Gainsbourg, vie héroïque de Joann Sfar (2010) par Marc Shift

La vie de Gainsbourg, du jeune Lucien Ginsburg dans le Paris occupé des années 1940, jusqu’au poète, compositeur et chanteur célébré dans le monde entier. Le film explore son itinéraire artistique, du jeune homme épris de peinture à la consécration de sa musique dont l’avant-gardisme en a fait une véritable icône de la culture française. Mais aussi la complexité de sa vie adulte à travers ses amours tumultueuses.

 

 Gainsbourg-vie-heroique-Joan-Sfar-poster-affiche

Surprenant….

Vous allez finir par croire qu’il n’y a aucune ligne rédactionnelle sur ce blog, enfin surtout de ma part. Car en détaillant un peu on peut voir que pour Bruce c’est plutôt les DTV fantastique/horrifique/SF, Tootsif de l’asiat et du western, Flow plutôt du grand public, Calva de la SF (avec des chro sous acide…), Loïc surtout de l’horreur, Mat un glorieux ancien fan d’actionner…..et moi.

Gainsbourg-vie-heroique-Joan-Sfar

Évidemment, comme les autres j’ai mes marottes : l’horreur, les serial killer notamment et en général les films où le taux de mortalité est élevé (oui je sais c’est vaste). Là vous allez me dire : « Et Winnie l’ourson ». C’est pas faux. Le pire (?) c’est que j’ai bien aimé. Mon esprit un brin torturé (si si torturé, vous en connaissez beaucoup qui regarde Polisse pour se détendre?) me pousse vers à peu près tous les styles, et surtout comme fainéant comme pas deux des fois il y a des films qui passe à la télé et comme tout le monde je les regarde…

Gainsbourg-vie-heroique-Joan-Sfar

Et sous mes dehors de métalleux brutal, sachez que je suis un être plein de finesse….non je déconne je suis un ….. comment dire …… un putain de bourrin, voilà c’est le terme exact, un putain de bourrin. Pourtant musicalement, assez étrangement, j’adhère largement à l’œuvre de Gainsbourg il est vrai riche et complexe tant au niveau des textes que de la musique.

Tout ça pour dire qu’au départ j’ai regardé sans grande conviction, car les biopics ça me gonfle. Et là surprise, ce n’est ni simplement hagiographique ni linéaire, à peine chronologique (plutôt des tranches successives). Et c’est surtout par moment totalement fantasmagorique avec le personnage de Gainsbourg discourant et interagissant avec sa « conscience » (voire même son « sur-moi ») prenant vie et forme à l’écran sous forme de pantin / marionnette.

Gainsbourg-vie-heroique-Joan-Sfar

A part les plus jeune d’entre vous, on va dire que ceux de ma génération on quand même pas mal vu Gainsbourg sur les plateaux TV (moment de toutes façons encore régulièrement diffusé ici ou là), faisant qu’on encore assez largement une idée du personnage qu’il était un brin sulfureux (en même temps il faisait tout pour), provocateur mais aussi très créatif et très souvent à la pointe des courants musicaux (même encore à l’heure actuel, 20 ans après sa mort c’est très fort….).Gainsbourg-vie-heroique-Joan-Sfar

Et Joann Sfar, dont je ne connais pas du tout les oeuvres (il est surtout reconnu comme scénariste et dessinateur de Bande Dessinée) avec ce premier film réussis là où tant d’autres échouent : donner vie à un personnage public (récent qui plus est) sans trahir l’idée qu’on peut avoir de lui. Mais en plus la réussite du film valide tous les choix faits en amont que ce soit au niveau du casting ou de la technique.

La performance d’Eric Elmosnino, souligné à peu près par tout le monde, est vraiment impressionnante. En dehors du (vaste) débat sur le besoin de ressemblance physique (ici on a parfois l’impression d’avoir le vrai à l’écran), le travail au niveau de la gestuelle, de l’attitude et de la voix est considérable. donnant au film une réelle profondeur et crédibilité. Une bonne partie du cast oscille entre cabotinage et justesse que ce soit Laetitia Casta en Bardot ou la défunte Lucy Gordon en Birkin, mais allant toujours dans le sens au film, donnant un esprit décalé et apportant une vrai cohérence à l’ensemble.Gainsbourg-vie-heroique-Joan-Sfar

Le film n’est pas exempt de défaut, notamment au niveau du rythme avec pas mal de répétitions et de la longueur qu’on peut voir comme une forme de générosité…..l’une des facettes de cet artiste qu’était Serge Gainsbourg.

moyen mais sympa
moyen mais sympa

Gainsbourg, vie héroïque de Joann Sfar (2010, Fra), scénario Joann Sfar avec Eric Elmosnino, Laetitia Casta, Lucy Gordon, Anna Mouglalis, Doug Jones, Sara Forestier, Yolande Moreau, Philippe Katerine…..durée 2h10

Publicités

6 commentaires

  1. j’ai trouvé ce film magistral ! justement parce que comme tu dis, sfar sait se détourner du bipic pour proposer quelque chose de personnel, tout en restant un vrai hommage à gainsbourg…
    tu devrais découvrir les bd du réalisateur d’ailleurs : commence par le chat du rabbin (et pas le film, hein ! 🙂

    J'aime

  2. J’ai adoré, juste un bémol sur certains choix, comme celle de finir ce film avant une période faste et culte notamment avec sa fille. mais l’originalité et Elmosnino le film offre tout de même une oeuvre réellement riche… 3/4

    J'aime

    • On peut voir ça aussi comme un choix malin, en traitant la partie moins médiatique (même si c’est assez relatif avec Gainsbourg) il peut se permettre un peu plus de liberté et de créer un genèse. Et puis le film est déjà long….

      J'aime

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s