Schizophrenia de Gerald Kargl (1983) par Marc Shift

Tout juste sorti de prison après avoir purgé une longue peine pour meurtre avec préméditation, un psychopathe se lance à la recherche d’une nouvelle proie à abattre. Il trouve de nouvelles victimes potentielles dans une maison isolée….

 

ANGST

Assez difficile de faire plus simple comme accroche et comme intrigue, mais ce film n’a rien de simple car nul besoins de multiplier les éléments pour faire une oeuvre complexe et une étude de cas fouillé. Film possédant une aura aussi mythique que malsaine, traumatisant durablement le réalisateur Gaspard Noé (le plus ardent défenseur de ce film?), il est aussi assez particulier de par ses origines et son parcours.

Ce film nous vient d’Autriche, dont ma connaissance de l’industrie cinématographique du coin est nulle (en dehors de Michael Haneke….) et au rayonnement international assez faible. Le contexte ensuite, le film est en grande partie basé sur une histoire vrai, celle de Werner Kniesek, au parcours proche de ce qui est décrit dans le film mais son triple meurtre est malheureusement bien plus effroyable que ce qui est décrit à l’écran.

Bon pour l’instant rien de bien neuf, un film sur un tueur en série venant un peu de nul part, avec un réalisateur inconnu au bataillon (cela serait son dernier film en date, il est devenu par la suite réalisateur de clip et de pub pour renflouer ses dettes….), un acteur principal Erwin Leder à la filmographie assez ténue (mais avec une participation à la Liste de Schindler tout de même)…..bref rien qui fasse bien envie.

Premier indice tout de même, le film ne sera jamais vraiment exploité en dehors de l’Allemagne et de l’Autriche en raison de l’intensité de sa violence. Donc de fait le film, politiquement peu soutenu, disparu de la circulation, hormis quelques rare VHS (existant en VF tout de même) qui tombèrent dans de bonnes mains (celle de Gaspard Noé entre autre, l’influence du film fut forte, notamment sur Seul contre tous). Et heureusement Carlotta films s’est penché sur son cas et réédite le film en DVD et blu-ray avec pas mal de suppléments à la clé.

 

Alors qu’est ce qui distingue ce film de la masse? Le film a été vu pour nous lors du Bloody week end et Tootsif, peu intéressé par le sujet et donc (?) peu réceptif aux nombreux effets visuel, c’est peu de le dire n’a pas accroché du tout. Pour ma part, j’attendais beaucoup du film. Les mauvaises langues (oui Tootsif est une mauvaise langue) diront que je me suis endormis….et c’est vrai, mais le film n’est pas en cause.

Ce qui distingue ce film de la masse c’est un système de caméra mis au point par Gerald Kargl et Zbigniew Rybczynski son directeur photographie. Ce dernier ne vous dira sans doutes pas grand chose, mais ce polonais mena ses études sur diverses techniques de réalisation et fut un membre actif d’un groupe d’avant garde et il poursuivi des recherches sur la technologie HDTV (pendant les années 90 et il aurait reçu diverses récompenses pour ses travaux). Quel est ce système ? C’est un mix entre un système de harnais sophistiqué (fixation sur la taille de l’acteur d’un anneau, sur le quel pivote la caméra) et un (double) jeu de miroir fixé sur l’objectif de la caméra.

Cela permet une proximité gluante et poisseuse avec le tueur, tout en permettant des rotations d’une fluidité réellement impressionnante, et aussi d’avoir des angles de caméra hallucinants. Ces sensations sont renforcées par une voix off omniprésente (que pour ma part je trouve trop atone, en VO en tous cas) faisant partager pensées et divagations du psychopathe. Cela donne des séquences réellement dérangeantes, comme lors d’une scène d’étranglement  d’une intensité effrayante (l’une des plus intense que j’ai  vu de mémoire cinéphilique) donnant un côté très anxiogène et viscéral au personnage principal comme rarement (jamais ?) vu au cinéma. Le tout est soutenu par une musique minimaliste et entêtante  composé par Klaus Schulze, pionnier et star de musique électronique, apportant une touche indispensable à l’ambiance. Le scénario quand a lui ne fait aucun faux pas dans la caractérisation du tueur, que ce soit dans le côté pulsionnel ou dans l’accomplissement de fantasmes « parfaits »…..Incontournable.

flam7

Schizophrénia -« Angst »- de Gerald Kargl (1983, Autriche). Directeur photographie Zbigniew Rybczynski, musique Klaus Schulze. Avec Erwin Leder, Silvia Rabenreither, Edith Rosset….durée 1h15, ou 1h23 avec le prologue redondant demandé par la production….

 

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2 commentaires

  1. J’ai vu ce film il y a quelques années au festival de Gérardmer, et je dois avouer qu’il ne m’a pas secoué. Je suis totalement passé à côté de son aspect « malsain » ou « dérangeant »… il a très mal vieilli. La voix off est souvent risible. Beaucoup de détails paraissent ridicules. Pour le reste, c’est un parcours de psychopathe classique, bien fichu, original, mais qui pour moi n’est pas bouleversant. Ni même vraiment marquant. Je préfère et de loin Maniac et Henry…

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    • Sur beaucoup d’aspect il est loin devant Maniac, surtout que les deux partage une scène d’étranglement franchement ratée dans Maniac et qui fait partie des plus réussis dans Schizophrénia, puis la scène du meurtre de la fille (en off) mais qui montre un aspect très glauque des sérial killer.
      Sur l’aspect psychologique il est nettement devant aussi et l’acteur est pas mal non plus. Mais c’est vrai qu’il est pas des plus facile d’accès, il mérite d’être revu.

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