Oui, les hommes pleurent aussi au cinéma par Tootsif

A La Pellicule Brûle on est des Macho men car élevés à l’actionner testostéroné des années 80 nous sommes de vrais mâles, velus, couillus chez qui les gerbes de sang provoquent des râles de plaisir et les histoires d’amour des bâillements d’ennui (assorti d’un « pov’ tapette »).

Oui voilà ce que nous sommes sur La Pellicule Brûle ! Tout du moins voilà l’image que toi, public, a généralement de nous.

Mais, faut dire que les chroniques toutes en finesse de l’ami Marc ainsi que les élucubrations hallucino-alcooliques de Captain Calva font tout pour contribuer à cette image que nous nous sommes donnés pour donner ce ton si particulier à ce blog.

Pourtant, derrière ces airs bourrus, il y a des petits cœurs qui battent, des âmes bonnes qui ne demandent qu’à s’épanouir. Tout du moins pour moi car pour mes compères je ne me prononcerai pas et laisserai le soin au Seigneur et aux psychiatres de se prononcer sur leurs cas.

Donc oui, derrière Tootsif, ce chroniqueur à la langue acérée, à la plume assassine, il y a aussi un cœur, une âme, peut être égarée, mais qui sait reconnaître la beauté quand elle la voit et, pleurer, devant un écran de cinéma.

Oui ! Pleurer ! Le mot est dit, la révélation est faite ! Je peux pleurer devant un film et je vais maintenant vous raconter l’histoire de mes émotions cinématographiques.

L’Ours de Jean-Jacques Annaud (1988).

Oui, je sais, ce moment je l’ai déjà avoué dans une précédente chronique mais, que voulez-vous, ces premiers pleurs au cinéma on s’en souvient toute sa vie.

Faut dire franchement que ce film a été conçu pour traumatiser le enfants : 2 minutes et la choupinette maman ourse se prend un rocher sur le coin de la tronche !!!!

Bouuuuuhh c’est tristeeeeeuuuu !!! Et pis quand bébé ours vient la léchouiller, limite on s’attend à ce qu’il lui dise « maman ! Maman ! », comment vous voulez pas craquer et chialer à en inonder le cinéma.

Le Grand Bleu de Luc Besson (1988).

Le Grand Bleu c’est le film de  ma vie, celui qui si ma dvdthèque brûlerait je sauverais en priorité. Pourquoi ? Parce qu’il a accompagné au même titre que les Star wars nombre des mercredi après-midi de mon enfance permettant à mes parents de s’absenter en toute priorité.

Mais, si Star Wars c’est les joies aventureuses de mon enfance, Le Grand Bleu c’est quelque chose de plus profond, qui m’hypnotisait par son rythme, son ambiance, sa musique.

Rien que cette scène du début ou Rosanna Arquette croise au ralenti Jean Marc Barre en combinaison prêt à plonger dans la glace me donne des frissons mais le sommet d’intensité émotionnelle est atteint quand Jacques vient déposer dans les profondeurs aquatiques le corps d’Enzo.

Alors, quand Jacques quitte toute attache avec le monde réel pour s’enfoncer dans ce qu’il croit être son vrai monde, sa réalité, j’ai pleuré. Et, je pleure encore.

Western inconnu.

Je vais vous parler d’un western dont j’ignore totalement le nom vu vers 9/10 ans et qui m’a profondément marqué par son injustice.

L’histoire : une diligence remplie de nantis embarque un cow-boy, mais celui-ci d’origine métis ne convient pas aux « bonnes gens » et donc, si mes souvenirs sont bons il se retrouve obligé de voyager avec le cocher.

La diligence est ensuite prise d’assaut par des hors-la-loi et le seul à s’opposer est ce cow-boy et ce dernier mourra pour protéger ses « braves gens » qui l’ont rejeté.

Devant cette injustice totale, sitôt le générique final se déroulant je me précipité dans ma chambre pour pleurer, complètement choqué que des gens ne fassent rien pour une personne qui se bat pour eux.

Et oui, c’est pas facile d’apprendre ce qu’est l’injustice et ça fait mal quand on est mioche.

Il était une fois dans l’Ouest de Sergio Leone (1968).

J’hésitais avec un passage de Et pour quelques dollars de plus du même réalisateur lorsque l’on découvre enfin la signification de cette boîte à musique mais, chez Leone, un passage surtout provoque à chaque fois des larmes chez moi, et, comme pour Et Quelques Dollars de Plus c’est lié à la musique, à la vengeance et à un flashback.

Dans ce dernier qui a lieu lors du duel final entre Franck et Harmonica on apprend enfin pourquoi l’homme à l’harmonica poursuit Franck : ce dernier est à l’origine de la mort de son frère.

En effet, on voit lors de ce flashback un Franck Jeune mettre dans la bouche d’un jeune garçon, tandis que ce dernier soutient sur ses épaules son frère pendu, un harmonica. Et là la beauté des images à laquelle s’ajoute la magnifique musique d’Ennio Morriconne nous donne l’impression que c’est le gamin qui joue avec son dernier souffle et que lorsqu’il s’arrête il s’écroule.

C’est tout simplement d’une beauté à en pleurer.

Le Tombeau des Lucioles de Isao Takahata (1996).

Attention âmes sensibles s’abstenir !

Ici on suit les pérégrinations de 2 jeunes orphelins durant la seconde guerre mondiale et, putain, que la vie est dure avec eux. A côté la vie de Rémi sans famille et de Princesse Sarah c’est de la gnognotte !

Dur, poétique, plein d’espoirs  hélas vite déçus, terriblement cruel dans son final, Le Tombeau des Lucioles fera craquer la pire des brutes.

A ne surtout pas voir un jour de cafard ou de grisaille car les risques de suicide après visionnage sont importants.

Old Boy de Park Chan-Wook (2003)

Là aussi un final qui m’a profondément marqué. Si toute le film est déjà d’une surpuissance émotionnelle, le dénouement final d’une cruauté rare mais avec une mise en scène d’une beauté rare m’a profondément marqué.

Et c’est cette dualité entre la magnificence des images et la noirceur des propos et émotions, une morbide fascination  m’a étreint jusqu’à me faire pleurer.

Terrence Mallick et L’Assassinat de Jesse James par le lâche Robert Ford d’Andrew Dominik (2007)

Ici pas de scènes particulières, la simple beauté des images mises en scène et le rythme narratif utilisés par Mallick ou Dominick suffisent à provoquer chez moi l’émoi et m’hypnotiser.

Donc oui, les hommes, tout du moins moi, pleurent aussi au cinéma. Chez moi plus que faire une scène larmoyante pour être larmoyante (genre les drames) c’est plus la beauté d’une image qui provoque chez moi des larmes.

Vous noterez que peu de films récents ont réussi à provoquer cette émotion chez moi, preuve que dernièrement peu de films ont su trouver grâce à mes yeux (Drive y est presque parvenu) et que pour trouver des images qui ont provoqué chez moi une telle émotion que les larmes me sont montées aux yeux, c’est vers le jeu vidéo qu’il faut se tourner avec des œuvres comme Shadow Of The Colossus, Ico, Journey, Walking Dead, Mass Effect….

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12 commentaires

  1. ‘Antartica’ le film jap avec les chiens qui crévent un par un, le début et la fin du rip-off de ‘jaws’ ‘Orca’ touts les épisodes de ‘Rémi sans famille’…

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    • c’était une époque où il n’y avait pas autant d’hypocrisie et où le cul et la mort n’était pas tabou. Maintenant il n’y a plus de sang dans les dessins animés, ils se veulent plus « éducatifs »…

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  2. Dés que j’ai l’okaz j’en parle a tout le monde de ce dessin animé, l’épisode avec le singe ‘Joli coeur’ qui créve d’épuisement pour quelques piécettes, et qu’au final il n’y a que ‘Kapi’ le chien avec le chapeau qui s’en sort, c’était marquant voir traumatisant et je parles même pas de la mort de ‘Vitalis’…

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