur, et propre « héros » de son film, Evan Glodell qui a beaucoup fait parler de lui dans les festivals où il a été présenté. Les raisons? Je vous explique….

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Réalisateur sans le sous (moins de 17000 dollars de budget et des acteurs bénévoles!!) mais un poil bricoleur, et capable de fabriquer ses propres caméras, Glodell a un sens développé de l’esthétisme et décide de garder les rushes « pollués » par de la poussière qui s’est glissée dans l’objectif des caméras. Ces grains donnent alors un style vintage inattendu et proche du magnifique travail du photographe Paolo Roversi. Vu l’exceptionnel qualité de certains plans on sent rapidement que Glodell en a sous le pied…

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De même, en multipliant les flous et en saturant les couleurs à outrance Glodell nous irradie complètement du soleil de cette Californie des années 90 où ses héros vivent au jour le jour leurs fantasmes de futurs maîtres d’un monde post-apocalyptique entre deux soirées trop arrosées. Des héros presque paumés passant leur temps à construire un lance-flammes, monter leur propre Interceptor (magnifique caisse!!) et rêvant de monter un gang, Medusa, tout comme le seigneur Humungus du film culte Mad Max.

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Ces deux amis ne se doutent pas que leur apocalypse ne viendra pas d’une bombe atomique liée à une troisième guerre mondiale mais d’un simple bout de femme qui va anéantir Woodrow. Ce dernier va ainsi connaître son plus grand chagrin d’amour ce qui va conditionner le film Glodell qui va rendre de plus en plus excentrique le montage de son film au fur et à mesure que son personnage va perdre les pédales (chronologie de certains événements non respectée!) le tout porté par une B.O. géniale.

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Glodell laisse alors le spectateur dans un certain flou scénaristique en fin de bobine et choisit de brouiller les pistes quant à savoir où se situe la frontière entre réalité et fantasme. Un choix peut-être discutable mais néanmoins bien assumé par un Glodell dont on entendra certainement encore parler. Bellflower s’impose facilement, malgré ses défauts de film parfois trop bavard, comme la surprise indie de ce début d’année….

Bon film
Bon film

Bellflower (U.S.A) de Evan Glodell (2012). Musique de Jonathan Kevill. Avec Evan Glodell, Jessie Wiseman, Tyler Dawson.

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4 commentaires

  1. Très intrigué par ce film malheureusement mon ciné préfère diffuser Intouchables, la vérité si je mens et tant d’autres conneries françaises. Plus qu’à attendre le dvd

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  2. A mon avis, le film est plus honnête que son esthétique brûlante (souvent vraiment sublime) le laisse paraître. Il en découle même une générosité naïve le fourvoyant malheureusement dans certains écarts et l’empêchant ainsi de devenir un vrai bon film : trop long, avec une partie de scénario à enlever et quelques scènes complètement inutiles ou ratées, faisant presque l’apologie d’un alcoolisme généralisé et banalisé à tendance « jeuniste » assez repoussant, Bellflower n’est effectivement pas parfait. N’empêche que son ambiance si particulière, appuyée par un montage très maîtrisé, et son propos aussi simple que brutal, sont de ceux qui peuvent profondément marquer. La preuve, on s’en souvient encore un bon moment après l’avoir visionné !

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    • Je te sens colère sur ce coup là!? Tout n’est pas parfait c’est sûr mais je salue le boulot visuel et l’univers si particulier de Glodell. Après c’est vrai qu’il y a des maladresses au niveau scénaristique mais je préfère encourager sur ce coup là!!! Pour la fin…c’est carrément bordélique!! Mdr!! Mais j’adore ça!!

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