Taram et le chaudron magique de Ted Berman et Richard Rich (1985) par Marc Shift

Quand j’étais petit garçon…

Taram, garçon de ferme, rêve d’être chevalier. Tirelire, un petit porcelet, l’aidera dans cette quête….

 

Il y a des films qui marquent durablement l’esprit (attention, sortez les violons larmoyants pour l’ambiance), Taram et le chaudron magique fait indéniablement parti des films ayant marqué le petit garçon que j’étais. Je suis allé le voir au cinéma, haut comme 30 pommes (on ne peut pas dire 3, j’ai toujours été grand, oui on s’en fout), accompagné par mes grands-parents. Il pleuvait, le vent balayait les arbres…..oui bon, on est pas dans un sketch de Dubosc, arrêtez les violons.

Ce film est à part dans la longue filmographie des studios Disney, et il est sorti dans une période où ces studios n’avaient pas forcément la côte. Les années 80 furent, notamment en France, l’essor fulgurant de la japanime et des mangas à la télé. Et subitement, aux yeux des gamins, Disney est devenu ringard. Certes la ressortie périodique des grands classiques faisait recettes, mais les films en création n’étaient pas particulièrement attendus.

Il faut dire que le virage des années 80 a été entamé par Rox et Rouky, film certes « mignon » mais assez faible, surtout en regard du précédent succès commercial et artistique de Bernard et Bianca qui commence à être lointain. Les studios Disney, pour tenir leur cadence habituelle (en gros un film tous les quatre ans) décideront de lancer Taram et le chaudron magique pour l’année 85, film qui est dans leur carton depuis au moins 1971.

En règle générale ce n’est jamais très bon quand la production d’un film traine en longueur. L’une des raisons est le matériau d’origine, une saga sur cinq tomes comprenant une trentaine de personnages qui demande donc un gros travail d’écriture, surtout pour tenir sur…..1h20!! C’est juste au début des années 80 que la situation se débloque pour aboutir à un métrage singulier au regard des standards habituels.

Il est en effet clair, dès le départ, que le film sera sombre voire même horrifique. Autre originalité le film ne contiendra pas de scènes chantées, ce qui encore à l’heure actuelle est une exception (hors production Disney-Pixar). Assez étrange, car cela a grandement contribué au succès et à la renommé des studios par le passé. D’ailleurs le verdict du public a été sans appel, le film fut un échec commercial.

Ce fut bien évidement, le seul film de la firme aux grandes oreilles, qui avait trouvé grâce à mes yeux, détestant généralement les parties chantées des autres films. Il faut dire que l’univers sinistre m’avait beaucoup marqué, il m’est resté longtemps en mémoire l’image d’un chaudron vomissant des spectres lugubres et un univers assez sombre. Il faut se rendre à l’évidence, j’ai (beaucoup trop??) vieilli.

Certes pour un Disney le film est lugubre, on peut même considérer que pour un film destiné à un jeune public il est de toute façon lugubre. Mais l’histoire et les personnages ne sont pas développés de manière satisfaisante, le film connaissant de gros problèmes narratifs. Il est évidemment impossible de résumer cinq livres en 1h20, ce film ne fait pas exception à la règle.

Il cumule avec ça des personnages assez horripilants (un truc à poil nommé Gurki, le crapaud/troll) ou franchement fades pour d’autres (la princesse Eloïse ou Eilonwy selon les versions, arrivant d’on ne sait où, utile sur sa première action puis réduite au rang de potiche…). Le film enchaine tant bien que mal les séquences narratives, mais l’univers déployé réellement impressionnant par moments ne suffit pas pour en faire un bon film. Même si je l’ai aimé il y a très longtemps….

Taram et le chaudron magique -« The black cauldron »- de Ted Berman et Richard Rich (1985, USA) Production Walt Disney pictures, distribution Buena Vista pictures distribution…..durée 1h20

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2 commentaires

  1. Putain tu viens de tuer mes souvenirs là. J’en garde une image d’aventure qui me faisait rêver, une direction artistique qui exaltait mon sens aventureux et me faisait aussi frissonner.
    Mieux vaut il peut être que je ne le revois pas pour ne pas être déçu

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