Killer Joe de William Friedkin (2012) par Bruce Kraft

Chris, 22 ans, minable dealer de son état, doit trouver 6 000 dollars ou on ne donnera pas cher de sa peau. Une lueur d’espoir germe dans son esprit lorsque se présente à lui une arnaque à l’assurance vie. Celle que sa crapule de mère a contractée pour 50 000 dollars. Mais qui va se charger du sale boulot ?

Killer Joe est appelé à la rescousse. Flic le jour, tueur à gages la nuit, il pourrait être la solution au problème. Seul hic : il se fait payer d’avance, ce qui n’est clairement pas une option pour Chris qui n’a pas un sou en poche. Chris tente de négocier mais Killer Joe refuse d’aller plus loin. Il a des principes…jusqu’à ce qu’il rencontre Dottie, la charmante sœur de Chris.

Alors Killer Joe veut bien qu’on le paye sur le fric de l’assurance si on le laisse jouer avec Dottie.

Killer-Joe-affiche

William Friedkin n’est pas n’importe qui, William Friedkin est une des dernières grandes légendes du cinéma des années 70. Il fait partie de cette génération de réalisateurs, Peckinpah et Boorman en tête, pour qui la violence graphique et morale ne se fait jamais gratuitement.

Du coup vous ne serez pas surpris si je vous dis qu’avec ce Killer Joe Friedkin envoie une nouvelle claque dans la gueule des moralisateurs de tout genre et autres biens-pensants.

William-Friedkin-Killer-Joe

L’histoire de Friedkin c’est l’Amérique, profonde et populaire, avec ses clichés et ses vérités, avec ses rednecks et ses salopards. Friedkin est en colère et ça se sent.

Pour le coup, et au regard du résultat final, inutile de vous dire qu’on ne lui en veut pas du tout lorsque l’on suit les déboires de Chris, et de sa famille de loosers face à Killer Joe: une famille calquée sur celle de la célèbre série Mariés, deux enfants: le père abruti, la mère vénale, le garçon stupide mais convaincu d’être intelligent et la blonde (majeure?) naïve et simplette.

Joe, c’est le flic américain dans ce tout qu’il y a de pire: une moralité toute personnelle basée sur la violence, l’appât du gain et du sexe. Matthew McConaughey trouve en ce personnage, complètement allumé et pervers, son meilleur rôle en détruisant à coups de reins, au sens propre comme figuré, son image de tombeur et poseur pour grande marque de parfum.

Alors Friedkin déroule tout le long de son film un tapis rouge parsemé de rebondissements qui va emmener tout ce « beau » monde dans un final se foutant ouvertement des sitcoms U.S et autres soap (comme l’avait fait Oliver Stone dans son Natural Born Killers lorsque Mickey « enlève » Mallory à sa famille) avec comme toile de fond la cuisine du mobile-home familial. Il ne manque plus que les rires du public.

Une fin ahurissante, et malheureusement frustrante quelque part, vomissant une violence verbale, physique et sexuée rarement vue au cinéma depuis des années. McConaughey se transcende et offre le visage de la folie pure à un spectateur qui n’en demandait pas tant. Si il fallait choisir un adjectif pour définir Killer Joe? Démentiel.

Excellent, encore!!

Killer Joe (U.S.A) de William Friedkin (2012). Avec Matthew McConaughey, Emile Hirsch, Juno Temple. Durée: 1h42.

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2 commentaires

  1. Bonsoir Bruce, personnellement, ce film fut une épreuve au même titre que Paperboy, c’est crade, c’est glauque. Les femmes sont plus que maltraitées. J’ai été mal à l’aise pendant tout le film. Je fais un rejet, désolé. Bonne fin d’après-midi.

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