Mon Idole de Guillaume Canet (2002) par Tootsif

Bastien, un jeune homme de 28 ans, est chauffeur de salle pour une émission télévisée à succès intitulée « Envoyez les mouchoirs ». Il est également l’assistant de Philippe Metzger, un animateur vedette quelque peu arrogant, et son souffre-douleur. Cette situation lui permet tout de même d’approcher son idole, un producteur de génie s’appelant Jean-Louis Broustal.

Un jour, ce dernier l’invite à passer un week-end à la campagne afin de travailler sur un nouveau concept d’émission que Bastien a imaginé : « La Preuve en images ». Celui-ci accepte sa proposition et fait la connaissance de sa charmante épouse, Clara. Le jeune homme ambitieux ne va pas tarder à découvrir la face cachée de son employeur et ses véritables intentions.

LES GENS M’APPELLENT L’IDOLE DES JEUNES

            La fin des années 90/début des années 2000 marque un tournant à la télévision française avec l’apparition de la téléréalité et de ses programmes allant loin dans le voyeurisme et l’outrancier, apparition qui se fit grâce  à des producteurs stars devant lesquels les chaînes de télé s’écrasaient leur laissant presque la gestion des grilles de programmation.

            Et si le cinéma américain s’était depuis longtemps emparé de ce phénomène  (et ce avant même son apparition comme visionnaire des dérives télévisuelles) avec des films comme Running Man, Videodrome et d’autres, le cinéma français ne s’est pas vraiment emparé du sujet.

            Bon, il faut dire en même temps qu’avec le système de financement du cinéma français, ce sont les dites chaînes qui aboulent l’oseille donc, bon, ben on va pas cracher dans la soupe.

            Pourtant un homme va oser le faire ! Et pour son premier film en plus ! Bon ok, c’est pas non plus un noob puisque Guillaume Canet (et oui c’est de lui qu’il s’agit pour les 3 gugusses du fond qui n’ont pas lu le titre de la critique) est à cette époque Ze jeune acteur français qui monte à cette époque : César du meilleur espoir en 99, vedette internationale (ou pas) à côté de Léonardo Dicarpaccio dans La Plage, navet avec Vidocq….le mec a grave la cote et peut donc tourner un premier film qui se veut joyeusement subversif sur l’univers de la télévision.

            Et le début est plutôt funky en nous faisant suivre les traces d’un chauffeur de salle d’une émission de téléréalité au moins aussi conne que celles que l’on se tape en vrai. Ce dernier, joué par Guillaume Canet, est le larbin du présentateur vedette.

Mais au fond de lui ce dernier croit qu’il a lui aussi le talent pour crever l’écran et croit enfin toucher à son but quand son producteur de patron, qu’il adule, l’invite à passer son weekend chez lui à la campagne pour bosser un nouveau projet d’émission.

            Le début est plutôt drôle nous brossant un portrait au vitriol des hautes sphères de la télé où le petit personnel est traité comme de la merde, où les animateurs sont des grandes gueules qui se prennent pour les rois du monde, où les producteurs ultra-bronzés et aux dents blanches sont de vrais requins qui font la pluie et le beau temps tant sur le PAF (paysage audiovisuel  français) que sur leurs employés.

            Ouais c’est ultracliché comme lors du passage de la boîte de nuit avec champagne et bimbos mais c’est plutôt fendard et rythmé d’autant plus que le personnage de Broustal (génialement interprété par François Berléand) avec sa gouaille, ses réparties cinglantes, son air hautain donne une vraie personnalité au film.

            Et puis d’un coup on s’éloigne de cet univers de la télé pour retrouver Bastien à la campagne et le début déjà foufou laisse la place à de la folie pure !

Bastien se retrouve dans la chambre de la défunte mère de Broustal, couche avec la femme de ce dernier avec en plus sa bénédiction. Bref ça part joyeusement en vrille et pendant un moment on enchaîne les situations bien hallucinées dont l’annonce du couple à Broustal à Bastien que ce dernier devrait être leur « bouffon » constitue le sommet.

            Car hélas à partir de là tout va étrangement retombé. Et ouais alors que c’est à ce moment que la douce folie devait se transformer en folie pure le soufflet retombe gravement.

            A croire que Canet n’a pas vraiment su quoi faire de son film après cette révélation, il nous bourre son film de passage ennuyeux et faussement fou et subversif.

Ainsi voir Berléand déguisé en sorte de poupon et Canet en lapin est marrant 2 secondes après on se fait autant chier que Bastien assit sur son fauteuil.

            A trop chercher les moments foufous Canet passe à côté de cet effet et peine à raviver notre intérêt malgré un enchaînement de situations qui se veulent dingues mais qui rallongent artificiellement la durée du film (le passage avec Daniel Prévost n’apporte strictement rien). Ben ouais désolé mais ça prend pas, le film étant dans une structure typée grand huit où les passages plus calmes sont vraiment chiants et les passages nerveux finalement pas tant que ça.

Ajoutez à cela que la réalisation de Canet est d’une mollesse incommensurable, ce qui rend les passages chiants encore plus chiants et les passages fous ben, pas si fou que ça ! Damned.

            Et pour parachever ce sentiment de naufrage qui s’installe peu à peu il y a ce final faussement moralisateur  et bien trop bavard où l’agneau se transforme en loup, qui ne veut plus être le dindon de la farce mais qui au final l’est quand même qui rend le propos du film encore plus vain.

            Là aussi est le défaut du film, avoir le cul entre bien trop de chaises : d’abord satire de l’univers télévisuel, il s’en éloigne peu à peu pour tourner puis totalement pour tourner à la comédie noire pour enfin se terminer en une sorte de pamphlet pompeux et chiant.

Les bases étaient bonnes mais le résultat final l’est beaucoup moins.

« Mon Idole » de Guillaume Canet (2002). Avec : Guillaume Canet, François Berléand, Diane Kruger, Daniel Prévost. Distribué par Mars Distribution. Durée : 01 H 50.

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