Mémoires de nos pères (2006) & Lettres d’Iwo Jima (2007) de Clint Eastwood par Marc Shift

Iwo Jima est une petite île située à un bon millier de kilomètres de Tokyo, sans réelle importance. La Seconde Guerre Mondiale en décidera autrement….

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 La bataille d’Iwo Jima

Dans une guerre tout est histoire de stratégie, et la bataille pour l’île d’Iwo Jima en est le parfait exemple, car cette île est suffisamment vaste pour accueillir une base aérienne (les japonais avaient installés trois aérodromes) et de là il est possibilité de bombarder massivement le territoire japonais. Donc pour l’armée impériale du Japon il est hors de question de la perdre, et pour l’armée américaine elle est indispensable en vu d’une invasion pour mettre fin au conflit.

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Et initialement le projet de ce film était assez classique, tiré du roman homonyme américain relatant cette bataille et la pose du drapeau au sommet du mont surplombant l’île. Vu comme ça c’est « juste » un film de guerre de plus. Mais au cours de la préparation du film, Clint Eastwood eu l’idée d’en tirer un deuxième film basé du point de vue japonais.

Idée assez brillante, car si les deux films peuvent être vu séparément sans que cela en altère leurs qualités (et leurs défauts….), le diptyque forme un tout très cohérent et surtout donne une dimension supérieur au commun des films de guerre sortant régulièrement au cinéma (ou en DTV).

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Car la plus grande force de ce diptyque est de poser un oeil assez neutre et impartial que ce soit sur le côté américain, avec Mémoires de nos pères décrivant les mécanismes de propagande naissant sur le sol natal des combattants, ou sur le côté nippons montrant des profils assez varié allant des fanatiques aux humanistes en passant par le soldat lambda embarqué dans cette guerre bien malgré lui.

Mais dire que ces films sont bons, ce n’est pas non plus en faire des chefs d’oeuvres, la faute à un curieux manque de souffle (sans doutes dû à la volonté d’être impartial), à un problème de rythme surtout pour Mémoires de nos pères qui traine bien trop en longueur, ainsi que des soucis de confusion qui parsème Lettres d’Iwo Jima.

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Alors il n’y a rien de vraiment rédhibitoire dans la réalisation de Clint Eastwood, réalisateur très souvent (et il le reconnaît lui même) qualifié de classique (peu d’effets « spectaculaires », découpage minimaliste….) ce qui a l’avantage de lui laisser la possibilité de (bien) raconter à peu près n’importe quelle histoire. Mais dans un projet de cette ampleur ce carcan montre une certaine limite, si l’on se sent concerné par les histoires entourant la bataille d’Iwo Jima, on est pas non plus totalement transporté.

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Dommage car Mémoire de nos pères tient un discours intéressant autours de l’héroïsme avec ses soldats désignés héros par les média grâce à une photos d’eux prise lors de l’installation du drapeau américain sur le sommet de l’île. Problème, la photo est prise alors que c’est le remplacement du drapeau déjà érigé. Les soldats pris en photos (les survivants…) seront renvoyé au pays bon gré mal gré, et seront utilisé par l’administration pour collecter des fonds. Entre imposture forcé (l’administration au courant ne veut en aucun cas le faire savoir), culpabilité, racisme (l’un des soldats est amérindien) mensonge et oublie le discours est puissant. Mais le film est trop long.

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Dommage aussi pour Lettres d’Iwo Jima tenant un discours sur la stupidité d’un conflit par le biais de deux personnages attachants le général Kuribayashi (au portrait très réaliste) ayant fait une partie de ses classes aux USA et y comptant nombre d’amis et le « baron » Nishi, médaillé d’or en équitation aux jeux de Los Angeles en 1932 (et reconnu aux USA) au portrait un peu plus « aménagé » (dans la réalité il ressemble bien plus à ceux qui s’oppose au général dans le film). On voit aussi dans ce film l’importance de la propagande (bien ancrée celle là) et de l’autoritarisme du régime japonais. Dommage que le film manque de souffle (un suicide à la grenade? On va pas dire qu’on s’en fout mais pas loin….), et que ce soit un peu confus (celui qui comprend la topographie de l’île sur ce film est balèze…).

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Au final Mémoires de nos pères et Lettres d’Iwo Jima sont « juste » de bons films, ce qui n’est déjà pas si mal…..

Mémoire de nos pères de Clint Eastwood (2006, USA) « Flag of our fathers » avec Ryan Philippe, Adam Beach, Neal McDonough, Robert Patrick, Barry Pepper, John Slattery….durée 2h12

moyen mais sympa
moyen mais sympa

Lettres d’Iwo Jima de Clint Eastwood (2007, USA) « Letter from Iwo Jima », avec Ken Watanabe, Kazunari Ninomiya, Ryo Kase, Tsuyoshi Ihara….durée 2h19

moyen mais sympa
moyen mais sympa

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