Django unchained de Quentin Tarantino (2013) par Tootsif

Dans le sud des États-Unis, deux ans avant la guerre de Sécession, le Dr King Schultz, un chasseur de primes allemand, fait l’acquisition de Django, un esclave qui peut l’aider à traquer les frères Brittle, les meurtriers qu’il recherche. Schultz promet à Django de lui rendre sa liberté lorsqu’il aura capturé les Brittle – morts ou vifs.
Alors que les deux hommes pistent les dangereux criminels, Django n’oublie pas que son seul but est de retrouver Broomhilda, sa femme, dont il fut séparé à cause du commerce des esclaves…
Lorsque Django et Schultz arrivent dans l’immense plantation du puissant Calvin Candie, ils éveillent les soupçons de Stephen, un esclave qui sert Candie et a toute sa confiance. Le moindre de leurs mouvements est désormais épié par une dangereuse organisation de plus en plus proche… Si Django et Schultz veulent espérer s’enfuir avec Broomhilda, ils vont devoir choisir entre l’indépendance et la solidarité, entre le sacrifice et la survie…

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TARANTINO PAS TRES DECHAINE

Q.T et moi c’était, je croyais, à la vie à la mort puisque si je suis devenu cinéphile c’est un peu beaucoup grâce à lui et parce que je me retrouvais dans son style et ses influences j’ai pu plonger plus profondément dans l’histoire du cinéma et piocher ainsi les genres et films qui allaient constituer mon identité de cinéphile.

Mon ADN cinéphile se constitue donc des polars, des westerns spaghettis, du cinéma asiat et ça tombe bien c’est ça, ces influences que je retrouvais dans les films de Tarantino.

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Donc j’aime Q.T parce que j’ai l’impression que ses films sont fait exclusivement pour moi, que chaque référence qu’il place sont autant de clins d’œil qu’il m’adresse et parce que ces références, ces private jokes qu’il plaçait dans ses films étaient mises dans des films où, en principe, elles n’avaient rien à faire. Ainsi on avait un petit blanc qui s’attaquait à la blaxploitation, un occidental qui nous faisait un film de sabre et yakuzas, bref un mec qui nous sortait des sentiers battus.

Mais, depuis quelques temps le père Q.T ne semble plus sortir des sentiers battus comme s’il atteignait les limites de son style, semblant incapables de se renouveler. Ainsi Boulevard de la Mort n’apportait rien au genre grindhouse en vogue dans les 70’s et Inglorious Basterds, film de guerre qui ressemble à tout sauf un film de guerre avait déjà été fait.

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Alors quand Q.T décide de s’attaquer au western je suis partagé : si retrouvé sa patte me fait plaisir je n’oublie pas que le western, un des genres préférés de Tarantino, lui a déjà inspiré de nombreuses scènes dans ses précédents films et que nos amis transalpins ont quasiment fait tout ce qu’il était possible de faire pour sortir le genre des sentiers battus.

Q.T allait il donc tomber définitivement dans la redite ?

Et hélas c’est le cas puisque Q.T se contente de faire du Q.T. Avec Django Unchained on atteint ainsi peut être les limites d’un cinéaste qui a fait de l’hommage sa marque de fabrique. Ici, à aucun moment on se dit qu’il prend des risques en apportant un truc nouveau qui fait de son film le renouveau du western.

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Et cette désagréable impression va hélas hanter tout le film et ce dès le départ car dès l’intro Q.T utilise ses vieux tours de passe passe : utiliser le thème du film Django de 66 pour un western de 2012 ce n’est pas foutre un coup de pied au cul d’un genre moribond depuis quasiment 30 ans !

Oui, c’est certes sympa et ça joue sur la fibre nostalgique de ceux qui connaissent cet âge d’or du western spaghetti où toutes les folies étaient permises mais y a quoi de nouveau sous le soleil ?

Tout comme le caméo de Franco Nero (alis le seul et vrai Django, celui de Sergio Corbucci) qui vient nous débiter 2/3 insultes en rital. Ca fera sourire l’amateur et voilà quoi.

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Voilà quoi c’est un peu le sentiment à la vue de ce Django unchained. Voilà il y a tous les trucs et tics (diront ses détracteurs) de Tarantino avec tout ce que cela englobe de conversations assez longues aux dialogues alambiqués et parfois non sensiques, de musiques décalées pour le genre (rap et cie), de violence exacerbée, mais, étrangement cela fonctionne beaucoup moins qu’avant.

Lassitude de ma part ? Sans nulle doute, mais aussi parce que tous les tics de Q.T sont déjà présents dans le genre auquel il rend hommage annihilant ainsi tout sentiment de nouveauté et laissant en bouche un goût de déjà vu tant dans le western que chez Q.T.

Alors, oui Tarantino trouve par moments les répliques ou scènes qui font mouche (le passage avec le Klan est ainsi très drôle) et est sauvé par des acteurs inspirés (Christoph Waltz dont le jeu est un régal de plaisir) mais il serait temps qu’il quitte sa zone de confort car là ça commence doucement à fatiguer et à tirer sur la corde de voir un film qui ressemble plus à un enchaînement de scénettes (certes sympathiques) qu’à une véritable histoire.

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Alors, oui, par moment on se dit que ça y est Q.T prend enfin des risques et quitte sa fameuse de conforts au travers de quelques plans ou dialogues mais ces belles intentions restent lettres mortes.

Ainsi faire au prénom de Broomhilda et lier l’histoire de Django à celle de Siegfried est une bonne idée si tant est que cela dépassait la simple référence et qu’il y avait dans la construction du récit un parallèle avec cette légende.

Idem quand le personnage de Christoph Waltz prend conscience des traitements infligés aux esclaves c’est dommage que cela n’aille pas plus loin qu’à une scène et réplique drôle dans la foulée.

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Car là est peut être au final le problème de Tarantino de tout prendre à la blague, juste pour le fun. Alors oui pour un sujet comme l’esclavage ce décalage peut être salvateur (quoique Spike Lee ne pense pas la même chose vu comment il a hurlé sur le caractère honteux de cette image de l’esclavagisme et l’utilisation, à ses yeux, ad nauseam, du terme negro, avant de se faire remettre à sa place par Samuel L Jackson) mais un peu de fond, de sérieux ne nuirait pas pour poser une histoire qui se tiendrait de bout en bout et ne pas ainsi donner l’impression d’assister à une succession de scénettes.

Oui, faire des scénettes est la marque de fabrique de Q.T mais si cela marchait du feu de Dieu pour un récit déstructuré comme ses premiers films cela est moins le cas quand la narration se fait plus linéaire.

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Un sentiment mitigé donc à la sortie de ce Tarantino. Si ses pitreries, son goût pour les dialogues longs et non-sensiques ainsi que la violence exacerbée prêtent toujours à sourire tout comme les acteurs qui prennent manifestement du plaisir, on approche franchement du seuil de saturation car Q.T ne renouvelle pas sa recette.

Ca passe encore parce mais à un moment, comme pour Burton, ça va franchement casser.

Moyen, sans plus
Moyen, sans plus

« Django unchained » de Quentin Tarantino (2013). Avec : Jamie Foxx, Christoph Waltz, Leonardo Di Caprio, Samuel L Jackson, Don Johnson. Distribué par Sony Pictures. Durée : 02 H 44.

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12 commentaires

  1. C’est un peu sévère, mais pourquoi pas. Je trouve que Tarantino a fait un bon western, assez classique dans son déroulement, mais qui puise son originalité dans ce qui fait tout le sel des films du réalisateur : de bons dialogues, de bons acteurs, motivés par de bons personnages, de bonnes scènes d’action, une bonne dramaturgie… voilà, sans doute pas un chef-d’oeuvre, mais c’est quand même un très bon film…

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    • C’est pas si sévère que ça car j’ai eu limite envie de descendre la note à 3 car oui le film est sympa mais Q.T a déjà tellement emprunté au western et les italiens ayant déjà été tellement loin dans le délire que l’on n’est pas surpris comme il sait le faire habituellement.
      Tout le long du film j’ai eu une impression de déjà vu

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  2. J’en attends beaucoup de ce Tarantino….surtout que j’ai été un des rares cinéphiles à adorer Inglourious Bastards!! lol!

    Je peux comprendre ton point de vue sur l’impression de déjà vu mais dans ce cas on peut l’appliquer à énormément de réalisateurs et par exemple casser Jackson pour le Hobbit. Ceci dit je dis ça sans l’avoir vu alors finalement je ferais mieux de fermer ma gueule……mdr!!!

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    • Et oui j’applique ce sentiment de déjà vu au Hobbit pas parce que PJ reste dans la fantasy et dans l’univers de Tolkien mais parce qu’il tombe parfois dans la facilité en reprenant tel quel des séquences du Seigneur des Anneaux et que les hommages à ce dernier sont par moment bien trop appuyés.

      Sinon j’aime bien Inglorious Basterds sauf quand y a Mélanie Laurent qui te plombe le métrage. Mais Christoph Walts y est là aussi énorme

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      • Vu et….mitigé effectivement. Hormis un manque de spontanéité dans les dialogues, problème de Tarantino depuis Jackie Brown, il manque à chacune des scènes de ce film le caractère « inoubliable » qui a toujours fait le succès de ses films (même dans Inglorious y a des scènes géniales!!). Pas d’originalité, pas d’excitation.

        On peut quand même dire que Waltz est EXCELLENT et que Dicaprio se transcende au fil du temps et de sa carrière. Jamie Foxx est, quant à lui, presque insipide je trouve…dommageable pour celui qui incarne le héros…

        Django est un western semi-comique et rien de plus…

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  3. Je ne l’est pas encore vu ce Django mais depuis pas mal de temps je pense que Tarantino ronronnes gentillement,sa « trademark » semble s’étirer de films en films, la reconnaissance « mainstream » semble le conforter dans sa tour d’ivoire mais j’espère qui’il me surprendra très vite Mr Brown.

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    • Et là le ronronnement de Tarantino commence à être bien visible car là il touche à un genre où il a fait de nombreux emprunts. Heureusement son style toujours fun et quelques scènes bien senties évitent qu’on regarde le film d’un oeil morne.
      Mais il frole la zone de danger

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  4. J’ai eu cette même impression de successions de scénettes sans vraiment savoir ou on va…pourtant j’aime vraiment Tarantino, mais là ça a pas trop pris…

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    • C’est vrai que beaucoup de gens ont cette sensation que Tarantino ne savait pas trop quoi faire de son histoire. Du coup y aurait mieux valu qu’il fasse des sketches comme pour Pulp Fiction: plus fun et plus pêchu!!

      Disons qu’il s’est un peu loupé sur celui-là…de toute façon y en aura d’autres ne t’inquiète pas!! ^^

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