Ted de Seth MacFarlane (2012) par Tootsif

À 8 ans, le petit John Bennett fit le voeu que son ours en peluche de Noël s’anime et devienne son meilleur ami pour la vie, et il vit son voeu exaucé. Presque 30 ans plus tard, l’histoire n’a plus vraiment les allures d’un conte de Noël. L’omniprésence de Ted aux côtés de John pèse lourdement sur sa relation amoureuse avec Lori. Bien que patiente, Lori voit en cette amitié exclusive, consistant principalement à boire des bières et fumer de l’herbe devant des programmes télé plus ringards les uns que les autres, un handicap pour John qui le confine à l’enfance, l’empêche de réussir professionnellement et de réellement s’investir dans leur couple. Déchiré entre son amour pour Lori et sa loyauté envers Ted, John lutte pour devenir enfin un homme, un vrai

PAS TED MENT DROLE.

Ted est sûrement le succès inattendu de cette année au box-office américain rejoignant ainsi le long cortège des comédies US que personne n’attendait et qui attirent, sans que l’on sache très bien pourquoi, un max de spectateurs (dernièrement on a eu Very Bad Trip et Projet X).

Comme ces prédécesseurs la recette semble identique (du cul et de l’humour gras) à un détail près qui semble faire toute la différence : Ted n’est pas un homme mais un ours en peluche qui a pris et qui parle !

Et Ted, tant le film que l’ours lui même est très drôle. Enfin, les 20 premières minutes.

Oui au début c’est drôle parce qu’effectivement un ours en peluche qui prend vie et qui balance des conneries aussi grosses que lui est mignon marche du feu de Dieu tant le décalage est énorme et qu’en outre les situations proposées sont drôles et franchement inspirées (la scène de drague de Ted au supermarché est géniale et va quand même super loin dans l’humour trash ce qui nous change de ses concurrents qui sont souvent au final soft).

Ca marche d’autant plus que Ted est doté d’une vraie personnalité qui nous fait voir plus que la simple performance technique et ainsi le prendre pour un véritable personnage.

Le problème, c’est que, passé ces 20 premières minutes fun et rafraîchissantes au regard des autres comédies grâce à son ton franchement irrévérencieux le film semble avoir épuisé on propos et se met méchamment à tourner en rond.

Alors oui, au début c’est cool de voir un ours en peluche se droguer, balancer les pires insultes, être un gros pervers mais au bout d’un moment ben ça gave un peu d’autant plus qu’on a la désagréable impression que les scénaristes font dans la surenchère de propos orduriers juste pour montrer qu’on va plus loin que la concurrence.

Bref on a la désagréable impression que le film tombe dans le facile et le racoleur rejoignant ainsi ses prédécesseurs comme Very Bad Trip, American Pie et consorts dont le vulgaire – trash est le fonds de commerce.

Alors, certes Ted essaie d’aller un peu plus loin que cela en abordant le thème des « adulescents », ces jeunes adultes encore partagés entre leurs délires ado et les nouvelles obligations que leur impose leur vie d’adulte.

Manque de bol cet aspect sert plus de prétexte à foutre une ribambelle de références qui feront ultra plaisir aux gens de ma génération qui ont grandi avec la fin des années 80/dbut des années 90, même si ces dernières bien trop appuyées en deviennent un poil too much et casse le côté private joke avec une partie du public.

On a ainsi le sentiment que les scénaristes appuient bien sur cet aspect genre « t’as vu public on a les mêmes références culturelles don aime notre film ! »

Reste tout de même que revoir des extraits, entendre la musique et se taper un trip putainement  hallucinant et barré avec l’acteur de Flash Gordon est juste supra génial.

Le film se transforme donc plutôt en succession de scénettes, plus ou moins drôles, selon le cas, qu’en une véritable réflexion sur le passage à l’âge adulte et l’affrontement avec les responsabilités qui en découlent tout en surfant avec les codes ultra-banalisées de la comédie romantique (le rival amoureux, la prévisible rupture de milieu de film et tout ce qui s’en suit) et en nous foutant une histoire d’enlèvement dont on se demande ce qu’elle vient foutre au milieu de ce bordel tant son intégration semble complètement faite à l’arrache et pour justifier un happy-end final qui en fait recalibre le film pour les sentiers ultra banalisés d’Hollywood dont il essayait pourtant de nous faire croire qu’il s’écartait.

Bref Ted tout sympa qu’il soit et malgré sa volonté d’aller plus loin que ses prédécesseurs comiques américains tant dans l’humour trash que les thèmes (plus graves) abordés est exactement pareil qu’eux.

Le côté sympa du début laissant peu à peu la place à de l’ennui tant la surenchère dans le pseudo « politiquement incorrect » et l’absence d’une véritable trame gonfle.

« Ted » de Seth MacFarlane (2012). Avec : Mark Walhberg, Mila Kunis, Giovanni Ribisi. Distribué par : Universal Picture International. Durée : 01 H 47.

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10 commentaires

  1. Encore une comédie surestimée? J’ai l’impression que tout le monde, y compris la presse, s’est jeté dessus en y voyant un nouveau genre de comédie mais, j’ai l’impression que le film n’est drôle qu’à travers des blagues de geeks….que l’on retrouve dans toutes les comédies américaines de cette décennie. En gros tu remplace l’ours par un mec personne n’aurait aimé alors que là….

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    • Ouais effectivement tu fais de Ted un humain et le film est d’une banalité affligeante.
      Quand aux références 80’s celles ci sont tellement appuyées que tout le monde les voit, ça fait pas petite blague entre initiés

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  2. Sorte de « toy story » pour adulte qui vient chatouiller la nostaligie de notre enfance… Mais très vite le film ne surprend plus. Le pire c’est que de Ted on passe très vite vers la comédie sentimentale de base. Ce film reste un divertissement fun et sympa il est carrément suestimé. Par contre excellent point pour l’autodérision dansante de Giovanni Ribisi… 2/4

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  3. Bon, ben moi je suis bon publique: effectivement la fin est pas extraordinaire. Mais bon rien que pour la première demi-heure du film je ne regrette rien.
    Et puis comme l’a justement fait remarquer tootsif: la scène du supermarché vaut le détour.
    Pour le reste… un peu déçu quand même. (ps: Mila Kunis est vraiment canon dans ce film, le tailleur lui va comme un gant).

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