The Proposition (2009) de John Hillcoat par Bruce Kraft

MYSTIC DESERT.

Fin du XIXème siècle dans l’outback australien. Le capitaine Stanley, qui a juré de civiliser le pays, arrête deux des frères Burns qui sont responsables du meurtre horrible de la famille Hopkins. Il décide de passer un marché Charlie Burns: Il doit tuer son frère Arthur, caché dans les montagnes, en échange de la vie du plus d’entre eux, Mike. il obtiendra le pardon et la liberté mais seulement si il revient au bout de neuf jours…..

Depuis le 17 Août 2009 et la critique de l’ami The idiot j’attendais ardemment de voir ce film. Deux plus tard j’arrive à me procurer une version originale. Mercredi 12 Septembre 2012 le film obtient sa sortie officielle en France, en DVD, sous l’impulsion de Sony et à l’occasion de la sortie du film Des hommes sans loi. Enfin, justice est rendue à ce western qui n’en est pas un!!!!

Accouché en 2005, après avoir connu une gestation de plusieurs années liée au fait que Hillcoat mit du temps à s’apercevoir que son ami de vingt ans Nick Cave serait en mesure d’écrire lui-même le scénar’, The proposition débarqua finalement en 2009 par des distributeurs surfant sur le succès annoncé du film La Route réalisé par un Hillcoat démontrant son goût pour l’image et la réflexion qu’elle engendre plutôt qu’une action débridée et dénuée de réels enjeux (adapté du roman de McCarthy).

Une injustice qui se devait d’être réparée tant ce western se révèle être un objet d’une richesse rare et d’ailleurs je vous le recommande en V.O. pour la qualité d’interprétation et pour mieux ressentir certains dialogues biens sentis.

L’œuvre de Hillcoat, donnant tout son talent pour mettre en image l’univers mêlant violence et mysticisme de Nick Cave, est une réflexion profonde sur le bien et le mal et surtout la facilité avec laquelle on peut basculer d’un côté ou de l’autre. Le paysage aride mais néanmoins magnifique (chapeau la photographie!!) et le contexte historique de l’Australie de cette fin du 19ème siècle deviennent alors le théâtre parfait pour cette tragédie humaine et la mise en lumière de plusieurs mondes (celui des hors-la-loi, des hommes de loi et celui les aborigènes) se croisant et se déchirant au nom d’une quelconque morale.

Le film va, à un rythme apaisé et dense grâce notamment à la magnifique B.O du duo Cave/Ellis, mettre en avant deux destins (celui du capitaine Stanley et de Charlie Burns) personnifiant chacun deux visions biens diffèrentes d’un pays divisé entre une civilisation naissante et de grands espaces sauvages où la loi de la nature (du plus fort) prédomine et perdure grâce  notamment à des aborigènes peu enclin à la soumission devant les blancs (le passage ultra fort avec John Hurt, complètement habité, illustre bien cette distance entre blancs et « nègres »).

Quant Charlie, un Guy Pearce (Memento, Vorace) christianisé et ressuscité, navigue dans un monde de doutes déchiré entre son envie de sauver son jeune frère et de laisser vivre son frère Arthur, un psychopathe possédant une culture inattendue, c’est le capitaine Stanley, Ray Winston (Indiana Jones et le royaume du crâne de Cristal) qui endosse réellement le tourment et le poids d’un marché inavouable.

Une sorte de pacte avec le diable aux yeux de ses contemporains mais surtout de sa femme, encore emprunte des bonnes manières d’Angleterre, interprétée par une Emily Watson (la jeune aveugle dans Dragon Rouge) au visage de porcelaine.


De scène en scène Hillcoat réussit à nous remettre en tête les plus grands westerns où le paysage faisait parti intégrante de l’histoire et montre tout son amour de l’image au travers de plans soignés à la sensibilité exacerbée et un soupçon d’originalité (par exemple la caméra filmant l’épaule de la femme de Stanley de dos dans son bain et descendant lentement jusqu’à focaliser l’objectif sur ses mains qui étaient au second plan…wouah!!).

Un voyage aussi intense à l’atmosphère aussi étouffante (il faisait 57°c sur le tournage!!) méritait un cinéaste comme Hillcoat qui, même si il s’est mis entièrement au service de Nick Cave, s’est passionné pour son sujet…et ça se sent. The Proposition reste un film qui possède une densité et une beauté déconcertantes, le tout au service d’une histoire violente, tragique et mystique. Un film exigeant pour certains, un film essentiel pour moi.

Excellent, encore!!

« The proposition » (2009) de John Hillcoat. Distribué par Sony Picture Home Entertainment. Avec Guy Pearce, Ray Winston, Emily Watson, John Hurt. Durée: 1h44.

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