Fenêtre sur cour d’Alfred Hitchcock (1954) par Bruce Kraft

A cause d’une jambe cassée, le reporter-photographe L. B. Jeffries est contraint de rester chez lui dans un fauteuil roulant. Homme d’action et amateur d’aventure, il s’aperçoit qu’il peut tirer parti de son immobilité forcée en étudiant le comportement des habitants de l’immeuble qu’il occupe dans Greenwich Village. Et ses observations l’amènent à la conviction que son voisin d’en face a assassiné sa femme….mais comment en être sûr et certain alors qu’il est bloqué chez lui?

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Un cinéphile qui fait un blog devrait toujours commencer par la critique des classiques du cinéma et du coup j’ai honte de ne m’attaquer à Hitchcock qu’aujourd’hui.

En plus, pour aggraver mon cas, cet Hitchcock  je ne l’avais jamais vu!! Hallucinant quant on sait qu’une fois le film terminé je me suis dit, et je suis sincère, qu’il y avait belle lurette qu’un film ne m’avait pas autant scotché en matière de suspense. Comment un film datant de 1954 est arrivé à faire ce qu’aucun film actuel n’était parvenu à me faire depuis Inception (deux ans quand même!!)?

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Tout simplement parce que Fenêtre sur cour est une véritable leçon de cinéma et de réalisation (4 nominations aux oscars) . Hitchcock va faire fonctionner son film sur la seule technique du champ-contrechamp (on voit, face caméra, le héros regarder chez ses voisins, puis on voit ce qu’il voit, puis on revient sur son visage et sa réaction ).

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La technique est peut-être classique mais tellement bien utilisé que l’on ne s’aperçoit pas, parce que l’on est scotché à l’image et à l’intrigue, que tout ce que l’on voit n’est que du point de vue du héros, Hitchcock ne nous laissant avoir un point de vue objectif qu’en toute fin de bobine afin d’y abandonner le dénouement de cette intrigue si palpitante où la seule question est: le voisin a t-il vraiment tué sa femme?

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C’est vrai que la technique y est pour beaucoup dans la réussite de ce film mais n’oublions pas ce regard pertinent, et tellement actuel finalement, sur notre curiosité qui nous pousse à observer nos semblables de manière presque malsaine. Du voyeurisme à l’état pur et qui prend, de manière sournoise, notre héros en mal d’activité.

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Un héros incarné par un James Stewart au sommet de son art (certainement un des acteurs les plus courtisé de l’époque) accompagné par la légendaire et magnifique Grace Kelly. Stewart endosse le rôle du photographe fauché, cloué chez lui, embarquant sa fiancée, mondaine et riche, dans sa certitude d’avoir un meurtrier comme voisin. Les deux passant leur temps à se chicaner avec un certain sens de la répartie et du bon mot qui font mouche.

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Le petit bonus dans le film, en plus, est de s’amuser à retrouver Hitchcock qui s’amuse, une fois de plus, à faire une apparition furtive dans son propre film. Alors finalement si je n’ai qu’un conseil à vous donner c’est de vous jeter à corps perdu devant ce bijou du cinéma aussi intemporel que parfait. Culte? vous avez dit culte? Sans aucun doute.

Culte évidemment!!
Culte évidemment!!

Fenêtre sur cour (U.S.A) d’Alfred Hitchcock (1954). Avec James Stewart, Grace Kelly, Thelma Ritter, Wendell Corey, Raymond Burr. Durée: 1h52.

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3 commentaires

    • Pour toi cela paraît peut-être évident mais discute avec un jeune de 17 ou 18 ans et tu pourras constater par toi même que la notion même de films réalisés avant les années 80 leur est totalement étrangère. J’ai discuté avec une amatrice de films fantastiques et d’horreur…et bien l’exorciste ou psychose ne lui parle même pas….Il y a vraiment une éducation cinématographique à faire!!!

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  1. C’est sûr que c’est à voir, même s’il y a d’autres films d’Hitchcock qui sont plus intéressants à mon avis. La grande question c’est quand est-ce que la Universal va se sortir les doigts du fion et nous offrir des restaurations à la hauteur des films. Les DVDs étaient catastrophiques et d’après les critiques, le coffret blu-ray de cette année n’est guère plus convainquant… Ça donne envie de se la jouer Anthony Perkins et d’agresser les responsables sous la douche. Malheureusement, m’est avis qu’ils sont un peu moins sexy que Janet Leigh.

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