Citizen Kane d’Orson Welles (1941) par Marc Shift

Charles Foster Kane meurt dans son immense manoir « Xanadu » en prononçant un énigmatique mot : Rosebud. Ce grand magnat de la presse attise la curiosité du public et des journaux, et un enquêteur cherche alors à comprendre la signification de cette dernière parole…..

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Sur l’Everest on contemple le reste du monde….

Voilà donc le plus grand film de l’histoire du cinéma. En tous cas il est désigné comme tel. Doit on se poser la question, est ce vraiment le plus grand film de tous les temps ? Cette question a autant de sens que de savoir quel est le plus grand livre de tous les temps, la plus grande peinture, la plus grande sculpture etc…..On parle souvent de la modernité de ce film, des cadrages, des éclairages et de sa dramaturgie et donc de l’impact de ce film sur l’évolution global du cinéma.

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Modestement je dirais que la seule bonne question à se poser c’est : est ce qu’un spectateur lambda (moi donc) peut l’apprécier ? Oui, simplement oui. Même si malheureusement je connaissais la fin, et donc pas mal des enjeux du film, ce qui est extrêmement préjudiciable sur la première vision (tout ça à cause de Columbo, ceux qui ont vu l’épisode comprendrons……).

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Mais connaître la fin n’est pas connaître le film et malgré un effet de surprise amoindrit, surprise il y a eu. Surtout qu’en général j’essaye de voir les films avec le moins de renseignements possible, préférant nettement faire des recherches (quand le film en vaut la peine) après. J’ai donc « découvert » le génie d’Orson Welles. Non pas ses films ou ses exploits radiophoniques légendaires (La guerre des mondes d’H.G. …..Wells), mais sa précocité et sa volonté d’innovation. Précocité, avec l’exemple de Citizen Kane qui est son premier film, mais aussi ses prises de risques au théâtre où ce grand amateur de Shakespeare fit une adaptation de McBeth, initialement situé en Écosse, transposé en Haïti moderne avec des acteurs noirs…..

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Ce qui est remarquable (oui nous aussi on a le droit d’être chiant) c’est l’équilibre entre la forme et le fond. Au niveau de le forme, sur le plan technique, il n’y a pourtant rien de neuf. Ne m’insultez pas tout de suite, je m’explique. Orson Welles utilise des éléments pré-existants : des champs / contrechamps, plongé / contre-plongé, la profondeur de champs, des travellings etc…..

Donc rien de neuf ? La nouveauté, et la révolution (ou évolution) réside dans l’utilisation de tous ces éléments (de toutes façons la création ex-nihilo n’existe pas) soit en inversant les valeurs (pour des champs / contrechamps) soit en les radicalisant (la profondeur de champ, vraiment très impressionnante sur certaines séquences). En un seul film Welles s’approprie la quasi totalité du langage cinématographique (ses fameux plan séquences ne viendront qu’avec les films suivant).

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Au niveau du fond il y aussi beaucoup de thèmes abordés, entre les aspirations dramatiques et shakespeariennes, influences psychanalytiques (il aurait lu et assimilé Nietzsche assez jeune….)sur la recherche du bonheur, le sens de la vie…..En fait le principal exploit narratif du film est de condenser en à peine deux heures la vie d’un homme hors du commun, de nous faire partager son ambition, ses doutes, ses amours déçus, son enfance etc… par une succession de flash back (autre innovation narrative) et de réussir la synthèse d’une vie en un temps record.

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Vous l’aurez sans doute très bien compris, ce film est un très grand film, beaucoup plus facile d’accès qu’on ne pourrait le croire et sa richesse tant thématique que visuelle permet qu’on y revienne encore et encore…..

Entre culte et chef d'oeuvre
Entre culte et chef d’oeuvre

Citizen Kane d’Orson Welles (1941, USA) Scénario de Herman J. Mankiewicz et Orson Welles, musique Bernard Herrmann. Avec Orson Welles, Joseph Cotten, Dorothy Comingore, Ruth Warrick, Everett Sloane et l’ensemble de la troupe du Mercury theater (créée par…..Orson Welles)

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4 commentaires

  1. Voilà tout à fait le genre de film que tout cinéphile devrait avoir vu….et que je n’ai pas vu!!! En plus Citizen Kane c’est quand même la base du cultissime faux-film La Classe Américaine!!

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  2. Effectivement un chef d’oeuvre qu’ond evrait tsou avoir vu !… Ce n’est pas mon film préféré mais je trouve qu’il n’aurait jamais du se faire prendre la place de n°1 par « Vertigo »… Ce film est aussi intéressant dans le fond que dans la forme (une vraie leçon !)… 4/4

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