Vexille de Fumihiko Sori (2007) par Tootsif

Au XXIe siècle, développer les biotechnologies sans appliquer de norme de sécurité unifiée aboutit à prolonger la vie individuelle. Ayant constaté que le développement de hautes technologies provoque un risque grave, l’ONU établit un traité international afin de protéger la planète. Après la mise en place du traité, en 2067 le gouvernement japonais décide de se retirer de l’ONU, et de forcer la politique d’isolement…

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DÉSHUMANISATION

Aussi beau que profondément chiant.

Voilà comment caractériser Vexille, dernier né des grosses productions d’animation japonaise censé montrer que les petits bridés en ont dans le caleçon et qu’ils peuvent rivaliser avec leurs homologues US dans le secteur du film d’animation 3D.

Vexille se veut un melting pot de tout ce que la japanime a fait de meilleur en terme d’interrogations métaphysiques sur l’avenir de l’Homme, au rapport ambiguë qu’à le Japon au traumatisme post deuxième guerre mondiale (volonté de repli sur soi, désir de retrouver une aura internationale, une grandeur) tout comme la foi teintée de peur que l’avenir de ce pays passe par le développement technologique.

Ainsi il y a une volonté de s’inspirer de ses illustres prédécesseurs que sont Akira, Ghost In The Shell ou Appleseed à travers un scénario pseudo métaphysico-alambiqué ou une multinationale du Japon transforme la population de ce pays en androïdes qui à chaque instant peuvent perdre leurs derniers brides d’humanité.

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Le film se veut donc une réflexion sur ces peurs du Japon, sur ce qui caractérise l’humain mais ne réussit jamais à atteindre ses ambitions à cause de dialogues tournant à vide et du fait que sa technique d’une froideur incommensurable (j’y reviendrais) empêche de s’impliquer émotionnellement dans l’histoire.

Bref, Vexille se veut donc plus qu’un simple film d’animation d’action. Manque de pot, il ne dépasse même pas ce simple statut et encore, ce n’est même pas un bon film d’action malgré sa plastique des plus avantageuses.

Car s’il y a bien un point incontestable c’est la réussite technique qu’est Vexille. Le film en fout franchement plein les mirettes avec ses décors en 3D ultra stylisés remplis de mille et un effets de particules qui déchirent la rétine. Ouais jamais la poussière, les effets de fumée, les éclats de murs suite aux déluges de balles, les immenses vers composés de morceaux de métal, tout ces effets poutrent sa grand-mère et vous décrochent la mâchoire.

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A cette 3D des décors et effets visuels s’ajoute la réussite esthétique, quoique pouvant être dérangeante, des personnages modélisés en 3D cel-shadés (c’est à dire que l’on applique sur les modèles 3D une sorte d’effet cartoon qui donne un rendu crayonné aux personnages). Le soucis, c’est que cette technique, tout aussi classieuse qu’elle soit, manque clairement d’animations faciales, déshumanisant totalement les personnages.

Alors si ceci est encore compréhensible pour la population tokyoïte en voie de transformation en androïde, c’est beaucoup moins compréhensible pour le personnage de Vexille et surtout cela empêche toute empathie vis à vis des protagonistes.

Ainsi alors que le film veut nous faire nous interroger sur ce qu’est l’humain,sur l’avenir sombre qui nous attend avec notre course effrénée au progrès, on est en fait totalement déconnecté de ces préoccupations et de ce qui arrive aux divers protagonistes car aucune émotion ne transparaît des personnages et le film nous envoie donc aucune émotion.

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M’enfin bon je m’éloigne de ce dont je voulais vous parler. Oui, Vexille n’est même pas un mauvais film d’action.

Pourquoi ? Tout simplement car la réalisation se la pète franchement trop en multipliant les plans classieux et effets de la mort qui tue (même ces classieux effets de particules sont franchement surexploités) au détriment du rythme. Le film se révèle donc globalement mou malgré des moments qui se veulent de bravoure. Mais voilà entre des plans qui se la pètent, une musique qui se la pète c’est au final mon crane qui pète.

Mauvais film de réflexion, pas grand film d’action, Vexille se voit beaucoup trop grand pour ce qu’il est. A trop vouloir ressembler à ses illustres prédécesseurs tels Akira ou Ghost In The Shell, classieuses alliances d’un fond profond et d’une forme qui dépote, il s’est perdu en chemin et est bien loin de les égaler.

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« Vexille » de Fumihiko Sori (2007). Distribué par : M6 Vidéo. Durée : 01 H 49.

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