Trilogie Spider-Man (2002/2005/2007) de Sam Raimi par Flow

L’ennemi intérieur.

A quelques heures de regarder le reboot de la saga (dont la critique se trouve ici), j’ai trouvé intéressant de revoir la trilogie de Sam Raimi qui n’a, je le rappelle, que dix ans. Trois films très intéressants qui ont posé les jalons de ce que devra être une adaptation de comic moderne: respect du matériau d’origine, blockbuster pétri d’humour et d’action et thématiques chères au réalisateur.

Orphelin, Peter Parker est élevé par sa tante May et son oncle Ben dans le quartier Queens de New York. Tout en poursuivant ses études à l’université, il trouve un emploi de photographe au journal Daily Bugle. Il partage son appartement avec Harry Osborn, son meilleur ami, et rêve de séduire la belle Mary Jane. Cependant, après avoir été mordu par une araignée génétiquement modifiée, Peter voit son agilité et sa force s’accroître et se découvre des pouvoirs surnaturels. Devenu Spider-Man, il décide d’utiliser ses nouvelles capacités au service du bien.

Après les atrocités commises par Joel Shumacher dans les années 90, les super-héros n’étaient plus vraiment les plus hype à Hollywood. Et on comprend aisément pourquoi. Mais en 2002, le réalisateur bien connu des amateurs de cinéma horrifique a changé la donne avec Spider-Man.

Qu’attendons-nous d’un film de super-héros? Un récit universel et atemporel qui raconte les origines d’un personnage hors du commun, de manière spectaculaire, tout en restant très terre à terre afin de privilégier l’identification du public adolescent. Le tisseur était le choix de raison pour toucher au but. Il est le héros le plus populaire mais aussi le moins «spectaculaire», dans le sens où il est le plus proche des gens, le plus «normal».

En partant de ce constat, il était presque assuré d’un succès planétaire, en touchant le plus large public possible. Mais il ne faut pas oublier le talent du réalisateur qui a su transcender son matériau d’origine. Il a livré ce qu’on lui demandait: une adaptation plus ou moins fidèle (de ce que j’en sais), porté par des acteurs impliqués (et très bien casté; Tobey Maguire en tête) et spectaculaire. Forcément, plus le numéro derrière le titre croit plus le budget augmente.

Du coup, le troisième opus se retrouve quelque peu piégé entre ses considérations plus intimes et son cahier des charges de plus en plus…chargé (scènes d’action plus présentes, trois méchants, etc…). Il en résulte une certaine lassitude et un flou conséquent (personnage qui disparaissent un long moment, psychologie de chacun réduite etc…). Le 3 est donc un semi-échec mais il est la victime de son succès (en ce sens s’arrêter là n’était peut-être pas une mauvaise chose).

En dépassant ces simples considérations de blockbuster primaire, Sam Raimi a surpris son monde. D’un film pour adolescent, il tire un film sur l’adolescence. Le premier opus est le plus abouti sur ce thème. Récit sur le passage que constitue l’âge ingrat, il ne nous épargne rien des troubles qui l’animent.

Complexes en tout genre (œdipien pour Harry, existentiels pour Parker), les premiers émois, les transformations physiques rythment un film enlevé qui se termine sur l’entrée à l’âge adulte de ses personnages, écrasés face à l’étendue des possibilités (la fameuse sentence: un grand pouvoir implique de grandes responsabilités). Les deux suites s’attarderont plus sur des problématiques de jeunes adultes mais cette thématique ne disparaîtra jamais totalement.

Commune aux trois films et chère au géniteur de Evil Dead, la question de l’identité est au cœur du récit. Il établit un postulat intéressant. Spider-Man n’a pas d’ennemis véritables. Les combats opposants le tisseur aux bad guy découlent toujours de combats intérieurs. Il n’y a en fait pas d’autres ennemis que soit même. Dans un combat très shakespearien, les personnages sont confrontés à des choix cornéliens (j’arrête là les références au théâtre) les poussant vers le bien, ou vers le mal. Ainsi, tous les adversaires sont plus ou moins schizophrènes. Du Bouffon Vert à Sandman en passant par Octopus. Bien évidemment l’aboutissement se situe dans le troisième épisode lorsque Parker endosse son costume noir et laisse éclater sa colère.

Bref, l’homme est maître de son destin et choisit malgré le poids des passions sur sa voie (cf Harry Osborn à la fin du dernier opus). La passion principale qui anime les personnages est la vengeance. Ce puissant désir fait pencher la bascule d’un côté ou de l’autre. Là encore, Spider-Man 3 fait figure d’achèvement. Parker souhaite flinguer Sandman. Venom et Osborn veulent dézinguer Spidey, etc… D’où cette lenteur qui peut ennuyer, les atermoiements des personnages prenant le pas sur les intrigues.

Il faut avouer que le réalisateur avait certainement dit tout ce qu’il avait à dire. Ne pleurons pas sur Spider-Man 4 et ne condamnons pas le reboot. Reconnaissons également l’importance de cette trilogie pour le cinéma des années 2000. Modèle pour les films de super-héros suivants, il a également prouvé qu’un réalisateur pouvait faire d’un film populaire un divertissement intelligent. Et ça ce n’est déjà pas si mal.

Spider-Man Un bon film

Spider-Man 2

Un bon film

Spider-Man 3

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