Maniac de WilliamLustig (1980) par Marc Shift

Frank Zito est un homme charmant et de bonne compagnie mais dans son antre des poupées sont recouvertes par les scalps sanglants provenant de ses nombreuses victimes….

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CARNIVAL IN GORE

Voilà un film qui partage les avis, culte pour les un, complaisant et putassier pour d’autre. Où est donc la vérité? Difficile de trancher. Le film est sortie au tout début de l’invasion des slashers au cinéma, sortant même en 82 en France après le carton du premier volet des Vendredi 13. Maniac est pourtant assez unique dans le genre, pas seulement parce qu’il n’a pas eu de suite (« seulement » un remake 30 ans après), en grande partie à cause du décès prématuré de Joe Spinell acteur principal et co-scénariste du film, mais aussi par ses excès accumulant meurtres et effets gores.

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Evidement le propre du slasher est d’accumuler meurtres et effets gore pour le plus grand plaisir des spectateurs déviant …. dont je fais partie. Mais avec Maniac le contexte est un peu différent car le film est très ancré dans la réalité (hormis un final ouvertement fantastique), très urbanisé utilisant rues et métro New-Yorkais.

Et surtout nous suivons Frank Zito, tueur névrosé, dans ses agissements. Et plus que suivre, la caméra colle au personnage sans créer de distanciation, c’est l’une des raisons principales pour la quelle les détracteurs en parlent comme un film trop voyeuriste. Et il faut reconnaître que ce problème se retrouve autant sur la forme que sur le fond, car le fond…….y en a pas. Enfin la frontière entre le pas et le peu est assez mince, on va dire que le fond du film se situe entre le pas et le peu.

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Le personnage de Frank Zito, comme souvent pour un sérial killer fictif, est inspiré par la réalité (notamment par Ed Gein pour le côté fétichiste / nécrophile), ce qui n’est pas bien nouveau. Au niveau de l’interprétation il n’y a pas grand chose à redire Joe Spinell campe un tueur névrosé très crédible, tour à tour inquiétant, sadique puis affable ou charmeur, vivant dans un appartement surchargé de poupées et mannequins coiffés de scalps humains.

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A proprement parler l’intrigue du film est très ténu, essentiellement rythmée par une succession ininterrompue de meurtres (environ un meurtre toutes les dix minutes….) le seul véritable fil conducteur est la rencontre entre le psychopathe et une personne s’intéressant enfin à lui. Le film, qu’on ne se voile pas la face, n’a qu’un but : enchainer les meurtres et effets gore, le moyen trouvé et de créer un tueur, mais attention pas un psycho-killler à la Michael Myers, un plus vrai que nature : un hanté par le souvenir de sa mère, ayant le besoin fétichiste de posséder des souvenirs de ses victimes, suivant ses « exploits » dans les médias, ayant des problèmes relationnels avec les femmes etc….On ne peut pas nier une réelle recherche dans l’écriture au moins sur la psychologie du personnage qui certes n’est pas nouveau mais au moins bien fait.

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Autres qualités du film, son aspect technique et sa réalisation très nettement au dessus du lot de la moyenne des slashers, Maniac a beau être à la marge de ce genre et faire partie des premiers, il reste (au moins visuellement) parmi les tout meilleurs films de cette catégorie. Difficile de ne pas reconnaître la qualité des trucages réalisés pas le grand Tom Savini, dont on pourrait presque dire qu’il est co-réalisateur apportant même des idées au niveau de la déco du film (en fait dans une sorte de brainstorming constant avec William Lustig et Joe Spinell), qui réussis ici une partie de ses meilleurs maquillages. Ajoutons à cela le personnage campé par Caroline Munro, qui bien au delà de sa grande beauté parvient à donner de la consistance à son personnage, ne donnant pas l’impression d’être l’une de ces innombrables potiches (femme ou homme d’ailleurs) peuplant l’univers des slashers movie.

Maniac est un film partageant les avis, pour ma part je penche dans le camps des « pour » et j’assume…..

excellent, brillant
excellent, brillant

Maniac de WilliamLustig (1980, USA) Effets spéciaux par Tom Savini, avec Joe Spinell, Caroline Munro, Tom Savini…..durée 1h27.

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