Mensonges d’Etat de Ridley Scott (2008) par Tootsif

Ed Hoffman, chef de la division Moyen Orient de la CIA et Roger Ferris, un ancien journaliste devenu agent, traquent l’un des leaders d’Al Qaida, Al-Saleem. Alors que ce dernier est en Jordanie en pleine préparation d’attentats contre les États-Unis dicte ses ordres depuis sa villa de banlieue américaine.

Pour débusquer le chef terroriste ils décident de faire croire à l’expansion de leur propre organisation djihadiste l’espoir d’un contact téléphonique, dans un monde où les terroristes ont appris à se passer des moyens de communications modernes. Pour arriver à ses fins, Ferris devra s’associer au chef de services secrets jordaniens, et composer avec les directives plus ou moins claires données par son supérieur Ed Hoffman

 afficee mensonges d'état

MANICHEISME ECOEURANT

Si Ridley Scott a déjà touché au film de guerre avec le plus que sympathique La Chute du Faucon Noir et le franchement moins sympathique A Armes Égales, c’est encore d’une autre manière qu’il s’attaque à ce sujet, confirmant ainsi éclectisme (je sais vous en avez fait petit) de sa prolifique carrière.

En effet, c’est cette fois sous l’angle du techno-thriller car, le 11 septembre (et ouais encore lui, ce putain de responsable de tous les films de guerre les plus chiants de l’histoire) l’a montré, la guerre (outre le fait que ça soit moche et que la paix c’est mieux) a changé de visage.

Fini les armées qui se font face avant de s’exploser la gueule à coup de chars, avions et autres conneries, elle est maintenant souterraine. Plus d’invasions, de conflits contre un ennemi clairement désigné, connu;l’ennemi est invisible, partout et nulle part à la fois, chez soi comme à l’étranger.

Et, face à cet ennemi invisible la clef du succès c’est donc l’information, l’anticipation et ça c’est le boulot des agences de renseignements.

mensonges d'état - 1 - leonardo dicaprio - russell crowe

Et Ridley Scott va nous plonger dans ce milieu là entre agents de terrains et analystes, entre terrain et bureaux, entre Amérique et Moyen Orient, entre information et désinformation, entre action et tension.

Pour le meilleur ?

Pas sûr. Car même si je suis un fan inconditionnel de Ridley Scott (dont je classe facilement 4 films dans mon top 10 de tous les temps) il faut dire que depuis son retour triomphal avec Gladiator le monsieur est un peu sur courant alternatif puisque à un bon film succède un moisi (vous pouvez regarder sa filmo et vous verrez que je ne mens pas, croix de bois, crois de fer. Pour preuve à Gladiator a succédé le misérable Hannibal, à mon chouchou, en version longue, Kingdom Of Heaven il y a le « fantastique » Une Grande Année) alors comme le précédent était le plus que correct American Gangster, on peut douter de la qualité de ce Mensonges d’Etat.

mensonges d'état - 2 - leonardo dicaprio - russell crowe

Alors, ok, c’est pas une daube infâme comme Une Grande Année mais effectivement pour moi le film perpétue le rythme sur courant alternatif de Ridley à cause de son message assez simpliste voire nauséabond au final.

Car si la forme est là avec toujours la classe visuelle des plans de Ridley Scott (et des chouettes vues aériennes qui donnent bien cette impression d’être toujours surveillé) le fond est lui beaucoup plus sujet à polémique.

Ben ouais le film nous livre une écriture ultra caricaturale des personnages et surtout ultra manichéenne.

L’homme de terrain est ainsi derrière ses airs de baroudeur dur à cuir un gentil boy scout tandis que les analystes, déconnectés du terrain à l’abri derrière leurs douillets bureaux dans un pays « civilisé » ne sont que des machines à calculer entre bénéfices et pertes de chaque action.

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Ainsi les conversations entre le personnage de Dicaprio et Russel Crowe sont assez énervantes sur ce plan là pour montrer que les 2 hommes ne font pas face au même monde : ainsi tandis que Dicaprio se bastonne dans le désert, Crowe voit sa gamine jouer au foot. Donc oui, les bureaucrates sont des grandes gueules qui croient tout savoir et sont déconnectés des réalités, de ce que sont les vrais gens ! Quelle subtilité dans le message et dans son traitement.

Autre caractérisation stéréotypée : l’écart technologique entre les gentils américains et les méchants terroristes. En effet, pour contrer la surpuissance de ces derniers, de leurs satellites espions, ingénieurs informatiques et autres, ces derniers communiquent sur des bouts de papier pour rester invisibles. Si l’idée est sympa sur le papier, la mise en scène est bien cliché et surtout un peu fausse quand on sait que Internet et les réseaux sociaux sont très utilisés par les réseaux terroristes.

mensonges d'état - 3 - russell crowe

Et ça encore, ce n’est que le côté sympathique de cette caractérisation douteuse car pour le reste ça l’est franchement moins avec une opposition orient/occident assez nauséabonde. Alors certes, le film ne met pas tout le monde dans le même panier (encore heureux) mais bon les terroristes sont forcément les pires des raclures dont la seule motivation est la souffrance de ces chiens d’occidentaux. Ok, ça c’est profond et vraiment objectif. Quid de ce qui a poussé les individus à prendre cette voie là, de leurs parcours ? Rien ils sont là juste pour faire le mal.

Ajoutez à cela un final qui se la pète avec son faux twist ultra prévisible et sa morale à 2 balles dégoulinant de bons sentiments avec le repentir de notre espion qui en a ras le cul d’être la marionnette de bureaucrates planqués et de manipuler des pauvres bougres et qui a trouvé l’amour au sein d’une femme médecin (c’est pour montrer que non le film n’a pas qu’une vision négative et arriérée du monde musulman) qui bosse dans l’humanitaire.

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C’est y pas choupi ! Manquerait plus qu’ils adoptent 2/3 orphelins de guerre dont un unijambiste car il a sauté sur une mine et on vomirait de la guimauve. !

Donc oui un film de Ridley Scott ne m’a pas emballé ! Si la classe des plans de Sieur Ridley est toujours présente et nous livre de chouettes plans et des scènes d’action bien mises en scène, le reste est au ras des pâquerettes avec un max de stéréotypes assez puants.

flam3

« Mensonges d’Etat » de Ridley Scott (2008). Avec : Leonardo Dicaprio, Russell Crowe, Mark Strong. Distribué par Warner Bros. Durée : 02 H 08.

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