Lincoln (2013) de Steven Spielberg par Flow

Les derniers mois tumultueux du mandat du 16e Président des États-Unis. Dans une nation déchirée par la guerre civile et secouée par le vent du changement, Abraham Lincoln met tout en œuvre pour résoudre le conflit, unifier le pays et abolir l’esclavage. Cet homme doté d’une détermination et d’un courage moral exceptionnels va devoir faire des choix qui bouleverseront le destin des générations à venir.

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Histoire et ennui.

Après un Cheval de guerre boiteux, Steven Spielberg était attendu au tournant, d’autant que le sujet choisi avait de quoi intéresser. Le vote du 13ème amendement, voulu par le président Abraham Lincoln et abolissant l’esclavage.

Je ne saurais être catégorique avec ce film pour la simple et bonne raison que je ne sais pas vraiment comment l’aborder. On sent les efforts de tout le monde (du réalisateur, aux acteurs) pour offrir un grand spectacle à la hauteur de l’évènement qu’il compte. Car, putain, c’est l’Histoire des États-Unis avec un grand H qui se déroule sous nos yeux somnolents. Mais tout le cœur du problème est là, on ne ressent jamais cette force en mouvement, capable de tout changer, de transcender les destins et qui ne se met en branle qu’aux moments clefs de l’Histoire. Car c’est bien un des moments clefs de l’Histoire qui nous est raconté. Mais Spielberg semble l’avoir oublié, ou plutôt ne semble pas avoir trouvé la bonne approche pour s’en dépatouiller.

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Je ne serais pas catégorique car le problème vient également de mes préjugés. J’ai une aversion polie pour tout ce qui porte le nom de biopic. Ce genre trop propre, trop carré qui pousse les réalisateurs à l’académisme et les acteurs à l’interprétation à oscars sans âme. Et Lincolnen est encore la parfaite illustration. Je m’ennuie devant ce genre de film. Alors quand, en plus, il dure 2h30 et qu’il est porté par un Daniel Day-Lewis atone, voire antipathique, la coupe est pleine.

Rien de neuf n’est ajouté au genre, on assiste à la vie du type dont il est question, on sent un petit quelque chose qui nous dit qu’il est spécial mais sans trop y insister dessus. Il est question de sa vie publique mais surtout privée (ici, comble du cliché il s’engueule avec sa femme, son fils et il dort sur le sol) qui est censée expliquer son comportement, etc… La formule est immuable et ronronne.

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Spielberg n’a pas échappé à la règle. De plus, il faut noter une tare supplémentaire, celle-ci propre au réalisateur: sa naïveté. Quand il exerce ses talents dans le fantastique, cette dernière est la force principale du papa de E.T. Mais quand il essaie d’atteindre une crédibilité historique et politique, elle fait tâche. Il nous présente ainsi les gentils nordistes anti-esclavage opposés aux méchants sudistes voulant asservir tout ce qui bouge. J’ose penser que la guerre de Sécession était un peu plus complexe que ça…

Mais d’un autre côté, il s’est appliqué pour ne pas faire une hagiographie trop simpliste du 16ème président des États-Unis. Le personnage évolue dans des nuances de gris. Sa fin (abolir l’esclavage) est noble mais les moyens qu’il met en œuvre pour y parvenir sont loin de l’être (corruption, négation de la possibilité de paix, etc…). Argh… Je m’arrête là car je ne sais qu’en penser.

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Bref, on s’ennuie ferme. Vous trouverez peut-être ma critique pétrie de parti-pris mais ça n’excuse pas Spielberg de présenter un moment clef de l’Histoire de son pays d’un point de vue binaire assez dérangeant. Mais bon, c’est toujours mieux que de voir Lincoln chasser les vampires…

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Lincoln (U.S.A) de Steven Spielberg. Avec Daniel Day-Lewis, Sally Field, David Strathairn. Durée: 2h29.

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