Shaolin Basket de Ching Siu-Tung (2008) par Tootsif


Shi-Jie, un jeune orphelin, a grandi dans une petite école où quatre maîtres lui ont transmis les secrets du kung-fu. Lorsque Chen-Li s’aperçoit par hasard que sa maîtrise des arts martiaux fait aussi du jeune homme un fabuleux joueur de basket, il l’invite à venir jouer pour l’équipe de l’université. Au cours de ses premiers entraînements, Shi-Jie découvre que la jeune fille qui le fascine depuis si longtemps n’est autre que la soeur de Ting-Wei, le capitaine de l’équipe. Pour attirer son attention, Shi-Jie va enseigner le kung-fu à ses camarades afin d’améliorer leur jeu et peut-être, de remporter la compétition qui les opposera bientôt aux joueurs les plus redoutables qui soient…

AIR BALL

Stephen Chow nous avait filé la patate avec son Shaolin Soccer, mix improbable mais terriblement fun entre kung-fu et football qui renvoyait Olive et Tom et la catapulte infernale des frères Derrick au rang de jongleurs du dimanche, et il était donc normal que les boîtes de production surfent sur la vague en adoptant tous les sports à la sauce kung-fu.

Et donc, après le foutcheball c’est au tour du basket de s’y coller avec un distributeur occidental bien malin puisqu’il va transformer le titre initial de Kung-fu Dunk (qui devait ptet pas être assez clair pour les béotiens) en Shaolin Basket pour nous faire croire que c’était la suite spirituelle de Shaolin Soccer, voire nous laisser imaginer que le génial Stephen Chow était aux commandes (ce qu’on essaie de nous faire croire en le créditant comme co-réalisateur et producteur).

Et le distributeur a bien raison d’essayer de nous avoir de cette manière car Shaolin basket s’il s’inspire grandement de son illustre prédécesseur il est bien loin d’en avoir le fun et la folie.

Ce qui faisait plaisir dans Shaolin Soccer c’était ce côté exotique puisque le film gardait tous les codes de la comédie kung-fu traditionnelle, il se dégageait donc une sincérité, une bonne humeur communicative qui était pour beaucoup dans le plaisir ressenti (avec l’inventivité folle dont faisait preuve Stephen Chow tant dans les scènes d’action que de comédie).

Shaolin Basket zappe tout ça  pour être un mélange indigeste et sans âme surfant sur toutes les (mauvaises) vagues actuelles oubliant ainsi ce qui faisait la substantifique moelle de son illustre « aîné ».

D’abord l’une des forces de Shaolin Soccer c’était de retrouver derrière son action délirante une vraie base kung-fu traditionnelle lui donnant ainsi des chorégraphies inspirées qui réjouissaient autant l’amateur de film H-K à l’ancienne que celui qui n’y connaît rien et qui voulait juste des scènes qui claquent.

Le problème avec Shaolin Basket c’est qu’aucun des acteurs n’est à la base un artiste martial, ce qui empêche toute chorégraphie fluide où on peut apprécier l’aisance des divers protagonistes. Les scènes d’action sont donc ultra cutées pour que l’on ne voit pas la « nullitude «  de Jay Chou. On se tape donc 10 minutes de pseudo baston dans une boite de nuit où ‘lon enchaîne les gros plans sur un coup de pied qui envoie voler un méchant.

Bref ça manque totalement de fluidité et de punch.

L’autre grosse déception avec le kung fu c’est que, dans un film qui s’intitule Shaolin Basket, on s’attend à ce qu’il serve pendant les matches de basket comme ce fut le cas dans Shaolin Soccer (ben ouais le film a voulu copié le nom pour surfer sur son succès donc va falloir assumer la comparaison jusqu’au bout). Et, c’est tout sauf le cas.

Et oui, le héros ne se sert jamais de son entraînement Shaolin en match et ce n’est pas l’intervention, totalement merdique, de ses maîtres pendant un match qui sauvent l’impression de se faire arnaquer.

Et cette non utilisation du kung-fu est putainement dommageable car de une il y avait des idées à exploiter avec ce capitaine alcoolo que l’on aurait bien vu jouer en servant de la technique de l’homme saoul et surtout car le basket, dans la vraie vie, c’est déjà incroyablement acrobatique avec ses dunks, alley-hoop, passes en aveugle et autres cross over. Donc au final un match de basket dans Shaolin Basket a très peu de différences avec une démonstration des Harlem Globe Trotters, la célèbre bande d’acrobates basketteurs.

Bref la comparaison avec Shaolin Soccer lui fait grandement mal à la gueule mais, attention, Shaolin Basket à un argument de poids en sa faveur !

Ses interprètes ? Sûrement pas. Truffé de jeunes premiers dont la seule qualité est leur belle gueule digne des boys band asiats, le niveau de jeu est digne d’un épisode d’Hélène et les garçons. Et même les vieux de la vieille comme Eric Tsang n’apportent rien puisque ces derniers sont sûrement venus pour le chèque proposé.

La Musique ? Non plus. Car ce mélange entre pop asiat et rap pour gamine est un véritable calvaire pour les oreilles.

Mais pour quoi alors me direz vous ?

Ben pour son scénar. Car si celui de Shaolin Soccer était juste un prétexte à un gros délire (le personnage de Stephen Chow veut populariser le kung-fu auprès du plus grand nombre) celui de Shaolin Basket fait preuve d’une belle ambition : entre recherche de ses origines, blessures profondes, luttes contre le système capitaliste et la recherche du profit, valeur de l’amitié, romance le scénario se veut profond et riche.

Juste une question cher lecteur : vous me croyez pas j’espère ? Non parce que je déconne hein ; Le scénario de Shaolin Basket est juste une vaste blague qui veut mettre du fond là où il n’y en a n’a pas et là où il n’y en a surtout pas besoin.

Le film invente des fêlures aux personnages purement risible et inutile (entre le capitaine devenu alcoolo après avoir raté un shoot et le beau-gosse dont la petite amie est décédée on ne sait comment, et on s’en fout), une trame de fond (la recherche de ses parents) totalement inexploitée et tout le reste est du même acabit.

Bref si vous aimez le basket continuer à regarder vos matches nba ou lisez l’excellent manga Slam Dunk et si vous voulez un film complètement fou sur le sport regardez Shaolin Soccer mais dans tous les cas évitez Shaolin Basket.

Quelle bouse!!

« Saolin Basket » de Ching Siu-Tung (2008). Avec : Jay Chou, Eric Tsang, Charlene Choi, Chen Baron. Distribué par Metropolitan filmExport. Durée : 01 H 40.

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