Baby Cart, le sabre de la vengeance de Kenji Misumi (1972) par Marc Shift

Ogami Itto est le bourreau officiel du Shogun, une place très convoitée par le clan Yagyu qui lui tendra un piège imparable…

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Sabreur ni manchot, ni aveugle

A la base cette chronique avait un ton assez chiant, car je faisais une dissertation passionnante sur les liens chambara / western / wu xia pian. Passionnant, passionnant c’est vite dit, j’avais la méchante impression que ça n’aurait intéressé que moi. Ce qui est dommage, car Baby cart c’est pas vraiment le prototype du film chiant.

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Il est très ancré dans son genre et dans son époque (encore que…) mais on ne peut pas dire qu’il soit chiant. Ce qui est quand même la moindre des choses quand on regarde un film de série « B ». Car même si Baby cart est produit par un grand studio (la Toho) ce dernier ne s’est pas immiscé outre mesure dans sa conception. Et c’est tant mieux, car ça se voit à l’écran.

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Baby cart est très ancré dans son genre, le chambara, aux codes précis dans la caractérisation des personnages (samouraï, ronin, personnage récurent d’une prostitué, etc….), le respect du bushido (code de l’honneur), une temporalité déterminée (la fin du Japon « moderne » et début de l’empire), et très souvent une violence exacerbée. Et surtout, surtout, l’absence totale de l’utilisation des câbles. Oui c’est jolie une chorégraphie câblée, il y a de très beaux (et bons) wu xia pian mais je préfère nettement la violence sèche des films japonais à la poésie (même si certains sont assez violents) des films chinois.

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Et ce n’est pas Baby cart qui va révolutionner le genre, ni même casser les codes. Mais ce n’est pas pour ça qu’il ne va rien apporter. Il fait même office de précurseur, car il est directement adapté d’un manga assez populaire qui a eu une influence notable par son ambiance et son découpage. Au niveau du film on ressent vraiment cette influence aussi au niveau du cadrage, ainsi qu’au niveau de l’utilisation des couleurs et des éclairages.

Pour l’histoire on fait assez simple, Ogami Itto est le bourreau officiel du shogun. Un clan adverse œuvre dans l’ombre pour prendre sa place, et une nuit envoie des assassins dans sa demeure. La femme du bourreau est tuée, des preuves de trahison sont cachées. Ogami Itto se retrouve seul avec son fils et il est accusé de félonie. Le clan adverse ne lui laisse qu’une porte de sortie digne : le suicide. Ogami Itto s’en sortira par la disgrâce et survivra en vendant son « art ».

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De fait le film propose une histoire double, on voit le bourreau tomber dans le piège tendu puis partir dans une vendetta sanglante, et on le voit après ces événements sur la route avec son fils de trois ans Daigoro dans le rôle d’un tueur à gage. En fait le film mène ces deux histoires en parallèle, le piège et la vendetta sont montrés sous forme de flashback, elles se partagent même assez équitablement le temps à l’écran. Il en ressort quand même un morcellement des enjeux, et le spectateur se doit d’être un minimum attentif pour suivre cette histoire assez peu bavarde.

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Là où le film se révèle être précurseur est le lien qui l’unit à son média de base, à savoir le manga (en noir et blanc), car le réalisateur utilise l’opposition entre scène statique aux couleurs ternes (mais jouant avec de forts contrastes au niveau de l’éclairage) et scènes d’actions généreuses en hémoglobine (et membres tranchés) faisant violemment ressortir les multiples effets de saignement des combattants (geysers en tout genre…).

Si le découpage du film (la narration morcelée) et les geysers de sangs vous feront penser à un réalisateur, dont les films partagent la rédaction, ce ne sera pas par hasard….

moyen mais sympa
moyen mais sympa

Baby cart, le sabre de la vengeance de Kenji Misumi (1972, Japon) adapté de l’oeuvre de Kazuo Koike (Lone wolf and cub) dessiné par Goseki Kojima avec Tomisaburo Wakayama, Akihiro Tomikawa, Reiko Kasahara….durée 1h23.

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