Vidéodrome de David Cronenberg (1983) par Tootsif

Le patron d’une petite chaîne érotique sur le câble capte par hasard un mystérieux programme-pirate dénommé Vidéodrome, qui met en scène tortures et sévices sexuels. Son visionnage provoque peu à peu des hallucinations et autres altérations physiques. La frontière entre réalité et univers télévisuel devient bien mince, et la folie guette…

VIDEO KILLED RADIO STAR (ET PAS QUE)

            Il y entre le cinéma de Cronenberg et moi une longue incompréhension, presque une révulsion, ce qui fait que je n’ai tenté de me lancer profondément dans la filmographie du bonhomme et ayant même tendance à fuir comme la peste lorsqu’un de ses films était diffusé.

Mais voilà comme le dit la longue liste des proverbes à la con il faut combattre le mal par le mal et le thème imposé par notre très cher patron dictateur général, la télévision au cinéma, est le moment idoine pour me confronter de nouveau à son univers si particulier.

            Car sur ce thème de la télévision, Cronenberg avec son film Vidéodrome est un précurseur.

Car si maintenant débattre des bienfaits et méfaits des programmes télévisuels sur le comportement des téléspectateurs est chose courante, voire « facile » ce n’était pas le cas dans les années 80, où la télévision, très encadrée ne se permettait que bien peu d’excès.

            Alors quand Videodrome débarque en 1983, Cronenberg a 20 ans d’avance. quand il nous parle de Max Renn, président d’une obscure chaîne de télévision qui, pour se faire remarquer a fait de la violence et du sexe le fonds de commerce de ses programmes.

            Et avec le débat télévisuel que ce dernier engage avec une animatrice de radio et un soi-disant spécialiste des médias celui-ci justifie le caractère violent et sexuel de ses programmes. Pour lui sa chaîne est la catharsis des pulsions que les spectateurs ont au fond d’eux et en diffusant de telles images il ne fait qu’exprimer la nature profonde de ses spectateurs et leur permet d’évacuer leurs pulsions qui sans lui, sans sa chaîne, il n’y aurait rien pour réfréner leurs pulsions qui, un jour, pourrait apparaître au grand jour et se traduire par des actes violents dans la réalité.

            Ainsi Max Renn fait œuvre de paix sociale par le biais de sa chaîne.

            On retrouve ainsi les thèmes chers à Cronenberg : violence et sexe dont Max Renn et, peut être plus particulièrement, Nicki Brand, sa compagne adepte de l’amour sado-masochiste sont les vitrines.

            Mais Cronenberg va aller encore plus loin avec la découverte par Max Renn du programme télévisé Vidéodrome.

Qu’est ce que Vidéodrome à première vue ? Un programme télé à la violence tellement crue que le spectateur en est fasciné et qu’il ne décroche pas malgré l’absence totale d’intrigue ou de but.

            Mais si on va plus en profondeur, Vidéodrome est bien plus que cela il entre dans la tête de ses spectateurs et développe dans leur tête une tumeur qui leur fait confondre fiction et réalité !

Et pire que tout ce programme a été développé dans le but de manipuler les masses de téléspectateurs.

            Et là le film m’a perdu. Entre paranoïa, folie, hallucinations, théorie du complot qui se rajoute au sexe et à la violence j’ai totalement décroché pour assister passivement à la fin du film. Alors c’est peut être le but de Cronenberg de mettre son spectateur dans une situation passive où il ne comprend rien de ce qui est devant ses yeux le rapprochant ainsi de la situation de Max Renn totalement dépassé par son incapacité à différencier ses hallucinations (si elles en sont vraiment ?) de la réalité.

Je ne sais pas mais dans tous les cas je n’étais plus dedans malgré la fascination certaines que provoquaient en moi les images de Cronenberg.

            Car si je n’étais plus dans le film je dois reconnaître la fascination, le malaise qu’ont provoqué les images de Cronenberg notamment les hallucinations de Max pures folies visuelles : son corps qui s’ouvre au niveau de l’abdomen pour laisser une fente où il introduit une cassette devenue vivante de Vidéodrome, une bouche qui sort de l’écran dans lequel Max se vautre voluptueusement, une séance de fouet par écran interposé….Et surtout le trip biomécanique avec un pistolet qui fusionne avec la chair de Max.

Car chez Cronenberg tout est organique mais tout est aussi froid, irréel donc la chair se doit de fusionner avec le métal.

            Oui il y a une vraie folie visuelle, une violence, une tension sexuelle vraiment fascinante mais pourtant je ne suis pas rentré dedans, un phénomène de rejet s’est même produit devant l’obscurité du propos et la paranoïa galopante du dernier acte.

            A croire qu’entre Cronenberg et moi il y a une longue incompréhension qui n’est pas prête de s’arrêter.

« Vidéodrome » de David Cronenber (1983). Avec : James Woods, Deborah Harry, Peter Dvorsky, Sonja Smits. Durée : 01 H 28. Distribué par Filmplan

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