Cannibal Holocaust de Ruggero Deodato (1980) par Marc Shift

Au fin fond de l’Amazonie disparaît une équipe de quatre reporters chevronnées. Face à l’absence de nouvelles une expédition dirigée par un chercheur en anthropologie est envoyée sur place pour enquêter. Ils vont découvrir un peuple qui va les mener au bout de l’horreur….

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Soupe à la tortue façon italienne.

Des fois Bruce a des idées. Non en fait il a tout le temps des idées, parfois pourries, parfois nazes. Comment c’est le chef ici? Ah merde….je disais donc des idées de génie traversent assez régulièrement l’esprit inspiré (voir divin) de notre chef gourou adoré et vénéré.

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D’où l’idée d’un dossier consacré aux films en rapport avec la télévision. Je ne savais pas trop quoi regarder et là…illumination génial (si si mes idées sont géniales) je vais me (re)faire Cannibal Hollocaust.

Oui Bruce? Bon il veut à tous prix que je rappelle l’idée de départ du film:  Deodato voulait dénoncer la violence des médias télévisuels, la culture du sensationnalisme auquel son jeune fils (et donc les titnenfants) était (sont encore d’ailleurs) confronté. Bon en même temps le film tourne autours d’une équipe de télé disparue donc on s’en fout je suis pile poil dans le sujet.

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C’était surtout l’occasion, pour moi, de revoir ce film qu’à l’époque je n’ai pas trop aimé et de me refaire une opinion, limite dans l’idée de réévaluer l’œuvre. Maintenant je me rappelle pourquoi je m’étais débarrassé de mon DVD, c’est qu’en fait d’un côté le film frôle le génie et d’un autre le consternant.

L’histoire part d’un bon sentiment et je dirais même que la première partie et plutôt bonne avec ce scientifique anthropologue et humaniste, le docteur Monroe, qui part sur la trace de 4 reporters aventuriers disparus (et considérés comme mort car les vivres seraient épuisés). Bon c’est un film de genre italien et donc……les acteurs sont assez moyens, mais le décor est bien mis en valeur et la réalisation, fait dans un esprit très documentaire, développe une ambiance assez pesante. Dommage que la musique soit vraiment mauvaise (mais c’est quoi ces violon???), il aurait été bien plus judicieux de s’en tenir aux bruitages qui eux sont bien gérés.

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S’enfonçant un peu plus dans la jungle la seconde expédition découvre progressivement des indices les mettant sur la bonne piste (en pleine jungle….oui on se fout un peu de la crédibilité). Le Dr Monroe découvre aussi les étranges et barbares coutumes indigènes (la punition d’un adultère…) grâce à ses guides. Progressivement la petite troupe découvre des indigènes inhospitaliers mais le Dr Monroe arrive à les amadouer (surtout les femmes car il fait la danse de la bite….) et à se faire accepter. Il découvre alors l’horreur : les restes de la première expédition. Il arrive finalement à récupérer les bobines des films tournés par l’équipe de reporters.

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Et c’est là que les ennuis commencent, pour le spectateur surtout. Alors non cela n’a rien à voir avec la mort de quelques animaux, dont je me fout éperdument, (la tortue c’est juste pas méga appétissant, mais c’est p’tét bon quand même). La réalisation, malgré quelques incohérences est même une véritable réussite, un vrai tours de force, utilisant la technique du found footage (caméra censé être tenu par l’un des acteurs du film, terme qui n’existais pas à l’époque) et peut être même en l’inventant donnant  au métrage un impact énorme, d’où le film tire une aura quasi mystique qui marque encore le cinéma à l’heure actuelle.

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Mais les acteurs de cette partie là sont franchement navrant (bonjour les regards de veau mort….),  mais surtout voir une équipe de journalistes professionnels qui violent et tuent crée un problème de cohérence….Oui le but est la dénonciation des médias mais on est plus que dans la caricature, on est en plein hors sujet . En fait la provocation est très grossière, le film perdant dans ses idées l’impact qu’il imprime au niveau visuel, cela pourrait tenir d’une démonstration par l’absurde, mais le film n’étant pas une satyre (plutôt un portrait au vitriol) il se loupe quand même dans les grandes largeurs au niveau de son script.

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Reste que le film a marqué et marque encore de son empreinte le cinéma. Et rien parce qu’une quantité astronomique de personnes le trouve dégoutant, choquant, que les amis des bêtes rêvent de le brûler, il est urgent de continuer à le défendre (malgré ses faiblesses évidentes) parce que l’art sert aussi à provoquer…..

un bon film
un bon film

 

Cannibal Holocaust par Ruggero Deodato (1980 Ita, USA, Colombie) Effets spéciaux  Aldo Gasparri, avec Robert Kerman, Carl Gabriel York, Francesca Ciardi, Perry Pirkanen…..durée 1h38.

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