Prometheus de Ridley Scott (2012) par Tootsif

Une équipe d’explorateurs découvre un indice sur l’origine de l’humanité sur Terre. Cette découverte les entraîne dans un voyage fascinant jusqu’aux recoins les plus sombres de l’univers. Là-bas, un affrontement terrifiant qui décidera de l’avenir de l’humanité les attend

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TEL ICARE IL S’EST BRULE LES AILES

Impatience, désir, espoir voilà quelques uns des sentiments que l’annonce du projet Prometheus avait suscitée dans mon esprit.

Car il faut dire que tout était réuni pour provoquer en moi un optimisme bien inhabituel. Ben oui, mon réalisateur préféré, Ridley Scott revenait au genre qui avait fait sa gloire, la SF, et, cerise sur le cheese cake, le projet s’inscrivait dans la mythologie Alien en étant une sorte de préquelle.

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Whaoooooooooooooooooooooooouuuuuuuuuuuuuuuu ! Putain je n’en pouvais plus !

            Et chaque jour depuis l’annonce de ce projet j’écumais la toile, à la recherche de la moindre info, image et plus on s’approchait de la date de sortie plus je m’emballais devant les images où la patte de Giger transparaissait, devant les interviews qui me promettaient monts et merveilles…..

            Il était écrit que le film le plus attendu de l’année serait le film de l’année !

            Il était surtout dit que, plus l’attente est forte, plus le risque de déception est grand.

Car, deux jours après le visionnage de Prometheus la déception est bel et bien un des sentiments qui m’habite.

Mais pas que.

C’est en fait un maelstrom d’émotions contradictoires cohabite en moi, s’entrechoquent : déception, frustration, incompréhension mais aussi espoir, fascination.

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            Tentative d’explication.

            Bien avant la sortie du film le discours ambiguë de Ridley Scott m’avait intrigué : oui Prometheus était lié à l’univers Alien mais il en était aussi indépendant et n’en constituait pas exactement une préquelle.

            Ok je me disais que c’est un discours de markéteux pour ne pas faire peur aux nouvelles générations qui n’ont pas grandi dans le culte Alien et du mystère du Space Jockey cette étrange entité extra terrestre que l’on retrouvait engoncée mort dans son cockpit dans le premier opus. Ben oui ça date de y a 30 ans tout de même donc il ne fallait pas se fermer un public en disant qu’il fallait avoir obligatoirement les opus précédents (surtout le premier) pour comprendre Prometheus.

Et d’un autre côté Ridley Scott disait aussi que le film résoudrait une partie du mystère du Space Jockey !

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            Bref un discours bicéphale qui hélas m’a hanté pendant tout le film car je connais bien la saga Alien (attention je ne suis pas un spécialiste ultra-pointu quand même) et j’ai attendu ce film comme la réponse à l’énigme Space Jockey, j’ai cherché dans chaque plan une explication à Alien et j’en suis sorti avec une frustration énorme en ayant l’impression que le lien avec Alien ait été intégré dans le film aux forceps.

            Alors difficile d’en dire plus sans spoiler les lecteurs qui n’auront pas encore été voir le film mais entre des créatures dont le lien avec l’Alien et son cycle jusqu’alors connu de développement est incertain voire semble le remettre en cause, la présence d’un « Ingénieur » inexpliqué on se dit que l’ajout d’une étiquette « Alien » sur le projet a été faite pour rassurer des financiers très frileux quand il s’agit de sortir les pépètes pour financer un film de S-F, surtout quand cette dernière se veut intellectuelle.

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            Chaque zone d’ombre que le film semble éclairer dans la genèse de la situation qui a conduit au film Alien conduit à de nouveaux questionnements dont hélas Prometheus ne nous apporte pas la réponse. On avance aussi de questionnement en questionnement en espérant que le final répondra à une partie de ces dernières.

            Et c’est pas le cas ! Ben ouais faire de la SF métaphysique ça attire pas des masses surtout que y a la caution Alien (et tout un tas de clins d’œil qui feront plaisir aux fans de la saga)  derrière donc il faut son lot d’émotion forte. La seconde partie oublie tout questionnement pour se concentrer sur l’action (comme l’avait fait précédemment le film Sunshine et là aussi sans réussite) et la tension et hélas pas toujours avec à propos en ébranlant là aussi les bases de la saga Alien (là aussi je n’irai pas plus loin dans les explications pour ne pas vous pourrir).

            On a pendant tout le film la sale impression qu’il nous manque des éléments de compréhension et pire que tout que l’on en a été privé pour faire un film plus « bankable » : un part pris action dans la dernière ligne droite, une durée semblant formatée pour ne pas perdre de séances de cinéma (pile 2 h comme c’est bizarre).

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            Bref, malgré toute la bonne volonté de Ridley Scott qui nous dit en interview que le film qui sort est bel et bien SA version on a néanmoins de gros doutes

Et je ne serais pas étonné (et plutôt j’espère) de voir sortir en dvd une version director’s cut qui répondra à certaines questions.

D’autant qu’avec les différentes interviews et photos de tournage  on connait l’existence de scènes tournées non présentes dans le film. J’ai eu ainsi la désagréable impression de voir un film non fini.

            Frustration car à côté de ça on est fasciné, enthousiasmé par le sens de la mise en scène et de l’esthétisme de Scott qui n’est plus à démontrer et qui fait ici encore merveille, que le casting est quatre étoiles (avec un Michael Fassbender et une Noomie Rapace énormes mais cela est autant dû à leur immense talent qu’à leurs rôles bien mieux construits et intéressants que leurs congénères), et parce que des scènes, des répliques laissent présager l’immense film que Prometheus aurait pu être.

            Fascination. Frustration. Désir. Rejet. Plaisir. Colère. Prometheus est un Janus qui laisse plein de doutes : est il plus que ce qu’il est ou n’est il que ça ? Est-ce une ouverture bancale sur un plus vaste univers sensationnel ? Un film incomplet dont il manque juste quelques éléments pour devenir grand ? Ou tout simplement un film bancal, bâtard ?

            Quelques jours après sa sortie je n’en sais toujours rien.

moyen mais sympa
moyen mais sympa

« Prometheus » de Ridlay Scott (2012). Avec : Noomie Rapace, Michael Fassbender, Charlize Theron, Idris Elba, Logan Marshall-Green. Distribué par 20th Century Fox. Durée : 02 H 03.

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2 commentaires

  1. J’adore ton sous-titre!
    Tu sais que j’ai chialé quand j’ai découvert qu’on avait le même avis? Ok, je suis plus intransigeant encore mais au final on en a pensé la même chose. Et ça c’est beau!!!! 😆

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    • Wouah Flow qui me complimente !
      Wouah j’ai le même avis que Flow !

      je ne peux qu’être d’accord avec ton avis et pourtant Dieu sait combien j’avais envie d’aimer ce film ! J’ai un immense sentiment de frustration, de gachis mais parce que c’est des images de Scott (donc forcément belles), parce que c’est de la SF (et qu’on n’en a jamais assez), parce qu’il y a des fulgurances géniales je nepeux lui mettre en dessous de la moyenne

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