The place beyond the pines (2013) de Derek Cianfrance par Flow

Cascadeur à moto, Luke est réputé pour son spectaculaire numéro du «globe de la mort». Quand son spectacle itinérant revient à Schenectady, dans l’État de New York, il découvre que Romina, avec qui il avait eu une aventure, vient de donner naissance à son fils… Pour subvenir aux besoins de ceux qui sont désormais sa famille, Luke quitte le spectacle et commet une série de braquages. Chaque fois, ses talents de pilote hors pair lui permettent de s’échapper. Mais Luke va bientôt croiser la route d’un policier ambitieux, Avery Cross, décidé à s’élever rapidement dans sa hiérarchie gangrenée par la corruption. Quinze ans plus tard, le fils de Luke et celui d’Avery se retrouvent face à face, hantés par un passé mystérieux dont ils sont loin de tout savoir…

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Tu seras comme ton père, mon fils.

Je plaçais The place beyond the pines en deuxième de mon top des films les plus attendus de 2013. Autant dire que je l’appréhendais depuis longtemps. Et ce pour deux raisons. Ryan Gosling et Blue Valentine. Ce dernier, qui marquait la première collaboration entre mon acteur préféré et le réalisateur Derek Cianfrance, était tout simplement bouleversant. Mes exigences étaient donc très élevées pour celui-ci. Peut-être un peu trop.

Pouah ! Voilà la seule chose que je voulais être capable de dire lorsque débuterait les premières notes du générique de fin. Je voulais que ce film soit un de ceux qui coupent le souffle, desquels on sort de la salle en se disant qu’on a vu un truc génial, puissant et magnifique. Et le seul qualificatif dont on veut bien les affubler dans un premier temps est Pouah !

Mais il faut se rendre à l’évidence, The place beyond the pinesn’est pas de ceux-là. La déception fut grande dans un premier temps. Mais avec le recul, il avance tout de même quelques arguments de poids.

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Son casting, tout d’abord, simplement épatant et cohérent. La première partie du film est dominée par la prestation d’un Ryan Gosling toujours aussi éblouissant dans le rôle du type qui porte le poids du monde sur ses épaules et plie sous cette contrainte. Sans oublier une Eva Mendes à son meilleur en femme paumée. Bradley Cooper se défend pour la suite mais il faut avouer que sa prestation (et son segment) souffre de la comparaison avec son prédécesseur. Enfin, l’étonnant Dane DeHaan de Chronicle prouve qu’il est bourré de talent dans la dernière partie. Le principe même du film -la division en trois morceaux portés par des acteurs différents- n’aurait pas tenu la route sans un casting au diapason. De ce point de vue là, le film est une réussite. Mis à part la difficile transition entre le premier et le second segment, on accepte volontiers cette manière atypique de raconter l’histoire d’un événement qui a bouleversé la vie de ses protagonistes sur plus d’une quinzaine d’années.

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Mais ce qui m’a le plus convaincu de l’immense talent de Derek Cianfrance, c’est sa capacité à aborder la souffrance de ses personnages avec retenue et subtilité. Pas de grandiloquence ici, le réalisateur conte la vie et ses douleurs sourdes, qu’on évoque qu’à demi-mot au détour d’une conversation. Les personnages n’en font pas des caisses et c’est au spectateur de faire un effort d’attention pour comprendre leurs sentiments profonds.

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Car The Place beyond the pines n’est rien d’autre que l’étude chirurgicale des répercussions d’un événement tragique sur les personnages qui le subissent sur un temps long. A la manière d’une tragédie antique. Comme Blue Valentine était l’autopsie d’une histoire d’amour. Et sur ce point, le film est une sacrée réussite. L’étude est passionnante car souterraine. C’est observer un homme brisé après en avoir tué un autre, c’est plaindre une femme rongée par la culpabilité, c’est soutenir deux fils qui ont grandi sans père, c’est estimer un beau-père qui tente maladroitement de faire valoir son courage. Pour tout cela, The place beyond the pines est estimable.

Mais il est handicapé par des défauts gênants. Il est trop long. 2H20 (le premier montage faisait apparemment 3h30 ?!) c’est bien trop. L’impact du film est diminué et on perd un peu le fil (surtout dans la deuxième partie axée sur la corruption policière).

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Il faut également dénoncer une certaine paresse du scénario, à la limite de la complaisance. Le criminel au grand cœur happé par un monde trop rude, le policier idéaliste qui fait face à la cruauté du milieu, etc… Tous ces éléments font perdre au film de la puissance. Tout comme l’artificialité de la troisième partie qui repose sur une rencontre hautement improbable et sur un parallèle un peu trop appuyé entre le destin du père et de son fils (ayant tous deux grandis sans père). Dommage.

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The Place beyond the pines n’est pas la claque que j’attendais. S’il est imparfait, il met en avant les qualités d’un réalisateur impliqué et talentueux. Porté par un casting solide, il mérite amplement l’attention pour sa capacité à immerger profondément le spectateur dans une histoire pourtant très classique. Vivement conseillé.

 Un bon film

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