Rocky Balboa (2007) de Sylvester Stallone par Flow

Dernier épisode de la saga, il offre une conclusion de haute volée à son boxeur, seize ans après le mauvais cinquième opus. On y perçoit une volonté nostalgique, un besoin viscéral de se pencher sur le passé. On l’accompagne avec plaisir pour son dernier round et on laisse l’émotion communicative nous submerger. Le meilleur, incontestablement.

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Histoire de parallélismes.

La boxe c’est terminé depuis longtemps pour notre cher étalon italien. Le temps poursuit inexorablement son entreprise destructrice. Au crépuscule de sa vie, Rocky, maintenant restaurateur solitaire (son fils est adulte et sa femme décédée), n’acceptera pourtant pas de lâcher prise sans prouver une dernière fois au monde sa détermination.

La décrépitude des choses.

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Tout autour de Rocky part en lambeaux. Adrian a été emporté par un cancer, son beau-frère erre dans la ville comme un fantôme plein de remords, son fils le fuit car il ne peut supporter l’écrasante notoriété de son boxeur de père et comble du désespoir, son quartier se désagrège. D’emblée, le ton est posé. Le côté fun des épisodes III à V a disparu pour laisser place au retour à l’âpre dureté des origines salvatrices. C’était nécessaire afin de justifier cette conclusion tardive. La nostalgie est le moteur du film. La tournée d’adieux aux lieux mémorables de la saga est en ce sens magnifique (patinoire, gymnase, animalerie, premier appart).

Nostalgie mon amour.

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Observer les effets du temps sur les décors n’était pas suffisant. Car si Rocky doit y faire face (sans y parvenir tout d’abord), il doit aussi lutter contre la désuétude de son propre corps. Ce dernier, tout flasque et lent porte la mélancolie du temps qui passe. C’est la principale force émotionnelle du film et à plusieurs reprises, les larmes montent. Son combat est universel. On vit tous dans le passé à certains moments de notre vie et c’est très douloureux. Se dire que les moments les plus heureux de notre vie sont derrière nous et que malgré nos efforts on ne parviendra jamais à connaître le bonheur à nouveau est un des pires sentiments. Pour combler ce vide Rocky se tourne vers la boxe.

Parallélismes.

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Et une fois n’est pas coutume, la boxe sert ici de métaphore pour donner une leçon de vie. Ce film s’articule autour de multiples parallélismes. Il n’y a pas de chiffres dans le titre, et le sobre Rocky Balboa renvoie directement au premier opus. Il se démarque d’entrée des autres suites et établit un jeu de miroirs avec l’original. On y suit le boxeur sans sa dulcinée, sa raison d’être. Dans les deux films il est dénigré et donné perdant et dans les deux, il puise dans son courage pour se relever.

Et puis le principal maintenant, le lien réflexif entre Rocky et Stallone. La vie de l’acteur a toujours été la source du personnage mais ici, on atteint le paroxysme autobiographique. Le besoin de reconnaissance est toujours présent mais il est sous-jacent. Car il s’agit de prouver au monde que peu importe le poids des ans et la réputation, Rocky/Stallone en a toujours dans le ventre. Le combat du boxeur est casse-gueule et tout le monde le donne perdant. Le film du réalisateur est désespéré et dès son annonce les commentaires moqueurs ont fusé. L’un comme l’autre a tout à perdre (la vie d’un côté et le peu d’estime que les gens lui portent de l’autre).

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Oui mais voilà, l’authenticité et la générosité de Rocky/Stallone émeuvent au plus au point. Les traits tirés, l’acteur porte les stigmates de ses années galères. On voit qu’il en a bavé mais qu’il ne juge pas le public et ne blâme pas le destin (la scène déchirante avec son fils). Non, il souhaite partager son combat et son expérience. Une leçon de cinéma et surtout, une leçon de vie.

Un excellent film. Une œuvre atemporelle encore une fois. Il serait vain de tenter d’en saisir toutes les nombreuses facettes (je n’évoque pas le combat métaphorique entre le cinéma d’action des eigties (Rocky) et le contemporain arrogant et irrespectueux (Dixon) ou cette noble volonté de transmission représentée par Marie, Stepps et Robert). Il est clair que le réalisateur a encore beaucoup à offrir. Il serait idiot de s’en passer. L’œuvre crépusculaire d’un homme qui n’aura jamais cessé de se battre tout en sachant d’avance la vanité de l’entreprise (d’où le côté invraisemblable qui émane du film). La tragédie de la vie dans tout ce qu’elle a de magnifique.

excellent, brillant
excellent, brillant

« Rocky Balboa » de Sylvester Stallone. Avec : Sylvester Stallone, Milo Vintimiglia… Distribué par MGM. Durée : 01 H 39.

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Un commentaire

  1. Rambo et Rocky le ying et yang de Sly, jamais autant performant dés lors qu’ il se met en scène lui même. A noter qu’il y a une fin alternative ou Balboa gagne le match à la fin, heureusement qu’elle n’a pas été retenue ça aurait gaché le film je trouve.

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