Roman: Sorry de Zoran Drvenkar (2012) par Bruce Kraft

Berlin. Tamara, Frauke, Kris et Wolf se sont connus au lycée. Dix ans plus tard, ils ont l’idée de monter une agence, nommée Sorry, chargée de s’excuser à la place des autres. Le succès est immédiat, ils aident des hommes d’affaires qui estiment s’être mal comportés, un associé ou une entreprise à alléger leurs remords à l’égard de leurs victimes… Jusqu’au jour où un mystérieux assassin désireux de soulager sa conscience recourt aux services du quatuor. Ce sera le début d’une longue descente aux enfers. Pris au piège, les quatre amis n’auront d’autre solution que de découvrir au plus vite l’identité et les mobiles de ce tueur qui les manipule et semble parfaitement les connaître.

Alors y en a qui vont me dire: »Mais qu’est ce que ce roman policier fout ici puisqu’il n’a pas inspiré de film? ». Oui, c’est vrai mais le roman de Drvenkar (comment ça peut bien se prononcer?) est tellement inspiré du cinéma qu’il m’était difficile de ne pas vous en parler.

Je dois avouer qu’au début le livre m’a profondément gonflé avec sa succession de portraits des différents protagonistes. C’est vrai que c’est un passage obligé pour qui veut écrire un polar avec multiples personnages mais bon, ça gonfle un peu quand ça prend le quart du bouquin et que les personnages sont assez clichés (un beau mec pas très fin et physique, un autre plus cérébral et raisonné, une nana un peu bad girl et paumée et l’autre plus sensible et fragile).

« Etre amoureux, ce n’est pas comme aimer quelqu’un. Tamara est capable de tomber amoureuse chaque semaine, mais elle ne veut aimer qu’une seule fois. Or David n’était pas l’homme qui pouvait enflammer son coeur. Il se montrait bon avec elle, mettait le monde à ses pieds, cependant cela ne suffisait pas à créer de l’amour. »

N’empêche que je me suis accroché au bouquin car au fil des pages on sent que Drvenkar est un cinéphile qui a dû écrire en se disant: »punaise j’aimerais que mon livre soit adapté au cinéma!! ». Facile à lire le roman de Drvenkar multiplie les points de vue et les narrations et entraîne, arrivé au quart du livre, le lecteur dans une sombre histoire de meurtres ou le présent est entrecoupé de flash-backs et de flash-forwards.

Non content d’essayer de perdre le lecteur (il n’y arrive pas mais oblige le lecteur à être assidu), Drvenkar emprunte certains thèmes de prédilections du cinéma de ces dernières années: pédophilie, tueurs en séries, torture-porn, schizophrénie.

« Il ferma l’eau et tendit l’oreille. Il était sans inquiétude. La maison absorbait les cris comme une terre sèche une averse soudaine. L’homme regarda sa montre. Il accorderait au garçon deux heures pour se calmer, puis il retournerait le voir. »

Mais attention!! Aucun de ces thèmes n’est gratuit ou dépeint de manière littérale. L’auteur évoque et décrit brièvement mais ne s’acharne pas à essayer de faire vomir son lecteur. Merci à lui de cette attention.

Passionnant, sombre et surprenant dans son dénouement, Sorry est un roman qui met du temps à dévoiler ses qualités mais qui vaut nettement le coup de mettre 8 euros dedans. Maintenant espérons qu’un jour il soit adapté au cinéma….

« L’homme a lu que tous les êtres humains étaient reliés entre eux. Par le mental ou les gènes, il ne s’en souvient plus. Il sait juste que c’est à l’origine des aversions et des sympathies infondées. Dès sa naissance, chaque homme a un passé qui l’accompagne toute sa vie. Peu importe où il est, qui il est. Et à l’instar des êtres humains, tous les évènements sont reliés. Rien ne se produit qui n’ait un sens »

Un bon film

Sorry (Allemagne) de Zoran Drvenkar. Editions Le Livre de Poche (2012).

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